Après Gordon, le Barça vise Julián Alvarez avec une offensive massive. Pendant ce temps, Mourinho s'apprête à débarquer à Benfica et Neymar sème le doute avant la Coupe du monde.
Gordon n'était que l'apéritif. Pendant que les premiers intéressés digèrent l'arrivée fracassante d'Anthony Gordon à Barcelone, le club catalan affûte déjà ses armes pour un second coup de force sur le marché. Julián Alvarez est dans le collimateur. Pas discrètement. Pas comme une simple sonde. Non, Barcelone prépare une offre que Manchester City ne pourra ignorer, une vraie démonstration de force financière dans un hiver où tous pensaient les Catalans lessivés. Voilà qui change la donne du mercato européen en quelques jours.
Comment le Barça peut-il se permettre pareille folie d'achats ?
La question taraude les observateurs depuis le coup de tonnerre Gordon. Barcelone, réputée exsangue, criblée de dettes, incapable de prolonger ses propres tauliers... et puis d'un coup, elle revient en fanfare sur le marché. C'est qu'il y a eu du mouvement en coulisses. Les ventes d'actifs, les refinancements astucieux, les départs (Gundogan, Lewandowski dans les tuyaux), tout cela a libéré des espaces dans le fair-play financier. Laporta n'a jamais aimé rester spectateur : il aime faire du bruit, imposer son projet, rappeler que Barcelone reste un géant même quand les projets scintillent ailleurs.
Alvarez, c'est une cible intelligente. L'Argentin de Manchester City n'a pas explosé comme on l'augurait. 48 apparitions en deux saisons et demi, un sentiment de sous-utilisation malgré le talent indéniable. Un attaquant complètement formé, à 25 ans, dans la force de l'âge. Pas du croustillant dès le jour un, mais du savoureux à coup sûr. Le Barça sait que City est vendeur quand le prix convient. Et quand Barcelone montre les muscles financiers, les portes s'ouvrent.
Mourinho peut-il vraiment remettre sur les rails Benfica en chute libre ?
De l'autre côté de l'Europe, une autre pièce du puzzle mercato se met en place. Le Real Madrid a trouvé son accord avec José Mourinho pour reprendre les rênes de Benfica. Voilà un personnage qui ne passe jamais inaperçu. Le Special One pose ses valises à Lisbonne, où le projet a perdu de sa superbe malgré les talents massifs du groupe. Trois titres en quatre ans, c'était la trajectoire. Aujourd'hui, c'est l'inquiétude qui domine le Estádio da Luz.
Pourquoi Madrid laisserait-elle partir Mourinho sans que son propre projet soit verrouillé ? Parce qu'il y a clairement des tensions, des envies de nouveau départ chez le tacticien portugais qui a besoin de susciter l'effervescence autour de lui. Benfica, c'est le défi qui l'excite : un club aux ressources énormes mais à la dérive sportive, une nation qui le réclame, un contexte où il peut bâtir quelque chose. Mourinho à Lisbonne, c'est un gamble, certes, mais un gamble calibré pour un entraîneur qui aime prouver qu'il peut renaître de ses cendres. Madrid laisse filer, mais c'est une bonne affaire pour tout le monde : Mourinhouest libéré, Madrid garde la main sur ses projets futurs.
Neymar peut-il vraiment rassurer le Brésil avant le grand rendez-vous ?
Pendant ce temps, Neymar agite les esprits au Brésil. L'attaquant du PSG revient en sélection avec des signaux mitigés. Les blessures, les doutes sur sa capacité à porter tout un projet, les questions sur sa mentalité en grand événement. La Coupe du monde approche, et voilà que le grand absent brille par... son absence puis refait surface quand il y a quelque chose à prouver. Le scénario récurrent. 176 sélections, 80 buts, mais pas une Coupe du monde à lui seul, et ça ça pèse lourd dans les cœurs jaunes.
Ce que Neymar fait trembler chez les Brésiliens, ce n'est pas son absence de talent. C'est l'incertitude. Peut-il être au rendez-vous ? Peut-il supporter le poids de la Canarinha ? Peut-il enfin livrer quand tout le pays regarde ? Trois questions qui résument une carrière de prestige entaché par le doute au moment des vraies batailles. Lui le sait, les sélectionneurs le savent, et le public brésilien aussi.
Le mercato s'accélère donc sur trois fronts différents mais interconnectés : l'ambition gargantuesque de Barcelone qui refuse de baisser les bras, la reconfiguration des forces en Portugal avec Mourinho, et les derniers ajustements des nations qui se préparent pour les grands rendez-vous. Trois histoires qui raconteront l'hiver du football à ceux qui savent les lire. Le spectacle continue, plus féroce que jamais.