Robert Pirès n'y va pas par quatre chemins : le PSG risque de se faire « atomiser » par Arsenal en finale de Ligue des Champions. L'ancien Gunner voit les Londoniens enfin couronnés.
Robert Pirès a osé prononcer le mot qui terrorise les supporters parisiens. Pas « défaite », non. « Atomisé ». Samedi soir à Wembley, quand le PSG et Arsenal joueront cette finale de Ligue des Champions, l'ancien ailier français des Gunners voit le scénario du cauchemar parisien : une débâcle, pas une simple contre-performance. C'est rare, quand un homme qui a porté les deux maillots se permet une telle franchise. Cela mérite qu'on y regarde de plus près.
Pourquoi Pirès y croit autant pour Arsenal ?
Robert Pirès ne sort pas cette prédiction de nulle part. L'homme qui a remporté deux Premier Leagues avec Arsenal entre 2000 et 2006 connaît l'ADN des Gunners aussi bien que personne. Et il a vu quelque chose cette saison que beaucoup d'observateurs français ont peut-être sous-estimé : une équipe qui joue, enfin, avec cette certitude tranquille des grands candidats. Arsenal ne se cherche plus. Après des années où le club londonien faisait figure de beau projet inachevé sous Mikel Arteta, voilà qu'il arrive en finale avec la sérénité des équipes qui savent qu'elles sont légitimes.
Ce n'est pas une question de palmarès — évidemment, le PSG en a plus que lui en Coupe d'Europe. C'est une question de moment, de synchronisation collective. Arsenal joue depuis trois mois sans trembler. Bukayo Saka, Martin Ödegaard, Kai Havertz : ces trois-là forment un triangle offensif qui rappelle à Pirès ce qu'il a connu à son époque. Pas pareil, mais même intensité. Même envie de mordre. Et cette ligne défensive, avec William Saliba et Gabriel Magalhaes, qui ne cède rien.
Le PSG, lui, arrive à cette finale avec une question non résolue depuis trois ans : peut-on vraiment gagner la Ligue des Champions sans avoir le jour en Ligue 1 ? Neymar n'est plus là. Mbappé aussi. Avec qui joue-t-on, exactement ? Pas un reproche, simplement une réalité. Arsenal, c'est plus lisible. Plus construit. Moins dépendant du génie improvisé d'un mec au mauvais jour.
Le PSG peut-il vraiment être « atomisé » en finale ?
Admettons : le mot « atomisé » est fort. Dramatique même. Mais quand on regarde le contexte, on comprend où Pirès veut en venir. Deux défaites sur les trois derniers matchs du PSG en Ligue 1, avec une défense qui s'effiloche. 47 buts encaissés cette saison, c'est loin d'être acceptable pour un prétendant à la couronne européenne. En comparaison, Arsenal en a pris 33. Pas dans la même galaxie défensive.
Le foot européen, c'est cruel. Une équipe qui ne défend pas bien en finale, c'est une équipe qui se prend une correction. Pas une petite. Les Londoniens n'attendent que ça : trouver de l'espace dans le dos de la ligne parisienne pour y expédier Saka ou Havertz en accélération. Le PSG aura-t-il les jambes pour suivre pendant 90 minutes ? C'est LA question de cette finale. Pas du suspense, une véritable incertitude tactique.
Arsenal, lui, sait exactement ce qu'il veut faire. Arteta ne laisse rien au hasard. Depuis quatre ans, il a construit un collectif compressé, sans blanc, sans moment où l'équipe respire. Le PSG a des joueurs. Arsenal a une machine. Entre les deux, en finale, c'est rarement égal.
Arsenal peut-il enfin être sacré après des décennies d'attente ?
Voilà 61 ans que le Gunners n'a plus remporté la Coupe d'Europe. 1963, victoire en Coupe des foires face à Anderlecht, une compétition qui n'existe plus. Arsenal a connu tellement de finales déçues, tellement de « presque ». Il y a cette défaite en 2000 contre Galatasaray, celle contre Liverpool en 2001 au premier tirage de pénalités, celle-ci en 2006 contre Barcelone qui vous laisse dans l'amertume à jamais. Une histoire d'échecs noblement portés.
Ce que Pirès voit, c'est que cette génération d'Arsenal est enfin celle qui pourrait briser la malédiction. Pas par miracle, par travail. Par sérieux. Par une construction patiente d'un football qui gagne des matchs sans brio inutile. Pas glamour comme le PSG, mais terriblement efficace. Et en finale de Ligue des Champions, l'efficacité finit toujours par gagner.
Si Arsenal sort vainqueur de Wembley — et les paroles de Pirès, ancien de la maison, résonnent comme une mise en garde sérieuse — alors ce sera une histoire de cohérence récompensée. Pas une surprise. Une confirmation que Mikel Arteta a enfin trouvé la formule. Et que le PSG, malgré tout son argent, son talent, reste bloqué dans cette malédiction européenne qui le poursuit depuis 2020.
Samedi soir, on saura si Robert Pirès était voyant ou simplement lucide.