Après ses victoires aux championnats U17 et U19 plus la Coupe Gambardella, le Paris Saint-Germain a été officiellement sacré meilleur centre de formation de France par la FFF.
Trois titres en une saison, c'est rare. Trois titres qui concernent la formation, c'est encore plus rare pour un club français. Et pourtant, voilà où en est le Paris Saint-Germain : avec le championnat U17, le championnat U19 et la Coupe Gambardella au palmarès, le club de la capitale vient de recevoir le trophée de meilleur centre de formation de France décerné par la Fédération Française de Football. Un sacre logique, naturel presque, mais qui pose quand même la question qu'on se pose tous : comment un seul club peut-il être à ce point dominant dans sa catégorie ?
Quand les jeunes parisiens font la loi
C'est un raz-de-marée. À chaque niveau, du plus jeune au moins jeune, le PSG impose ses jeunes. Le championnat U17, d'abord, c'est celui où les gamins commencent à peine à ressembler à des footballeurs. Où les différences physiques jouent encore énormément. Où la technique doit transcender l'athlétisme brut. Le PSG le gagne. Le championnat U19, ensuite, c'est le vivier direct des équipes premières, celui où les observateurs des grands clubs affûtent leurs jumelles. Le PSG le gagne aussi. Alors oui, statistiquement, trois coupes nationales en un exercice, c'est dominant.
Mais voilà ce qui frappe vraiment en regardant comment le PSG en est arrivé là : ce n'est jamais un coup de génie isolé, jamais une génération miracle qui arrive par hasard. C'est une machine, une vraie. Une machine à dépister, à former, à progresser. Le centre de formation du club, situé à Poissy, n'est plus depuis longtemps une simple pépinière. C'est devenu un laboratoire. Des entraîneurs français, des entraîneurs étrangers, des préparateurs physiques qui savent ce qu'est la progression individuelle, des techniciens qui épluent les vidéos comme d'autres lisent les journaux.
Et puis il y a l'argent, bien sûr. Le PSG a les moyens de financer tout cela, de payer les meilleurs coachs, de s'offrir les meilleures structures. Mais ça, les autres clubs de Ligue 1 le savent aussi. Marseille, Bordeaux, Rennes, même Lyon avant son déclin : ils ont tous des moyens correctement substantiels. Sauf que le PSG, lui, a compris une chose que beaucoup d'autres traînent à admettre. La formation, ce n'est pas un supplément d'âme, un truc sympa pour montrer qu'on a une conscience citoyenne. Non. C'est une arme compétitive.
La FFF valide ce qui était déjà une évidence
Disons-le : le trophée de meilleur centre de formation décerné par la Fédération, c'est un acte officiel qui confirme une réalité qu'on voyait venir depuis des années. Quand un club engrange des titres aux différents paliers de formation, il n'est vraiment pas surprenant qu'on lui remette un prix pour ça. C'est logique, c'est mécanique. La FFF reconnaît simplement ce qu'il s'est passé sur les terrains.
Ce qui devient intéressant, c'est de se demander ce que cela signifie pour les cinq ou dix prochaines années. Ces jeunes qui viennent de rafler les coupes de France, certains vont monter à l'équipe première. Certains vont faire des cartons, d'autres vont disparaître. C'est ainsi. Mais le PSG sait maintenant avec certitude que son tuyauterie fonctionne. Qu'on peut dépister de bon œil, qu'on peut mettre en place des programmes d'entraînement cohérents, qu'on peut transformer des gamins de quatorze-quinze ans en athlètes de haut niveau.
Il y a un détail qui mérite qu'on s'y arrête : la Coupe Gambardella, c'est la coupe des amateurs et des semi-pro. C'est celle où les clubs plus modestes peuvent vraiment embêter les géants. Que le PSG la remporte, ça dit quelque chose sur la profondeur de son investissement. Ce n'est pas juste du luxe au sommet, c'est du renforcement sur toute la chaîne.
Un appétit de jeunesse qui inquiète les autres
Regardez ce qui s'est passé chez les jeunes français ces dix dernières années. Le PSG a produit Mbappé (bon, d'accord, Bondy ce n'était pas Poissy, mais l'écosystème parisien y a contribué). Il a eu Thiago Silva enfant, puis junior, puis le plus beau défenseur du monde. Cavani a été passé par ses sélections jeunes. Aujourd'hui, vous avez au moins cinq ou six jeunes dans l'académie qui ont des réelles chances d'émerger dans les trois-quatre prochaines saisons.
Et c'est là que les autres clubs français doivent vraiment commencer à transpirer. Pas parce que le PSG gagne des coupes de jeunes — c'est une fierté d'académie, rien de plus. Mais parce que chaque talent formé à Poissy, c'est un talent qui ne se forme pas à Rennes ou à Bordeaux ou à Nice. C'est une dynamique de concentration de ressources qui, à force de se reproduire, finit par créer un monopole de fait.
Quelques générations comme celle-ci, et on se demandera sérieusement si les jeunes talents français ont d'autres options viables que de grandir à Paris. Ce n'est pas bon pour la Ligue 1 dans son ensemble. Ce n'est pas bon pour l'équilibre compétitif. Mais c'est un problème pour demain, pour la Fédération et pour les clubs qui ont décidé de ne pas aussi généreusement investir dans leurs académies.
En attendant, le PSG lève son trophée de meilleur centre de formation de France. C'est mérité. C'est aussi un signal d'alarme.