Le Bayern Munich s'est qualifié pour la finale de la Coupe d'Allemagne. Le club bavarois n'a plus soulevé le trophée depuis 2020 et veut mettre fin à cette anomalie.
Cinq ans. Cinq longues années sans soulever la DFB-Pokal. Pour un club habitué à tout rafler, c'est presque une éternité. Le Bayern Munich a validé son billet pour la finale de la Coupe d'Allemagne, et les Bavarois savent pertinemment que cette compétition leur a trop longtemps échappé. Un titre national en moins dans les vitrines du Allianz Arena, ça finit par agacer. Cette saison, la machine s'est remise en marche pour de bon.
Pourquoi cette Coupe d'Allemagne a autant de valeur pour le Bayern cette année ?
Le dernier sacre en DFB-Pokal du Bayern remonte à 2020, dans un contexte particulier — une finale jouée à huis clos en pleine pandémie. Depuis, trois saisons de disette sur ce front, ce qui constitue la plus longue période sans trophée dans cette compétition pour le club depuis des décennies. En Bundesliga, le Bayern a longtemps régné sans partage, mais la Coupe s'est montrée plus capricieuse, éliminant les Munichois dans des confrontations embarrassantes, parfois face à des clubs bien moins huppés.
Cette saison, l'appétit est différent. Sous la houlette de Vincent Kompany, arrivé avec ses ambitions et sa philosophie de jeu offensive, le Bayern a abordé chaque tour de la compétition avec une concentration inhabituelle. Le groupe ne veut pas d'une demi-finale comme point final. Les cadres l'ont martelé en interne : cette Coupe, ils la veulent. Et ils se sont donné les moyens d'aller la chercher.
Il faut aussi replacer ce parcours dans un contexte sportif plus large. En Ligue des Champions, le Bayern reste un prétendant sérieux mais jamais au bout. La DFB-Pokal représente une opportunité concrète de garnir le palmarès 2024-2025. Dans un football où les bilans de saison se jugent en nombre de trophées, repartir bredouille ne serait pas acceptable pour une direction aussi exigeante que celle du club bavarois.
Comment le Bayern a-t-il géré cette demi-finale pour décrocher sa place ?
Se qualifier pour une finale, ça ne se fait jamais par hasard. La demi-finale a représenté un vrai test de caractère pour les hommes de Kompany. Face à un adversaire qui avait tout à gagner et rien à perdre, le Bayern a dû puiser dans ses ressources, montrant à la fois sa solidité défensive et sa capacité à faire la différence dans les moments clés du match.
Harry Kane, indiscutable depuis son arrivée à Munich en 2023, a encore pesé sur les débats. L'attaquant anglais continue d'afficher des statistiques ahurissantes — plus de 40 buts toutes compétitions confondues sur la saison — et sa présence dans la surface adverse reste un calvaire pour n'importe quelle défense. Ce sont ces joueurs-là qui font la différence quand les enjeux montent d'un cran.
Le milieu de terrain a également montré de la solidité. La paire formée autour de Joshua Kimmich a contrôlé le tempo, empêchant l'adversaire de trouver des espaces en transition. Kompany l'a répété plusieurs fois cette saison : le Bayern ne veut plus concéder des matchs compliqués sur des erreurs évitables. Le message semble avoir été reçu cinq sur cinq. Résultat, une qualification méritée, construite sur une organisation collective qui rassure autant qu'elle impressionne.
La DFB-Pokal a cette particularité d'être impitoyable : un seul match, une seule erreur, et tout s'effondre. Le Bayern a su gérer cette pression. Ce n'est pas rien pour une équipe qui, par le passé, a parfois semblé sous-estimer cette compétition au profit d'objectifs européens.
Qui attendra le Bayern en finale et quelles sont les chances de titre ?
La finale, c'est le bout du chemin. Et quelle que soit l'identité de l'adversaire qui s'y présentera en face, le Bayern partira favori. C'est la réalité d'un club dont le budget de masse salariale et la densité de l'effectif n'ont pratiquement pas d'équivalent en Allemagne. Mais le football, précisément, se moque souvent des hiérarchies établies sur le papier.
L'enjeu pour Kompany dépasse le simple trophée. Remporter la DFB-Pokal validerait sa première saison complète sur le banc munichois d'une manière indiscutable. L'entraîneur belge a été recruté pour imprimer sa marque, redonner une identité à un Bayern qui avait semblé tourner en rond ces dernières années. Une finale gagnée enverrait un signal fort : la reconstruction est en bonne voie.
Du côté du vestiaire, la dynamique est bonne. Un groupe qui se qualifie pour une finale joue avec la confiance et la libération que procure ce genre d'exploit. Les joueurs savent qu'ils sont à 90 minutes de gloire nationale. Leroy Sané, souvent critiqué pour son manque de régularité, a montré des signaux positifs sur la fin de saison. Jamal Musiala continue, lui, d'impressionner par sa capacité à se faufiler entre les lignes et à trouver des solutions là où d'autres bloqueraient.
Le Bayern Munich se retrouve donc aux portes d'un 21e titre en Coupe d'Allemagne. Un chiffre qui illustre l'hégémonie historique du club dans cette compétition, mais qui rend aussi la sécheresse de ces cinq dernières années encore plus frappante. La finale sera une page blanche, une occasion unique de remettre les pendules à l'heure.
Rendez-vous au Olympiastadion de Berlin. Kompany et ses joueurs ont rendez-vous avec leur saison. Et avec l'histoire, peut-être.