Kylian Mbappé profite d'une catastrophe défensive de l'Irak pour s'offrir un nouveau doublé. La France dézingue ses adversaires sur les erreurs.
Le gardien irakien aurait mieux fait de rester au vestiaire. Pendant quelques secondes samedi soir, ses deux mains ont coûté cher à son équipe : au moment où la France pensait avoir fait le plus dur, voilà que la relance part en fumée. Kylian Mbappé n'attendait que ça. L'attaquant parisien a punché le ballon qui traînait et s'est offert son second but de la soirée sans trembler. C'est ça qui s'appelle transformer les cadeaux en or massif.
Quand le gardien offre des cadeaux à domicile
L'Irak savait à quoi s'attendre face aux hommes de Didier Deschamps. Mais il y a une différence entre savoir et faire. Dans le football moderne, les gardiens ne sont plus juste des murs. Ils doivent jouer au pied, initier le jeu, être un vrai défenseur de zone. Le portier irakien a complètement foiré son rôle de libéro improvisé en tentant une relance hasardeuse au moment où Mbappé attendait le moment de frapper.
Cette bourde révèle quelque chose d'élémentaire : la France ne force pas toujours la porte. Elle attend. Elle récupère les miettes. Et Mbappé, lui, il les transforme en rondelles. Le joueur du Real Madrid totalise 41 buts en 73 sélections, un ratio qui parle pour lui. Samedi, il n'a eu besoin que de deux opportunités pour en mettre deux au fond. Pas de génie débordant, pas de contrôle technique transcendantal. Juste de l'efficacité brute, celle qui compte à la fin.
Didier Deschamps avait prévenu avant la rencontre : la France viserait les trois points sans forcer. L'Irak n'était pas un adversaire de même calibre, et c'est la raison pour laquelle cette sélection pèse ses efforts. Mais quand l'adversaire te rend un service pareil, il faut le saisir. Mbappé l'a fait comme un prédateur qui n'a pas besoin de courir longtemps pour attraper sa proie.
La succession de mouvements qui a mené au deuxième but raconte l'histoire d'une équipe de France extrêmement mature dans sa gestion. Il n'y a pas eu de précipitation. Les Bleus ont attendu que l'Irak se tire une balle dans le pied. Même les attaques de presion avaient du sens. Aucun débordement inutile, aucune prise de risque non maîtrisée. C'est la marque d'une équipe qui connaît sa force et qui n'a rien à prouver.
Le score gonfle, la machine France tourne à régime
Après cette double réussite de Mbappé en première mi-temps, le scénario s'est dessiné clairement. La France avait cassé le match. Plus question pour l'Irak de revenir ou même de créer du danger. Les Bleus pouvaient gérer tranquillement, laisser respirer les cadres, penser déjà à la suite. Scorer deux fois en vingt minutes, c'est se donner une marge de confort énorme face à une formation qui ne dispose pas des ressources offensives pour y répondre.
Cette rencontre rentre parfaitement dans le schéma des éliminatoires de Coupe du monde. Jouer contre un outsider, prendre les trois points sans dépenser d'énergie inutile, rentrer au vestiaire avec quatre ou cinq buts au tableau. C'est la recette gagnante. La France a su la respecter. Pendant ce temps, les autres sélections du groupe s'entredéchirent ou galèrent contre des adversaires qui leur posent plus de questions.
L'efficacité de Mbappé personnellement pose une autre question : celle de son niveau général. Le Français a passé l'été à convaincre ses nouveaux directeurs du Real Madrid de son intérêt. Sur le plan purement comptable, il ferait mieux de s'inquiéter. 41 buts en 73 sélections, c'est solide, mais ce n'est pas du Pelé ou du Cristiano Ronaldo. Cela reste néanmoins respectable pour un garçon de cet âge qui joue dans un contexte offensif moins prolifique que celui de ses prédécesseurs directs.
Samedi, il n'y a eu aucune démonstration technique exceptionnelle. Juste de l'application, de la presence d'esprit et de l'instinct de tueur. C'est parfois tout ce qu'il faut.
- 2 buts pour Mbappé en première mi-temps face à l'Irak
- 41 buts en 73 sélections pour le Français depuis ses débuts internationaux
- Une relance catastrophique du gardien irakien d'où est né le deuxième but
- Quatre ou cinq buts attendus pour la France sur l'ensemble de la rencontre
Les prochains matchs de qualification diront si ce style de victoire convient à la France pour aller au bout en 2026. Les sélections disposent généralement d'une ou deux fenêtres de tir contre les petits : celle-ci, les Bleus l'ont exploitée sans trembler. Reste à savoir comment Deschamps gèrera la rotation des cadres au fur et à mesure de la campagne. Mbappé aura de nombreuses occasions de s'illustrer. Pas sûr que tous ses futurs adversaires lui offriront des cadeaux aussi voluptueux.