Camavinga, João Pedro, Foden... À quelques jours du coup d'envoi, les grandes nations ont tranché. Et leurs choix laissent des stars sur le banc de touche.
Les listes sont tombées. Définitives, irréversibles, cruelles parfois. Voilà ce qui se dessine à l'approche de la Coupe du Monde 2026 : des noms prestigieux restent à quai tandis que d'autres, moins attendus, montent à bord. C'est le jeu du football international, ce moment où les entraîneurs jouent aux apprentis sorciers et où les carrières se décident en quarante-huit heures.
Eduardo Camavinga incarne cette frustration française. Le milieu du Real Madrid, internationalement reconnu, techniquement irréprochable, se retrouve exclu des plans de la sélection tricolore. Pas un scandale, vraiment ? Si. Car avec 35 sélections à son actif et une progression constante depuis ses débuts, le joueur formé à Rennes représentait une pièce maîtresse du puzzle français. L'équipe nationale aurait pourtant besoin de sa dynamique, de cette capacité à créer du jeu dans l'entre-jeu. Mais voilà, d'autres ont fait leurs preuves dans le système retenu, d'autres se sont imposés par la constance. Camavinga paie peut-être le prix d'une concurrence interne féroce, ou simplement d'une vision tactique différente de son sélectionneur.
Ce qui trouble, c'est le timing. À 21 ans à peine lors de son émergence internationale, il aurait dû être au cœur de la succession, ce relais vers l'après-Mbappé et Benzema. Au lieu de cela, il regarde la Coupe du Monde depuis son canapé, ce qui ne lui ressemble pas. Le Real Madrid, lui, continue de lui faire confiance. La sélection française non. C'est un écart qui pose question sur la philosophie des sélectionneurs actuels.
Que représente l'absence de João Pedro dans le contexte brésilien ?
Au Brésil, c'est une autre blessure symbolique : celle de João Pedro. Huit buts en Ligue 1 cette saison, une efficacité clinique que les plus grands défenseurs peinent à contenir. Watford, après un long périple loin des projecteurs, regagne enfin l'attention générale avec ce joueur qui accélère chaque possession. Sauf que le sélectionneur brésilien n'a pas cédé aux sirènes de la performance domestique française. Le Brésil croule sous les talents offensifs, c'est vrai. Mais ignorer un buteur en forme, c'est aussi ignorer une garantie de maturité. João Pedro aurait pu apporter cette fraîcheur, cette alternative aux schémas établis.
La Seleção affiche une confiance de géant qui n'a pas toujours besoin de son meilleur effectif. Elle joue sur l'expérience, sur les certitudes. Vingt-huit millions de supporters brésiliens croisent les doigts en espérant que cette approche ne coûte pas trop cher à un moment critique du tournoi.
Comment expliquer la non-sélection de Foden et des autres surprises anglaises ?
Puis vient Phil Foden. L'Anglais de Manchester City, celui qui fait danser les latéraux depuis trois ans, aurait mérité le feu vert pour la Coupe du Monde 2026. Sa performance en Ligue des champions, ses statistiques de créations (plus de dix assists cette saison), tout crie son excellence. Et pourtant, Gareth Southgate ou son successeur ont tranché autrement. L'Angleterre, championne d'Europe en 2020, se reconstruisant péniblement autour d'une base vieillissante, prend le risque de laisser partir un créatif de son calibre.
Ce pattern se répète dans les autres sélections. Les entraîneurs privilégient l'expérience accumulée au cours des qualifications aux performances festives mais isolées. Ils tracent leurs chemins, parfois avec logique, parfois avec une forme de conservatisme teinté de crainte. Quarante-huit équipes réduites à trente joueurs chacune, cela signifie mathématiquement des milliers de "non" pour chaque "oui". Quelques centaines de footballeurs mondialement reconnus resteront dehors.
L'histoire retiendra si ces exclusions étaient lucides ou malheureuses. Un João Pedro qui explose au Mondial avec le Brésil, un Camavinga qui brille par son absence dans le milieu français, un Foden qui aurait changé la donne en finale : voilà les scénarios qui font suer les sélectionneurs la nuit. Pour l'instant, les dés sont jetés. À deux jours du coup d'envoi, ces absences pèsent déjà dans l'équilibre des forces. Les amateurs de football mondial attendront de voir si ces choix auront la saveur de la sagesse ou le goût amer des regrets.