Trois buts d'écart face au Costa Rica. L'ailier de Newcastle Anthony Gordon a porté l'équipe de Southgate à six jours du choc contre la Croatie en Coupe du Monde.
Six jours. C'est le délai microscopique dont dispose Gareth Southgate pour peaufiner ses derniers réglages avant d'affronter la Croatie en ouverture de Coupe du Monde. Et cette nuit à Wembley, contre le Costa Rica, les Anglais ont au moins trouvé un signal rassurant : Anthony Gordon est en feu.
L'ailier de Newcastle United a porté les Three Lions vers une victoire 3-0 d'une ampleur qui dépasse largement le simple succès amical. Avec des performances de ce calibre, Gordon se pose en figure incontournable du tournoi qatari, lui qui reste sur une première moitié de saison impressionnante en Premier League.
Un orage a retardé le coup d'envoi de plus d'une heure, transformant le stade en véritable chaudron. Les organisateurs ont dû patienter que les conditions s'apaisent. Mais une fois la machine anglaise lancée, il n'y avait pas grand-chose à espérer pour les Costaricains.
Gordon écrase les doutes du sélectionneur
Southgate n'a jamais caché ses interrogations sur son système offensif. Les blessures, les formes fluctuantes de certains cadres, la question de savoir qui occuperait les flancs en Coupe du Monde : autant de casse-têtes qui agitaient le technicien anglais depuis plusieurs semaines. Gordon a répondu à chaque question d'une façon brutale.
L'international anglais a affiché une vitesse de déplacement rare, une capacité à créer l'espace incomparable à ce que l'Angleterre pouvait proposer habituellement sur ces positions. À 21 ans seulement, il joue avec l'assurance d'un joueur qui sait que tout peut basculer pour lui en quarante-huit heures. Newcastle l'a relancé après son passage dans le doute à Everton. Southgate l'a repéré, l'a convoqué. Gordon honore cet appel.
Le Costa Rica n'avait clairement pas les ressources pour contenir cette fougue. 0-3, c'est un résultat qui parle de lui-même : une équipe concentrée, une autre résignée. Le football amical parfois s'y réduit. Mais ce qui intéresse Southgate, c'est moins le score que la démonstration.
La question qui reste posée : stabilité ou pyrotechnie
Voilà le dilemme : Gordon incarne une forme de pyrotechnie offensiven prometteuse mais à haut risque. L'Angleterre, historiquement, préfère les systèmes équilibrés, les latéraux qui replient, les formations géométriquement parfaites. Avec lui, il faut accepter que certains moments, la défense soit moins couverte.
Les Croates, redoutables sur coup de pied arrêté et dans la transition, devront être surveillés avec vigilance. Luka Modric et compagnie ne sont pas le Costa Rica. Ils connaissennt les angles, savent où frapper. L'Angleterre dispose des joueurs pour gagner cette rencontre, mais la hiérarchie ne s'établira que sur soixante minutes bien négociées.
Southgate a un effectif riche, suffisant pour intégrer un talent comme Gordon sans déséquilibrer la machine. Harry Kane, Bukayo Saka, Phil Foden, Jude Bellingham : la ligne-up offre assez de variantes pour adapter. Ce qui compte maintenant, c'est la gestion des détails à Doha.
Un avant-goût de ce qui attend les Trois Lions
Cette victoire face au Costa Rica confère aussi une confiance collective indispensable. Après les doutes, les blessures, les changements de dernière minute, l'Angleterre avait besoin de cette réponse collective positive. Même face à un adversaire moins flamboyant.
Gordon symbolise une génération anglaise qui monte en puissance. Newcastle redessine les contours du football britannique. Plusieurs de ses joueurs sont en train de s'imposer mondialement. Gordon en fait partie. S'il confirme contre la Croatie, c'est un profil auquel Southgate pourrait revenir régulièrement.
Reste que six jours, c'est très court pour assimiler une victoire et en tirer les bonnes conclusions. Les Anglais savent qu'une affiche amicale ne vaut rien. La Croatie paiera cher chaque erreur défensive. C'est pourquoi cette nuit à Wembley, malgré son allure finale confortable, ne doit pas faire croire au miracle. Juste rappeler que quand tout s'aligne, l'Angleterre possède les armes pour rêver grand.