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Football

De la Plaine des Jeux à l'édition, le pari littéraire de Baptiste Monveneur

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

À 19 ans, l'ancien espoir de l'OL publie son premier livre. Un choix qui interroge les frontières entre passion sportive et création intellectuelle.

De la Plaine des Jeux à l'édition, le pari littéraire de Baptiste Monveneur

Rares sont les footballeurs qui échangent leurs crampons contre une plume avant d'avoir atteint l'âge légal de voter. Baptiste Monveneur vient de le faire, et ce n'est pas un geste anodin dans un univers où la reconversion se dessine généralement bien plus tard, une fois les genoux usés et le corps fatigué d'avoir donné au jeu. À 19 ans, le jeune milieu de terrain formé à l'Olympique Lyonnais vient de publier «À l'aube du jeu et des mots», son premier ouvrage, renversant ainsi l'ordre établi d'une carrière sportive qui aurait dû, selon les scénarios convenus, suivre une trajectoire linéaire.

Cette publication intervient précisément au moment où Monveneur aurait pu être au cœur des préoccupations d'un club formateur de premier plan. L'OL, qui compte parmi ses illustres anciens élèves des noms comme Thierry Henry ou Florian Thauvin, cultive depuis des décennies l'art de développer les talents précoces. Que ce jeune prometteur choisisse de bifurquer vers l'écriture, c'est le signe d'une réflexion plus profonde sur ce que signifie véritablement être footballeur professionnel au moment où les blessures, les impasses sportives et les destins incertains façonnent plus de carrières qu'on ne le croit.

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Pourquoi quitter le foot pour la littérature à cet âge critique ?

La question mérite d'être posée sans préjugé. À 19 ans, on est théoriquement à l'orée d'une carrière professionnelle, à la croisée des chemins entre l'espoir et le doute. Les centres de formation comme celui de Lyon demandent une abnégation totale : entraînements quotidiens, régime, sommeil calibré, rêves normalisés. Monveneur a connu ce système de l'intérieur, cette machine qui sélectionne impitoyablement et qui, sur cent jeunes talents prometteurs, en consacre à peine quelques-uns. Le choix de publier un livre suggère qu'il a mesuré, peut-être plus rapidement que d'autres, la fragilité inhérente à ces destins supposément scellés dès l'enfance.

Ce qui différencie son cas de tant d'autres abandons footballistiques, c'est qu'il ne s'agit pas d'une retraite par défaut ou par blessure, mais d'une reconversion réfléchie, presque délibérée. Écrire un livre à cet âge, c'est aussi affirmer que l'on possède quelque chose à dire, une matière intérieure assez substantielle pour mériter la publication. Le titre «À l'aube du jeu et des mots» n'est d'ailleurs pas innocent : il parle de ce moment charnière où l'on quitte une forme de jeu pour en emprunter une autre, où le dictionnaire remplace le terrain.

Cette trajectoire rappelle en filigrane comment les institutions sportives françaises, malgré leur excellence reconnue, peinent parfois à retenir ceux qui possèdent une sensibilité plus large. Le système privilégie traditionnellement la spécialisation précoce, au risque de sacrifier les dimensions créatives ou intellectuelles qui pourraient coexister avec le talent athlétique.

Quel message envoie cette bifurcation au monde du football français ?

L'exemple Monveneur, bien qu'isolé, résonne avec une interrogation plus vaste sur le modèle français de formation sportive. Pendant que les clubs investissent des moyens considérables pour repérer et développer les talents dès l'âge de 8 ou 9 ans, une partie croissante de cette jeunesse de qualité commence à questionner silencieusement l'équation proposée : sacrifice de jeunesse contre promesse hypothétique d'une carrière professionnelle rentable. Environ 2 % seulement des enfants ayant intégré un centre de formation en France parviennent à vivre du football professionnel. Ces statistiques ont une face humaine, et elle porte parfois un nom, parfois une histoire moins héroïque que celle des héros du vestiaire.

Monveneur ne crache pas sur son passé lyonnais. Rien dans sa démarche ne suggère une rupture polémique ou un sentiment de trahison envers l'OL. Son geste ressemble plutôt à une affirmation : celle d'un jeune homme qui a eu l'opportunité rare de dire non au système sans l'éreinter de critiques, mais simplement en choisissant d'explorer sa propre multiplicité. Pour le football français, c'est à la fois humiliant et instructif. Humiliant, car cela signifie que même les institutions les plus prestigieuses ne parviennent pas à retenir tous leurs talents. Instructif, parce que cette fuite vers d'autres horizons culturels pose la question de ce qui devrait être le vrai succès d'un centre de formation : transformer chaque enfant en footballeur consommable, ou former des jeunes hommes capables de penser au-delà du football ?

Peut-on vraiment concilier les deux univers au long terme ?

C'est l'inconnue qui demeure. Publier un livre à 19 ans est un accomplissement en soi, mais cela n'interdit rien pour l'avenir. La carrière de Monveneur pourrait suivre plusieurs scénarios : celui d'un écrivain qui aura définitivement fermé la parenthèse du football, celui d'une double vie où l'écriture accompagne une carrière prolongée au sein d'un club moins exigeant, ou celui, plus improbable, d'une traversée du désert suivie d'un retour miraculeux au jeu. L'histoire du sport offre rarement ces happy endings.

Ce qui fascine dans son histoire, c'est qu'elle contredit le mythe du destin sportif inexorable. Elle suggère que même au sein des institutions les plus structurées et les plus déterminantes, il existe encore de la marge pour la liberté individuelle, pour des choix qui dérogent au script convenu. À une époque où la jeunesse est sommée de choisir très tôt, de se spécialiser avant d'avoir vraiment grandi, Monveneur représente une forme de résistance tranquille. Pas spectaculaire, pas bruyante. Juste une trajectoire bifurquée qui pose les vraies questions : qu'est-ce qu'une jeunesse bien formée ? Celle qui excelle dans son domaine, ou celle qui se donne les moyens d'explorer sa propre profondeur ?

Les prochains mois diront si ce premier livre ouvre une nouvelle page ou s'il demeure une singularité attachante dans l'histoire d'un garçon qui aurait pu devenir un anonyme parmi tant d'autres. Pour l'instant, Baptiste Monveneur a déjà gagné une forme de pari que peu d'enfants du football osent affronter : celui de croire qu'on peut être autre chose, et peut-être meilleur, qu'un joueur.

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