En pleine introspection, l'attaquant du Real Madrid échange sur ses plus beaux souvenirs avec les Bleus. Une confession qui précède la marche vers la Coupe du Monde.
Kylian Mbappé ne boucle jamais vraiment la porte. Même en pleine reconstruction madrilène, même quand les critiques s'acharnent sur son adaptation au Bernabéu, l'attaquant français trouve le temps de visiter son jardin secret : celui de la sélection. Lors d'une interview accordée à Sorare, la plateforme de NFT où il incarne aussi un collectible, Mbappé s'est livré à un rare moment d'introspection sur son parcours avec les Bleus. Un exercice qui, à première vue, peut sembler nostalgique. En réalité, c'est bien plus stratégique.
La Coupe du Monde 2026 n'est plus une abstraction lointaine. Elle arrive à grandes enjambées, et Didier Deschamps prépare déjà son chantier. Mbappé le sait : ces deux prochaines années seront décisives pour redorer son blason international. Son dernier tournoi majeur avec les Bleus s'est terminé en cauchemar, avec cette finale de Qatar 2022 perdue contre l'Argentine en tirs au but. Puis, l'Euro 2024 allemand où il n'a jamais réellement explosé malgré quelques moments brillants. Revenir sur ses meilleurs souvenirs, c'est donc aussi se préparer mentalement à écrire un nouveau chapitre.
Quand Mbappé joue au nostalgique pour mieux construire l'avenir
Les souvenirs que Mbappé chérit avec les Bleus ne sont pas choisis au hasard. Il y a, bien sûr, les moments d'anthologie : sa Coupe du Monde 2018 en Russie où, à 19 ans à peine, il a imposé sa présence comme une évidence. Quatre buts, une énergie dévastatrice, un adolescent qui faisait trembler les défenses les plus redoutables. Cet été-là, Mbappé avait marqué les esprits en devenant le plus jeune buteur français dans une Coupe du Monde depuis Pelé en 1958. Une statistique qui résume à elle seule son ascension météorique.
Mais aussi, inévitablement, les nuits de Ligue des Nations où Mbappé a régulièrement fait la démonstration de son talent décisif. Ses buts en bleu, il en compte 48 en 80 sélections, une moyenne somme toute impressionnante pour un ailier qui n'a pas toujours été au cœur du projet offensif tricolore. Comparé aux géantes comme Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi, Mbappé n'a jamais eu le même volume de responsabilités offensives avec la sélection. Or, 2026 pourrait être l'occasion de rectifier ce déséquilibre.
En revenant sur ces souvenirs lumineux, l'attaquant du Real Madrid envoie aussi un message à Didier Deschamps. Un message simple : « Je suis prêt. » Car après une saison 2024-25 où il tâtonne toujours pour trouver ses repères madrilènes, où les doutes ont parfois primé sur la certitude, la sélection reste son refuge naturel. À Madrid, on l'attend. En bleu, on le réclame. La différence est là, tangible, presque douloureuse.
- 48 buts en 80 sélections pour Mbappé avec les Bleus
- Plus jeune buteur français en Coupe du Monde depuis 1958 (Russie 2018)
- Deux finales de Coupe du Monde jouées (2018, 2022) à seulement 26 ans
- Zéro titre majeur avec la sélection malgré trois grands tournois disputés
Madrid peut attendre, les Bleus ont besoin de lui maintenant
La question qui taraude les observateurs français est simple : Mbappé peut-il devenir le leader incontesté de cette sélection pour 2026 ? Pas le coéquipier brillant, pas l'ailier créatif qui cherche ses collègues, mais le patron qui prend le jeu à bras-le-corps, qui décide des matchs sur un geste, une accélération, une finition.
Deschamps cherche encore l'équilibre post-Mbappé-Benzema. Antoine Griezmann a quitté, Karim Benzema aussi. Il reste Mbappé, mais aussi une génération montante autour de lui : Aurélien Tchouaméni au milieu, le potentiel défensif de William Saliba, la jeunesse prometteuse des Camavinga et autre Jude Bellingham (qui ne jouera jamais pour les Bleus, mais qui montre à quel point le renouvellement est nécessaire). Construire autour de Mbappé, ce n'est plus une évidence, c'est une nécessité.
Au Real Madrid, Carlo Ancelotti l'utilise encore souvent en tant que figurant, voire en tant que responsable des impasses offensives. Les supporters du Bernabéu commencent à perdre patience. Mbappé doit délivrer, et vite. Mais entre la pression madrilène et les attentes françaises, il y a une différence majeure : avec les Bleus, il joue pour l'histoire. Pour laisser son nom aux côtés de Platini, Zidane, Henry. Pour remporter ce Mondial qui le séparait à jamais des statues vivantes du football français.
Ses meilleurs souvenirs avec la sélection, Mbappé vient de les revisiter. Or, le plus beau reste à écrire. 2026 en sera l'occasion. Condition sine qua non : d'abord retrouver ses marques au Real Madrid. Car une sélection nationale, même la plus prestigieuse, n'oublie jamais celui qui échoue en club. Les Bleus attendent. Mais pendant ce temps, Mbappé doit redresser la barre à Madrid. Ses souvenirs peuvent briller, son présent madrilène doit aussi s'illuminer.