Absent près de trois mois, le milieu espagnol a fait son retour face à Lyon. Une bouffée d'air frais pour Paris, malgré la défaite 1-2.
Trois mois. C'est le temps qu'il a fallu à Fabián Ruiz pour retrouver les pelouses de Ligue 1. Et si le PSG s'est incliné dimanche soir au Parc des Princes face à l'Olympique Lyonnais sur le score de 1-2, la soirée a quand même livré une image que le club de la capitale attendait avec impatience : le retour en forme de l'international espagnol, qui a rassuré son entourage autant que son staff technique.
Le fantôme du Parc retrouve enfin ses couleurs
Il avait disparu des radars en début d'année, victime d'une blessure musculaire qui l'avait contraint à regarder ses coéquipiers depuis les tribunes pendant près de trois mois. Fabián Ruiz, 28 ans, n'est pas un joueur comme les autres dans le système parisien. Milieu de terrain capable de dicter le tempo et de peser dans les deux surfaces, il manquait cruellement à Luis Enrique depuis sa sortie prématurée. Selon nos informations, le staff médical avait pris toutes les précautions nécessaires avant de le relancer, refusant de brusquer sa reprise malgré la pression du calendrier.
Face à Lyon, il est entré en jeu avec cette aisance technique qui le caractérise. Pas encore à 100 % de ses capacités physiques, mais suffisamment affûté pour faire la différence dans les combinaisons parisiennes. À en croire son entourage, l'Espagnol lui-même était impatient de retrouver le rectangle vert, lui qui vit très mal les périodes d'inactivité forcée.
La Fédération espagnole, elle, n'a pas tardé à réagir. Les sélectionneurs et observateurs de la Roja suivent de près l'évolution du natif de Los Barrios, conscients que sa forme au PSG conditionne directement sa place dans les plans de Luis de la Fuente. Un retour réussi à Paris, c'est un ticket potentiel pour les prochaines échéances internationales.
Une défaite qui fait mal mais une lumière dans le tunnel
Le résultat, lui, est douloureux. Lyon s'impose 1-2 au Parc, un scénario qui complique la course au titre pour les hommes de Luis Enrique. La Ligue 1 reste serrée au sommet et chaque point lâché à domicile pèse lourd dans la balance. Ce revers face à l'OL intervient dans une séquence délicate pour Paris, qui ne peut pas se permettre de laisser filer ses concurrents dans la course au championnat.
Pourtant, dans le vestiaire parisien, c'est bien la note positive qui a dominé les discussions selon plusieurs sources proches du groupe. Le retour de Fabián Ruiz change réellement la physionomie du milieu de terrain parisien. Sans lui, Luis Enrique a souvent manqué d'un relayeur capable d'associer percussion et élégance technique. Vitinha et Zaïre-Emery ont tenu la barque avec sérieux, mais le triangle du milieu n'atteignait pas sa pleine puissance sans l'Espagnol.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Depuis le début de saison, le PSG affiche un taux de possession moyen supérieur à 62 % quand Fabián est dans le onze de départ, contre moins de 58 % lors de ses absences. Une statistique qui illustre mieux que n'importe quel discours l'influence réelle du milieu sur le jeu collectif parisien. Sa capacité à conserver le ballon sous pression et à trouver des lignes de passe entre les lignes est une denrée rare, même à ce niveau.
L'Espagne guette, Paris espère
Au-delà du PSG, c'est toute la sphère footballistique espagnole qui scrute ce retour avec attention. Fabián Ruiz s'est imposé comme un titulaire indiscutable de la Roja lors des derniers grands tournois, couronnés par le sacre à l'Euro 2024 en Allemagne. Sa prestation face au Paris Saint-Germain — ironiquement contre son propre club en phase de groupes de Ligue des Champions la saison passée — avait marqué les esprits. Depuis, il est l'un des profils les plus précieux du football espagnol, ce milieu moderne qui peut tenir tous les rôles sans jamais perdre sa boussole technique.
Luis de la Fuente a besoin de lui. Les prochaines fenêtres internationales approchent et la concurrence au milieu de terrain est sévère dans cette génération dorée espagnole. Pedri, Dani Olmo, Rodri quand il sera lui-même remis de sa longue blessure au genou — le niveau d'exigence pour s'installer dans le onze de la sélection est vertigineux. Chaque match raté avec son club est une opportunité perdue de peser dans les choix du sélectionneur.
À en croire l'entourage du joueur, Fabián Ruiz aborde cette reprise avec un état d'esprit conquérant. La blessure, vécue comme une parenthèse frustrante, l'aurait même renforcé mentalement. Il connaît sa valeur, il sait ce qu'il apporte. Il lui reste désormais à enchaîner les matchs, à retrouver son rythme de compétition, et à faire taire définitivement les doutes sur son physique.
Pour le PSG, les semaines qui viennent seront déterminantes. Entre les enjeux en Ligue 1 et les ambitions européennes du club — toujours présent dans la course en Ligue des Champions —, Luis Enrique va devoir gérer minutieusement la montée en charge de son milieu espagnol. Trop solliciter Fabián trop vite serait une faute professionnelle. Mais le laisser sur le banc alors que l'équipe en a besoin serait tout aussi risqué. L'équilibre sera délicat à trouver. Et c'est précisément là que se joue souvent une saison entière.