Les Bleus dominent les pronostics avant le coup d'envoi mexicain. Deschamps misera sur sa superstar parisienne pour conquérir un troisième titre.
Didier Deschamps a déjà enfilé son costume de favori. Pas par orgueil, mais parce que le terrain le dit: quand les supporters de 32 nations se réunissent autour des rendez-vous chauds de cette Coupe du monde 2026, la France sort toujours du lot. Le sélectionneur tricolore sait exactement sur quoi il peut compter. Kylian Mbappé, d'abord. Celui-là même qui débarque au Real Madrid avec la réputation du phénomène des années 2020, affamé de ballon, affamé de titres collectifs.
Les bookmakers ne rigolent jamais sur ces sujets-là. La cote française tourne autour de 4,50, quand l'Espagne se négocie à 5,50 et l'Angleterre à 6,00. C'est dire l'écart de confiance. Quatre ans après Qatar, où les Bleus avaient craqué en finale contre l'Argentine, le sentiment général penche vers une revanche. Deschamps a recomposé son effectif, renforcé la garde rapprochée, et surtout, il tient maintenant son arme fatale en attaque.
À 26 ans, Mbappé aura enfin l'occasion de montrer à quel point il a grandi. Les trois buts marqués lors de la finale perdue de 2022 face à l'Argentine ne suffisent plus à définir sa trajectoire. Depuis, il a écrasé la Ligue 1 de sa présence, dominé les enclos madrilènes par ses débuts étincelants, et construit l'image d'un joueur absolument implacable quand le ballon s'approche de la surface. À Montréal, à Mexico City, à Vancouver, il entend faire taire les critiques selon lesquelles il n'avait jamais vraiment porté l'équipe de France à bout de bras.
Deschamps, lui, ne mâche pas ses mots. Son attaquant vedette sera central. Pas comme simple chasseur de buts, mais comme organisateur du jeu offensif français. Les Bleus compteront sur lui pour débloquer des situations, inventer des espaces, terroriser les défenses adverses. Aux côtés de Aurélien Tchouaméni en milieu de terrain et d'une défense ressurgissante, la France possède les ingrédients d'une équipe quasi inarrêtable.
L'Espagne rôde en embuscade
Mais la France n'est pas seule. En réalité, elle sait qu'elle devra compter avec une Espagne qui a retrouvé ses couleurs. Les Espagnols ont mûri depuis leur sortie de route à Euro 2024. Gavi, Pedri, Jude Bellingham en renfort — c'est une génération affamée qui gronde au sud des Pyrénées. Leur football de possession, ce jeu de passe qui laisse l'adversaire essoufflé, revient en force.
L'Espagne a remporté quatre titres majeurs depuis 2008 (deux Euros, une Coupe du monde). Elle sait comment gagner sur la durée d'une compétition. À en croire l'entourage de certains sélectionneurs européens, c'est véritablement sur le couple France-Espagne que les regards se tournent pour le dernier acte du Mexique.
Un Mondial à trois vitesses continentales
104 rencontres attendent les 32 nations à travers le Mexique, les États-Unis et le Canada. C'est 16 matches de plus qu'en 2022 — une modification structurelle majeure qui dilue un peu le poids des poules mais concentre davantage l'impact des quarts. Les supporters rassemblés sur le continent nord-américain esquissent déjà leurs faveurs. L'Argentine, bien sûr, traîne l'étiquette de tenante du titre. Mais Lionel Messi n'est plus là. Cette absence crée un vide.
Du côté des outsiders sérieux, l'Angleterre réclame son dû. Gareth Southgate a enfin construit une équipe capable de tenir 120 minutes sous pression. Les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique rôdent sans vraiment convaincre — trop vieillissants, trop en reconstruction pour vraiment terrifier.
La Coupe du monde 2026 appartient à ceux qui auront la faim de 1998, l'organisation de 2018 et l'expérience de 2022. Deschamps et Mbappé, assis côte à côte dans les vestiaires mexicains, savent exactement ce qu'il leur reste à faire. Trois semaines de fou, 104 rencontres, et un seul gagnant qui soulèvera le trophée. Tout se joue maintenant.