Après le succès écrasant du FC Barcelone en finale de la Ligue des Champions féminine face à Lyon (0-4), Alexia Putellas a été élue meilleure joueuse de l'année. Un doublé de prestige pour l'attaquante espagnole.
Quatre buts sans en concéder. Le FC Barcelone n'a pas fait de sentiment face à l'Olympique Lyonnais hier soir en finale de la Ligue des Champions féminine. Cette démonstration de force a eu un épilogue logique : Alexia Putellas s'est vu remettre le Ballon d'Or féminin, transformant une soirée de gala en apothéose personnelle. La star blaugrana, déjà lauréate du trophée en 2021, remet le couvert trois ans plus tard dans des circonstances qui rappellent pourquoi elle domine ce sport depuis plusieurs années.
Deux trophées dans la même soirée pour l'internationale espagnole
Quand on demande à Alexia Putellas ce qu'elle retiendra de cette nuit, la réponse est simple : tout. La médaille de reine d'Europe au cou, elle a ensuite grimpé sur la scène pour recevoir le Ballon d'Or féminin. Peu de joueuses ont connu pareille trajectoire en un même soir. Celle-ci, formée à la Masia du Barcelone, incarne la domination absolue de son club dans le football féminin européen. Elle ne marque pas seulement les buts — elle façonne le jeu autour d'elle. Ses passées décisives, ses accélérations, sa lecture du jeu font du Barça une équipe à part.
À 26 ans, Putellas a franchi un cap que peu d'athlètes féminines atteindront. Elle cumule maintenant deux Ballon d'Or, une Ligue des Champions, plusieurs titres de championne d'Espagne et une présence constante dans les trois meilleurs mondiaux depuis six ans. Les chiffres sont éloquents : 27 buts en 35 rencontres cette saison avec le Barça, un ratio offensif qui rappelle les meilleures saisons de Cristiano Ronaldo ou Messi dans leur propre contexte.
Le Barça féminin écrase tout sur son passage
Lyonnais, Lyonnaises : ces termes résonnent différemment pour les supporters de l'OL depuis hier. Longtemps maître du football féminin français, le club rhodanien a découvert l'amertume d'une défaite cinglante sur la plus grande scène du continent. Quatre buts à zéro, c'est un résultat qui parle de lui-même. Il traduit un écart de classe devenu béant.
Le Barça n'a pas seulement gagné : il a écrasé methodiquement une équipe pourtant respectable. Lyon comptait trois éliminations en finale ces trois dernières années, mais jamais avec une telle humilité. Gareth Taylor, l'entraîneur des Blaugranas, a construit une machine où chaque pièce fonctionne en parfaite synchronisation. Putellas en est le moteur, mais elle n'est pas seule. Aitana Bonmatí, Patri Guijarro, les sœurs Torrejón : ce collectif a rendu la victoire inévitable bien avant le coup de sifflet final.
Cette domination catalane redessine l'équilibre du football féminin européen. Lyon, qui a remporté huit Ligues des Champions entre 2016 et 2022, voit son empire ébréché. Le Barça, avec ce succès, affiche des ambitions que seuls les plus grands clubs masculins osent caresser : régner sans partage sur plusieurs saisons.
Quand l'excellence individuelle épouse la puissance collective
Ce qui rend le couronnement de Putellas particulier, c'est qu'il n'est jamais détaché du succès collectif. Contrairement à certains Ballon d'Or masculins remis à des joueurs d'équipes défaillantes, celui-ci est un ornement naturel d'un projet dominant. Elle n'élève pas son équipe à elle seule ; elle en est l'expression la plus pure.
Son double trophée pose une question aux autres continents. Où sont les alternatives ? Les championnats anglais, allemand, américain ont des joueuses talentueuses, mais aucun collectif ne peut rivaliser avec le Barça actuellement. Putellas aurait probablement conquis le Ballon d'Or même avec un club moins dominant — sa qualité l'impose — mais cette symbiose entre talent personnel et force collective crée un narratif quasi irrésistible pour les votants.
Restent maintenant quelques mois avant le prochain exercice. Le Barça cherchera à conserver sa couronne. Lyon, diminuée par les départs attendus, devra se reconstruire. Et Putellas ? Elle sait qu'à 26 ans, plusieurs années fastes l'attendent encore. Le Ballon d'Or 2023 ne sera probablement pas le dernier de sa carrière.