Après avoir dominé le Sénégal 3-1, l'équipe de France accueille l'Irak ce lundi avec l'ambition de valider sa qualification. Mais Deschamps doit gérer l'absence de Tchouaméni et une défense encore trop perméable.
Les Bleus attaquent le tournoi par la bonne porte, mais sans grandes certitudes
Regarder la France écraser le Sénégal 3-1, c'est voir un match qui rassure et inquiète à la fois. Les attaquants français font le travail attendu - Mbappé, Griezmann, Benzema qui lui a marqué. Les chiffres sont flatteurs. Mais quand on disséque vraiment ce qui s'est joué dimanche, on sent une équipe qui gagne par la qualité brute plutôt que par un collectif affûté. Trois buts, oui. Mais aussi une défense qui a parfois oublié à quoi elle servait.
Didier Deschamps n'est pas homme à crier victoire après un premier match. Le sélectionneur des Bleus a d'ailleurs affiché de la méfiance légitimement ciblée sur l'Irak, cet adversaire que tout le monde regarde de haut en haut mais qui pourrait, tactiquement, créer des problèmes. L'entraîneur irakien prépare déjà un plan spécifique pour contrer Mbappé selon nos confrères de sofoot.com. C'est peu dire que sur le papier, l'Irak n'a rien à faire à ce niveau. Mais le football n'est jamais joué sur le papier - il l'est dans les entrailles d'une pelouse, et c'est là qu'on découvre si une équipe a vraiment compris qui elle est.
Contre le Sénégal, la France a montré de l'efficacité offensive. Le trio Mbappé-Griezmann pivotant sur Benzema a fonctionné. Mais les latéraux français ont été trop largement contenus, et le secteur défensif central a connu des moments flottants. Tchouaméni, qui aurait dû apporter de la solidité en première ligne de pressing, s'est entraîné à part avant le premier match. Voilà le détail qui compte vraiment - quand le sélectionneur perd un joueur de cette envergure dans le milieu, c'est plus qu'un ennui logistique.
Tchouaméni absent, Deschamps bricoleur malgré lui
Vous savez ce que c'est, quand un mec comme Aurélien Tchouaméni manque l'entraînement ? C'est que quelque chose cloche. Pas forcément grave, mais suffisant pour que Deschamps doive remanier son milieu. Tchouaméni, c'est 71 sélections, c'est un joueur du Real Madrid formé à Bordeaux qui comprend la structure d'une équipe française. Il ne marque pas les buts, il ne fait pas les passes décisives qui illuminent les commentaires, mais il donne de l'armature au collectif.
L'absence du milieu défensif du Real rend la France plus vulnérable aux transitions courtes, surtout face à une équipe comme l'Irak qui n'a rien à perdre et qui peut se permettre des mouvements directs vers l'avant. Deschamps devra improviser sur le banc. Ses solutions ? Soit il faut de la régularité dans le cœur du jeu avec des mecs plus offensifs mais moins stables. Soit il doit recomposer un bloc défensif différent. Les deux options comportent des risques à ce stade du tournoi où on ne peut vraiment pas se permettre de vaciller.
Footmercato évoque déjà ce suivi médical étroit, preuve que la gestion d'effectif en Coupe du monde ne ressemble à rien d'autre. Un match sur trois jours, des trajets insensés, des corps qui accumulent la fatigue. Et puis voilà qu'un cadre se réveille with a problem, et tout l'édifice doit s'adapter. Deschamps a eu de la chance en 2018 en Russie d'avoir une profondeur d'effectif capable de pallier les absences. Cette année ? On verra bien.
Le calcul tactique irakien : surprise ou résignation
L'Irak n'a pas sa chance, c'est une évidence. La France a une puissance offensive que les Irakiens ne possèdent simplement pas. Mbappé seul vaincrait une équipe irakienne moyenne sans effort majeur. Mais ce qui rend la tactique intéressante, c'est justement que l'Irak n'a rien à perdre et pourrait viser une victoire morale - un match compact, des transitions rapides, une tentative d'agacer les Bleus.
