Olivier Létang a tranché : Davide Ancelotti, fils de Carlo, devient le nouvel entraîneur du LOSC. Un choix qui tranche avec deux ans de turbulences.
Quand on tourne la page après deux saisons chaotiques, on ne cherche pas le confort du connu. Olivier Létang l'a compris en se tournant vers Davide Ancelotti. Le président lillois ne choisit pas un nom ronflant ou un rescapé des postes vacants. Il choisit la continuité d'une philosophie, celle du père Carlo, mais avec la faim d'un fils qui doit faire ses preuves. C'est un pari, oui. Mais c'est aussi une stratégie.
Pourquoi le LOSC a-t-il viré Genesio après deux ans?
Bruno Genesio n'a pas échoué par manque de technique. Il a surtout échoué à créer une dynamique durable. Deux années au LOSC, c'est suffisant pour comprendre si un projet prend ou s'effiloche. Or, depuis l'arrivée du coach lyonnais en janvier 2023, Lille n'a cessé de zigzaguer entre promesses et désillusions. Les résultats en Ligue 1 stagnent, l'ambition affichée ne se traduit pas sur le terrain, et pire encore : les cadres de l'équipe ne semblent pas portés par une vision claire.
Genesio avait hérité d'un LOSC fraîchement champion de France. Il devait consolider, progresser, préparer les défis européens. À la place, il a géré une équipe sans relief particulier, une équipe qui gagne sans convaincre, qui perd sans apprendre. Les supporters supportaient, mais l'impatience montait. Douze mois de plus, et Létang risquait de se retrouver piégé avec un technicien trop installé mais pas assez efficace. Le président nordiste a préféré le coup de pied décisif.
Le départ n'est donc pas un drame. C'est une admission : il fallait autre chose. Il fallait quelqu'un capable de galvaniser, d'imposer une culture de travail différente, d'instiller cette mentalité gagnante que Lille a perdue au fil des mois.
Qui est vraiment Davide Ancelotti pour le LOSC?
Voilà le mystère que se posent les supporters. Davide Ancelotti n'est pas un inconnu en Europe, mais il n'est pas non plus une superstar. À 43 ans, il arrive avec un CV respectable : il a entraîné l'Everton en Premier League pendant trois ans, a passé par Cremonese en Italie, connaît les exigences d'une compétition d'élite. Surtout, il a grandi à côté du meilleur entraîneur de sa génération. Son père, Carlo Ancelotti, c'est quatre Ligues des champions, c'est une philosophie tactique reconnaissable entre mille, c'est une capacité à gérer les égos sans jamais élever la voix.
Davide a-t-il hérité de cette génétique? C'est la vraie question. Pendant trois saisons à Everton, il a montré des qualités : de la rigueur défensive, une organisation solide, une capacité à survivre dans un championnat sans pitié. Mais il n'a pas révolutionné grand-chose. Everton, c'est resté Everton : une équipe qui joue, qui a des moments, mais sans domination véritable. Le bilan, c'est 63 victoires en 171 matchs. Respectable, pas spectaculaire.
Ce qui fascine Létang, c'est peut-être justement cette discrétion combinée à une stabilité. Pas de grandes gueules, pas de polémiques inutiles, une approche très centrale-européenne du métier. Et puis il y a ce héritage paternel : à Lille, on espère secrètement que Davide a appris quelques secrets dans le vestiaire milanais ou madrilène. Qu'il sait comment transformer une bonne équipe en équipe de compétiteurs.
Le LOSC peut-il vraiment se reconstruire avec un nouveau coach?
L'honnêteté oblige à le dire : changer d'entraîneur, ce n'est pas une baguette magique. Ancelotti junior héritera d'un effectif qu'il devra d'abord comprendre, puis transformer. Le LOSC dispose de joueurs intéressants, mais pas d'armada écrasante. C'est une équipe de Ligue 1, pas une candidate déclarée à la Ligue des champions, malgré le label européen français.
Les trois premières semaines seront cruciales. Ancelotti doit imposer immédiatement ses codes. Comment? En remettant de l'ordre. En éliminant cette passivité qui avait caractérisé les derniers mois avec Genesio. En montrant qu'à Lille, on revient à l'ambition assumée, celle de 2020-2021, saison du titre.
Olivier Létang n'a pas pris Ancelotti pour les trois mois. Il l'a pris pour trois ou quatre années, c'est-à-dire un vrai projet de reconstruction. Le défi du nouvel entraîneur lillois, c'est de prouver que le nom Ancelotti veut dire quelque chose à Lille également. Pas que du prestige en héritage. De la substance.
L'arrivée de Davide Ancelotti à la tête du LOSC marque un tournant. Pas celui que les supporters attendaient peut-être (on pensait à un Carlo bis, ou à un Blanc), mais celui dont le club avait besoin : un coup de frein, une réinitialisation, et surtout une nouvelle direction. Les prochains mois diront si c'était la bonne.