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Football

Tchouameni et Stéphan unis derrière Deschamps dans l'épreuve

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Absent de la rencontre face à la Norvège, Didier Deschamps confie le commandement à Guy Stéphan. Aurélien Tchouameni et son adjoint adressent un message fort d'unité aux Bleus.

Tchouameni et Stéphan unis derrière Deschamps dans l'épreuve

Aurélien Tchouameni a pris la parole avant que les autres ne se taisent. Le milieu de terrain de l'équipe de France a choisi ses mots avec soin mercredi en conférence de presse, sachant que ce qu'il allait dire dépasserait largement le cadre sportif. Pour la première fois depuis sa nomination à la tête des Bleus en 2012, Didier Deschamps ne sera pas sur le banc vendredi soir face à la Norvège. Le sélectionneur, brutalement rappelé à l'essentiel, a décidé de rentrer en France pour assister aux obsèques de sa mère.

Dans ces moments-là, un groupe se jauge. On voit qui regarde vers la porte, qui baisse les yeux, qui se tient droit. Les Bleus ont choisi de se tenir droit. Tchouameni en a porté le flambeau. Guy Stéphan, l'adjoint qui prendra le commandement du banc, s'est joint à ce message d'unité. Deux voix pour rappeler à 24 joueurs que vendredi, malgré l'absence physique du patron, il n'y avait qu'une seule route : celle tracée par Deschamps depuis douze ans.

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«Didier a construit quelque chose. On n'oublie pas ça» : la phrase résume l'état d'esprit. Pas de vide à combler, pas de profiteurs de circonstance. Juste un groupe qui honore celui qui l'a cimenté, même à distance.

Une sélection qui montre ses racines

Ce qui frappe dans la réaction de Tchouameni et Stéphan, c'est qu'elle ne vient pas d'une obligation formelle. Personne n'a ordonné au capitaine ou à l'entraîneur adjoint de se lever en public pour affirmer leur soutien. Ils auraient pu, comme d'autres l'auraient fait, gérer l'absence de Deschamps en techniciens froids. Lancer un «on va gérer» passe-partout, puis attaquer la rencontre. Au contraire, le groupe a choisi l'humanité.

Stéphan a rappelé que Deschamps avait porté un projet qui dépassait le seul football. Douze ans, c'est plus qu'une décennie de matches. C'est une philosophie. Des générations de joueurs qui se sont succédé en ayant intégré les valeurs du sélectionneur. De Benzema à Mbappé, de Griezmann à Kanté, ils ont tous marché dans les pas du même homme. Vendredi, ce serait facile d'oublier. Ce serait facile de jouer pour jouer, de plier face à la Norvège. Mais ce groupe ne pliera pas. Parce que les racines, ça tient bon quand il vente fort.

La statistique parle d'elle-même : depuis 2012, Deschamps a remporté une Coupe du monde et disputé quatre tournois majeurs d'affilée. Cent quarante-sept sélections en tant que sélectionneur au moment de cette trêve. Cent quarante-sept occasions de laisser son empreinte. Tchouameni le sait. Stéphan aussi. Et tous les autres le savent.

Guy Stéphan aux commandes, un test d'équilibre

Stéphan n'est pas un inconnu du vestiaire. Depuis le début du cycle, il est la voix d'expérience à côté de Deschamps. Les joueurs le connaissent, ils savent comment il fonctionne, ce qu'il attend d'eux. Mais diriger une séance d'entraînement et diriger un match, c'est deux mondes. Vendredi, face à la Norvège, c'est un autre univers qui s'ouvre.

L'adjoint ne prendra pas de risques inutiles. Ce n'est ni le moment ni le contexte pour faire de l'expérimentation. Les Bleus se doivent de gagner. Pas parce que la Norvège en aurait beaucoup à offrir, mais parce qu'on ne s'effondre pas pour honorer celui qui part en deuil. Au contraire. On tient haut la bannière.

L'équipe devrait ressembler à celle des dernières sorties. Les rotations, si elles existent, seront minimalistes. Stéphan sait qu'un faux pas sur le terrain serait lu comme une faille du système Deschamps. Ce n'est pas juste. Mais c'est le sport. Et c'est pour cela que l'adjoint ne plaisantera pas avec les détails tactiques.

Tchouameni, lui, aura l'œil sur le positionnement des partenaires. Douze joueurs avec au minimum cinquante sélections. Le capitaine pourra s'appuyer sur une base solide. Mais il sentira aussi qu'il porte une charge supplémentaire vendredi. Celle de faire en sorte que le groupe ne déraille pas quand le pilote est absent de son cockpit.

Au-delà du terrain, le ciment d'un projet

La vraie question n'est pas sportive. Elle est humaine. Est-ce qu'une équipe moderne, construite sur la professionnalisation, l'argent et la performance, peut encore fonctionner sur l'attachement à un homme plutôt que sur le simple calcul collectif ? Les Bleus le prouvent régulièrement. Le mercredi en conférence de presse, avec Tchouameni et Stéphan, ils l'ont reprouvé.

Deschamps a bâti quelque chose qui ne s'effondre pas à la première épreuve personnelle. C'est justement ça qui fait sa force. Pas la tactique, pas l'effectif, mais la confiance solidifiée au fil du temps. Vendredi en Norvège, les Bleus joueront pour lui. Pas par obligation réglementaire ou sportive, mais parce qu'ils le voudront sincèrement.

Quand on enfile le maillot des Bleus sans Deschamps pour la première fois depuis si longtemps, on sent la différence. Même avec Stéphan. Même avec Tchouameni aux commandes. Cette absence devient une présence. Elle plane au-dessus du match. Et c'est peut-être pour cela que la France ne pliera pas vendredi. Pas ce match-ci. Pas cette fois.

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