À une semaine du coup d'envoi, le Paraguay révèle enfin son effectif pour la Coupe du Monde 2026. Julio Enciso et ses coéquipiers vont tenter de sortir des poules.
Le Paraguay ne pouvait plus attendre. Ce lundi, l'Albirroja a tranché : voici les 23 guerriers qui porteront les couleurs guaranis jusqu'aux confins de ce Mondial 2026. C'est Julio Enciso, la pépite du football sud-américain, qui sera attendu comme le sauveur dans cette quête éperdue de qualification en huitièmes.
Les sélectionneurs sud-américains ont la réputation d'attendre jusqu'à la dernière minute pour dévoiler leur liste. Le Paraguay honore ce rituel. Quand d'autres pays peaufinaient leurs effectifs depuis des semaines, la fédération guaranie a préféré le suspense. Le résultat : une convocation qui mélange les valeurs sûres du football local et quelques romanciers en mal de révélation.
Enciso au cœur d'une stratégie fragile mais ambitieuse
Juventus a façonné Julio Enciso depuis ses débuts professionnels. Le jeune attaquant de 21 ans incarne la philosophie moderne du Paraguay : miser sur un talent brut, un potentiel stratosphérique, et espérer que le Mondial servira de catalyseur. Ses 15 sélections et ses 3 buts en équipe nationale ne racontent qu'une moitié de l'histoire. Ce que les observateurs retiennent, c'est sa technique étincelante, sa capacité à créer l'imprévu, son don pour les combinaisons rapides.
Mais Enciso seul n'enfantera pas de miracle. Le Paraguay arrive à ce rendez-vous planétaire avec les stigmates d'une nation qui peine à renouveler son vivier. Depuis la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud où les Guaranis ont atteint les demi-finales, la trajectoire s'est assombrie. Les derniers Mondiaux ont surtout livré des histoires de frustration : éliminés en poules en 2018 en Russie, absent en 2022 au Qatar.
Cette édition 2026 représente bien plus qu'une opportunité. C'est une nécessité vitale pour un projet qui s'érode. Le groupe paraguayen affrontera des géants : le Paraguay devra se battre contre des équipes établies, avec des budgets colossaux, des expériences des grands tournois gravées dans le marbre. Et pourtant, la sélection de ce lundi matin porte en elle une forme de résilience. Ces joueurs savent qu'ils représentent une nation de 7 millions d'habitants, un pays où le football est l'oxygène principal mais où les infrastructures demeurent modestes comparées aux géants mondiaux.
Des noms qui rassurent et des questions qui taraudent
Au-delà d'Enciso, la liste convoquée inclut des éléments réputés dans les championnats étrangers. Des joueurs qui ont traversé l'Atlantique, qui ont côtoyé les meilleurs, qui possèdent cette expérience internationale si précieuse quand arrivent les matchs serrés. En attaque, en défense, au milieu : le sélectionneur a tenté de construire un équilibre, une harmonie fragile mais cohérente.
Ce qui interpelle, cependant, c'est l'absence de surprises fracassantes. Pas de pari fou, pas de jeune talent absurde découvert à deux mois du tournoi. Le Paraguay joue la stabilité, presque la prudence. Est-ce une limite ou une sagesse ? Les observateurs débattront longtemps de cette ligne fine qui sépare le calcul réfléchi de la frilosité tactique.
La réalité arithmétique des poules est impitoyable : le Paraguay devra finir parmi les deux premiers de son groupe, ou du moins faire assez bonne figure pour aspirer à une des places de meilleur troisième. Avec environ 28 équipes qualifiées pour les huitièmes de finale dans ce nouveau format, les marges sont réduites mais moins étriquées qu'avant.
- 3 buts en 15 sélections pour Julio Enciso, l'atout offensif principal
- 14 ans depuis la dernière apparition du Paraguay en demi-finales mondiales (2010)
- 7 millions d'habitants : la démographie face aux géantes du football
- 23 joueurs pour tenter l'exploit dans un format élargi à 48 nations
Le coaching staff a opéré des choix intelligents sur les latéralités, tentant de maximiser la mobilité et la capacité défensive. Le milieu de terrain, colonne vertébrale de toute équipe moderne, a été garni de joueurs rodés à la compétition. C'est sur les ailes que l'Albirroja compte créer du chaos, des décalages imprévisibles, des ballons qui arrivent où l'adversaire ne les attend pas.
L'entraîneur paraguayen le sait : il ne dispose pas de Messi, pas de Mbappé, pas de ces bombes qui changent un tournoi d'un geste. Il dispose de Julio Enciso et d'une bande de copains de fortune, unis par une chemise blanche et une ambition qui pulse. Le scénario de David contre Goliath a souvent séduit les observateurs du football mondial. Le Paraguay en 2026 pourrait bien en écrire une nouvelle version.
Les jeux se feront sur des détails tactiques infimes, sur les blessures, sur l'état émotionnel des joueurs dans les dressing-rooms après une défaite ou avant un match décisif. Ce lundi, en annonçant sa liste, le Paraguay s'est engagé. À deux semaines du premier coup de sifflet, plus de demi-mesures. La route vers l'exploit passe désormais par ces 23 noms qui frapperont à la porte des plus grands.