Selon nos informations, le sélectionneur irakien tisse déjà un plan pour contrer Mbappé. C'est un exercice logique : si tu ne peux pas gagner, tu essayes d'au moins limiter le costaud de l'équipe adverse. Mbappé en 2026, c'est un joueur qui a maturé, qui comprend mieux le jeu, qui ne court plus après le ballon comme en 2022. Mais il reste terrifiant dans les espaces. L'Irak devra inventer une défense écrasée, très compacte, sans ballon, espérant juste ne pas prendre 5 ou 6 buts.
Deschamps, lui, ne peut pas se permettre de jouer petit bras. Il faut vérifier que l'équipe continue sur sa lancée, valider la qualification rapidement, et repartir avec trois points qui pèsent lourd à ce stade du groupe. Le vrai test sera ailleurs - dans le troisième match du groupe, quand la fatigue cumule et quand les meilleures équipes révèlent parfois des fissures.
Ailleurs en Coupe du monde, les surprises s'accumulent
Pendant ce temps, d'autres sélections révèlent des vérités plus ou moins confortables. Les Pays-Bas ont écrasé la Suède 5-1, avec Cody Gakpo en patron du match selon les bilans de sofoot.com. C'est presque démobilisant pour les autres équipes du groupe quand on voit une machine néerlandaise fonctionner de cette manière. Cinq buts à domicile, c'est la signature d'une équipe qui sait où elle va.
Pendant ce temps, la Tunisie a plié le genou face au Japon avec une défaite 0-4 - une correction qui sent la fatalité tactique, celle où une équipe africaine prise entre deux feux ne sait plus où donner de la tête face à une structure asiatique disciplinée. Et puis il y a la Belgique de Rudi Garcia qui traverse une séquence inquiétante, bloquée sur un nul face à l'Iran. Garcia n'a jamais réussi à imprimer son autorité aux Diables rouges. Un nul face à l'Iran, c'est un résultat qui serait acceptable pour certains, mais pas pour une sélection belge sensée incarner la domination. Maxifoot relaye cette séquence fragile qui interroge sérieusement.
Et Cap-Vert ? Nul 2-2 contre l'Uruguay. Un résultat qui tient du miracle pour une île qui n'avait jamais participé aux éliminatoires de Coupe du monde jusque-là. Les Africains tiennent le choc, et c'est peut-être là qu'on découvre que cette édition 2026 sera moins prévisible que les précédentes.
Le mercato attend son heure, Paris s'active déjà
Mais revenons au cœur du réacteur. Pendant que les sélections jouent, les clubs français guettent. Le PSG notamment prépare déjà ses mouvements. Maxifoot évoque des changements à venir autour de l'effectif parisien après la Coupe du monde, avec en toile de fond des ajustements attendus dans le secteur offensif et au milieu. Pour une équipe parisienne qui doit rester compétitive en Ligue des Champions, c'est une priorité absolue.
Michael Olise revient dans la conversation mercato parisienne selon nos sources. L'ailier du Bayern Munich intéresse le PSG. Mais le Real Madrid a démenti tout intérêt selon footmercato.net, ce qui veut dire que le dossier reste ouvert pour Paris. Olise, c'est 1m73 de pur technicien capable de changer un match en deux minutes. À 23 ans, il est un profil type pour l'ambitieux PSG qui rêve toujours de faire sauter les verrous européens.
Igor Tudor, lui, a quitté Tottenham. Une séparation annoncée d'un commun accord après un passage très bref. C'est une petite nouvelle, mais elle signale quelque chose d'important : les entraîneurs qui ne collent pas immédiatement à la réalité anglaise repartent vite. Le football anglais n'attend pas, il broie. Tudor aura appris la leçon. Pour le PSG et les gros clubs français, l'enjeu reste de verrouiller les fondamentaux tactiques pendant que les blessures du tournoi révèlent aussi quels cadres tiendront la distance jusqu'en juin 2026.
La France, elle, continue. Lundi contre l'Irak sera technique, pas spectaculaire, mais efficace si Deschamps arrive à souder les pièces malgré l'absence de Tchouaméni. Et puis on saura davantage sur les vrais défis qui attendent les Bleus après cette première marche. Parce que battre le Sénégal 3-1, c'est bien, mais ce n'est que le début.