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Football

Ligue 1 - la 33e journée chamboulée, le multiplex perd du terrain

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

La LFP révolutionne sa grille TV pour l'avant-dernière journée. Le dimanche 10 mai, le multiplex historique survit, mais les équilibres changent. Enquête sur cette réorganisation qui agite les clubs.

Ligue 1 - la 33e journée chamboulée, le multiplex perd du terrain

Le multiplex du dimanche, c'est l'ADN de la Ligue 1 depuis des décennies. Sauf que cette année, à trois journées de la fin, la Ligue de football professionnel a décidé de secouer les habitudes. La 33e journée, programmée le 10 mai, ne ressemble pas aux autres. Et ça dérange.

Oui, le multiplex survit. Mais à quel prix? Selon nos informations, la LFP a dû négocier serré avec les chaînes pour maintenir ce format que les fans adorent et que les bookmakers détestent. L'équilibre entre les intérêts télévisuels et l'intégrité sportive tient à un fil plus fin que jamais.

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Un dimanche sans simultanéité, l'exception qui devient règle

Pendant des années, le multiplex du dimanche c'était sacré : tous les matchs à 17 heures, écrans d'écrans, suspense maximal. Les cotes des bookmakers explosaient, les salons se remplissaient de supporteurs anxieux, les bars ne désemplissaient pas. Mais cette 33e journée casse le moule. Une partie seulement des rencontres sera jouée simultanément, tandis que d'autres bénéficieront de créneaux décalés pour répondre aux exigences des diffuseurs.

La raison? Les contrats TV évoluent. France Télévisions, Amazon Prime et DAZN ne raisonnent plus sur le même tempo. Les chaînes premium réclament des matchs en première partie d'après-midi, les autres veulent l'accès aux gros affiches en fin de soirée. Résultat : la programmation ressemble désormais à un puzzle géant où chaque pièce doit s'emboîter parfaitement.

Pour cette 33e journée, le dimanche 10 mai restera partiellement un multiplex, mais ce sera loin du format classique qu'on connaît. Les clubs de haut de tableau risquent de jouer en décalé, quand les équipes en lutte pour la relégation auront droit à l'heure de pointe. C'est l'inverse de ce qui devrait se passer pour garantir l'équité sportive, mais la télé paie, donc la télé commande.

Les diffuseurs tirent les ficelles, les clubs subissent

Depuis que les droits TV de la Ligue 1 se sont envolés à 615 millions d'euros par saison en moyenne, le rapport de force a basculé. Les clubs pensaient que cet argent les rendrait puissants. C'est l'inverse : ils sont devenus les figurants d'une pièce de théâtre écrite par les chaînes. Et cette 33e journée l'illustre crûment.

Les équipes en titre ou engagées en Ligue des champions auront leurs matchs décalés. Pourquoi? Parce qu'un Marseille-PSG ou un AS Monaco en soirée, c'est plus sexy pour les audiences que deux clubs de milieu de tableau à 15 heures. Les dirigeants de province crient au scandale, mais personne ne les écoute. Les gros clubs, eux, s'accommodent. Ils ont l'habitude.

La LFP aurait aimé clamer haut et fort son indépendance. Au lieu de cela, elle valide chaque année un peu plus l'hégémonie des diffuseurs. Il y a trois ans, encore, on parlait d'une vraie bataille pour redynamiser l'avant-dernière journée de saison. Une journée cruciale, potentiellement décisive pour les titres et les descentes. Aujourd'hui, cette journée est devenue un buffet à volonté pour les chaînes, qui picorent les meilleurs créneaux sans se soucier de la logique sportive.

Un exemple chiffré : sur les cinq dernières saisons, plus de 60% des décalages programmés concernaient les équipes éligibles pour les coupes européennes. Les clubs qui se battaient contre la relégation, eux, ont joué leurs matchs à des heures où peu de gens regardaient. C'est un détail qui dit tout.

La bataille des places, sous les projecteurs décalés

Cette 33e journée arrive à un moment charnière. D'habitude, à deux journées de la fin, tout est bouclé : le champion est sacré, les relégués sont connus. Mais cette saison-ci pourrait être différente. L'incertitude règne dans trois ou quatre positions clés, ce qui aurait dû plaider pour un multiplex sans compromis.

Et c'est justement ce qui rend cette décision stupide aux yeux des puristes. Un Lyon qui pourrait jouer le podium contre un Rennes en quête de survie, un Nantes face à un gros club que tout le monde veut voir : voilà le genre de configurations qu'on devrait protéger. Or, la programmation TV transforme ces drames sportifs en simples émissions de divertissement, programmables selon le bon vouloir des responsables d'antenne.

Les joueurs s'en fichent, ou presque. Ils joueront quand on leur dit de jouer. Les supporteurs, eux, doivent s'adapter à des horaires qui changent chaque semaine, ce qui tue progressivement la culture du multiplex du dimanche. Et pendant ce temps, les Anglais avec leur Premier League gardent intacte la tradition des 15 heures du samedi, quels que soient les enjeux.

La LFP promet qu'il s'agit d'une solution temporaire, une adaptation nécessaire aux nouvelles réalités du marché. Mais chaque "temporaire" laisse des cicatrices. Dans deux ou trois ans, on ne se souviendra même plus qu'il y eut une époque où la Ligue 1 avait les couilles de programmer ses matchs sans demander la permission à Amazon.

Pour cette 33e journée, la mise au jeu aura lieu comme prévu le 10 mai. Mais déjà, les regards se tournent vers la dernière journée, la plus importante. Quelle sera sa programmation? Qui décidera, vraiment? La question qui fâche ne semble toujours pas trouver de réponse.

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