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Football

Rongier brise le silence sur les cambriolages qui ont traumatisé les joueurs de l'OM

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

L'ex-milieu de l'Olympique de Marseille Valentin Rongier révèle l'ampleur des cambriolages subis par les joueurs du club, un sujet longtemps tu qui empoisonnait le quotidien du vestiaire.

Rongier brise le silence sur les cambriolages qui ont traumatisé les joueurs de l'OM

« On rentre chez soi et la maison a été visitée. » Ce genre de phrase, Valentin Rongier l'a prononcée sans détour, avec cette franchise qui a toujours caractérisé le milieu de terrain natif de Sainte-Luce-sur-Loire. Six ans après son arrivée sur la Canebière, et quelques mois après un départ de l'Olympique de Marseille qui s'est mal passé — le joueur n'a pas caché son amertume face à la gestion de son cas par la direction —, Rongier a choisi de parler. De tout. Y compris de ce sujet que peu osaient aborder publiquement : les cambriolages à répétition qui ont ciblé les joueurs de l'OM pendant des années.

Pourquoi les joueurs de l'OM ont-ils vécu dans la peur à Marseille ?

Le constat est brutal. Selon les révélations de Rongier, plusieurs membres du vestiaire marseillais ont été victimes de cambriolages au cours de la période 2019-2025, certains à plusieurs reprises. Des faits qui ne se limitaient pas à de simples effractions opportunistes, mais qui semblaient cibler précisément les footballeurs professionnels, leurs adresses, leurs habitudes, leurs absences lors des matchs à l'extérieur.

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Le profil des victimes n'était pas anodin. Quand une équipe de Ligue 1 se déplace pour un match en semaine, les maisons sont vides. Les cambrioleurs le savent. À Marseille, selon nos informations, ce phénomène a pris une ampleur suffisante pour que certains joueurs envisagent de ne plus résider dans certains secteurs de l'agglomération, ou investissent massivement dans des systèmes de sécurité privés. Des gardes, des caméras, des alarmes. Le tout à leurs frais.

Rongier, qui a disputé plus de 150 matchs sous le maillot olympien, décrit une atmosphère pesante. Pas celle d'un vestiaire fracturé sportivement, mais celle d'hommes qui rentraient chez eux avec une boule au ventre après chaque déplacement. Ce stress permanent a eu un impact réel sur le quotidien des joueurs et de leurs familles, à en croire l'entourage de plusieurs anciens du club.

Le club a-t-il vraiment protégé ses joueurs face à ces menaces ?

C'est là que le témoignage de Rongier devient le plus gênant pour l'institution. L'ancien numéro 21 de l'OM n'épargne pas le club sur ce point. Sans accuser directement la direction d'une faute grave, il laisse entendre que la réponse institutionnelle n'a pas été à la hauteur de l'ampleur du problème. Pas assez de soutien logistique, pas assez de coordination avec les forces de l'ordre locales, pas assez de communication interne pour aider les joueurs à sécuriser leur environnement.

Ce silence institutionnel n'est pas une surprise pour ceux qui suivent l'OM de près. Le club phocéen a longtemps fonctionné selon une logique où les affaires internes restaient internes, parfois au détriment des individus. La gestion du départ de Rongier lui-même en est une illustration : selon ses propres mots, il n'a pas été traité avec le respect dû à un joueur ayant donné six saisons de sa vie au club, traversé une rupture des ligaments croisés, et maintenu un niveau d'engagement constant malgré les turbulences sportives et extrasportives.

À titre de comparaison, d'autres clubs de l'élite européenne ont mis en place des cellules de sécurité dédiées à leurs effectifs, avec des référents policiers et des protocoles clairs en cas d'incident. À Marseille, ville dont le taux de cambriolages reste structurellement plus élevé que la moyenne nationale, la question méritait une réponse organisée. Elle n'est visiblement pas venue, ou trop tard.

Quel impact ces révélations ont-elles sur l'image de l'OM et de Marseille ?

La sortie de Rongier intervient dans un contexte particulier. L'OM de Roberto De Zerbi tente de se reconstruire sportivement, avec un projet ambitieux porté par des recrues coûteuses et une volonté affichée de retrouver l'Europe de haut niveau. La dernière participation marseillaise à la Ligue des Champions remonte à 2020, et le club cherche à restaurer son attractivité auprès des joueurs de premier plan.

Or, les témoignages sur les conditions de vie à Marseille — cambriolages, insécurité, pression permanente sur les familles — font partie des arguments que les agents sortent régulièrement lors des négociations. Ce n'est pas un secret dans le milieu. Plusieurs dossiers de recrutement auraient achoppé, ces dernières années, non pas sur les chiffres du contrat mais sur la réticence de certains joueurs ou de leurs proches à s'installer dans la cité phocéenne.

Rongier, lui, aime Marseille. Il l'a dit. Mais aimer une ville et fermer les yeux sur ses réalités sont deux choses différentes. Son témoignage, s'il tranche avec la langue de bois habituelle des footballeurs professionnels, rend service à tout le monde : aux supporters qui méritent la vérité, aux futurs joueurs qui ont le droit de savoir dans quoi ils s'engagent, et au club lui-même, qui ne peut pas avancer sans affronter ses propres manquements.

Selon nos informations, d'autres joueurs ayant évolué à l'OM sur cette période auraient vécu des situations similaires, mais peu sont prêts à en parler publiquement, par peur des représailles symboliques ou juridiques. Rongier, lui, n'a plus rien à perdre dans ce registre. Six ans, plus de 150 apparitions, une rupture des ligaments croisés surmontée avec courage, et un départ bâclé. Il parle, et c'est son droit le plus strict.

Reste à savoir si la direction actuelle de l'Olympique de Marseille, emmenée par Pablo Longoria, prendra la peine de répondre à ces accusations ou choisira, une fois de plus, le silence. Dans un club qui se targue de transparence et d'ambition retrouvée, ignorer le témoignage d'un joueur emblématique de l'ère récente serait une erreur. Le mercato estival approche, et chaque parole non démentie devient un argument de plus dans la bouche des agents qui hésitent à envoyer leurs clients sous le soleil de la Canebière.

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