Eliot Matazo a rechuté sur blessure dès son retour à la compétition samedi face à Charlton. Le milieu de Monaco, prêté à Hull City, traîne une malédiction physique terrifiante.
Huit mois. C'est tout ce qu'il a fallu pour que la malédiction frappe de nouveau. Eliot Matazo était de retour samedi contre Charlton Athletic après une première rupture des ligaments croisés, et il s'est à nouveau rompu les ligaments croisés en moins de trois quarts d'heure de jeu. Hull City vient de perdre bien plus qu'un joueur ce week-end : un symbole vivant du malheur dans le football anglais.
Le milieu offensif monégasque, prêté aux Tigers depuis janvier, était enfin censé pouvoir aider son équipe à remonter en Premier League. Après quatre mois de rééducation, de doutes et de travail acharné à la clinique, il poussait enfin la porte du vestiaire comme titulaire. Matazo a joué quarante minutes samedi à The Valley avant de sentir son genou le lâcher une deuxième fois. Le même. Le même genou qui l'avait déjà immobilisé en septembre après seulement cinq rencontres en Championship.
L'entraîneur de Hull City, Liam Rosenior, affichait une sérénité quasi zen en conférence de presse d'après-match. « Nous verrons ce que disent les examens », a-t-il déclaré, mais le ton ne trompait pas : tout le monde savait déjà. Les joueurs Hull savaient. Les soigneurs savaient. Et Matazo ? Il le savait aussi, assis sur le banc de touche, la main sur le visage, pendant que le cauchemar se rejouait en boucle dans sa tête.
Quand le calendrier devient un ennemi
La question que personne n'ose poser à voix haute germe depuis quelques jours dans les couloirs de Hull City Stadium : est-ce qu'un joueur peut vraiment rester structurellement fragile après deux ruptures du même ligament en moins d'une année ? Médicalement, oui. Psychologiquement ? C'est moins certain.
Matazo, formé à Monaco, était arrivé en Championship comme une promesse : un gaucher dynamique, capable de faire la différence sur les côtés, qui pouvait justement aider Hull à revenir dans l'élite. Le club anglais avait payé un prêt attractif pour le récupérer en hiver, estimant que le joueur était un élément clé du projet. En trois matchs et demi, il avait montré des choses. Vraiment.
Puis septembre s'est transformé en cauchemar. Puis octobre. Puis novembre, décembre, janvier, février, mars. Voilà cinq mois que le milieu passait ses journées sur un vélo stationnaire, en salle de musculation, en piscine, en consultation chez le kinésithérapeute. Cinq mois à regarder ses coéquipiers jouer sans lui, à suivre les matchs sur un écran, à visualiser mentalement son retour.
Et samedi, après quarante minutes, c'était fini. De nouveau.
Ce qui terrifie vraiment dans ce scénario, c'est la vitesse de récidive. Habituellement, les joueurs qui se rompent les ligaments croisés réussissent à revenir, certes avec un risque accru, mais pas en trois matchs. Pas en quarante minutes. Cela suggère soit que la rééducation n'était pas complète, soit que le genou n'était structurellement pas prêt, soit — et c'est peut-être le plus grave — que Matazo n'était pas psychologiquement confiant dans son corps.
Un joueur qui doute, c'est un joueur qui se fait mal. Inconsciemment, naturellement, tragiquement.
Hull City piégée dans une spirale internetable
Pour les Tigers, c'est un coup de massue. Hull occupe la 5e place de Championship et n'a jamais été aussi proche du retour en Premier League. Rosenior a construit quelque chose ici — une dynamique, une confiance collective, une vraie identité. Matazo devait en être le piment, l'étincelle créative que beaucoup d'équipes de Championship réclament à cor et à cri.
Maintenant, il faudra probablement envisager une nouvelle intervention chirurgicale. Les examens vont l'établir, mais le scénario classique après une deuxième rupture, c'est chirurgie plus rééducation plus patiente attente. Nous parlons de quatre, peut-être cinq mois de travail minimum. Une fois de plus.
Ce qui complique encore le dossier pour Hull : Matazo est en prêt. Monaco conserve le contrôle. Si sa valeur de marché s'effondre — ce qui ne manquera pas de se produire après deux LCA en dix mois — qui voudra d'un joueur potentiellement fragilisé pour longtemps ? Qui paiera le prix ? Et surtout, pourquoi Matazo voudrait-il continuer dans cet enfer?
- 2 ruptures des ligaments croisés en 10 mois pour Eliot Matazo
- 40 minutes seulement de son retour face à Charlton Athletic samedi
- 5e place de Hull City en Championship, 1er retour en Premier League
- 4-5 mois probables de nouvelle rééducation et convalescence
L'histoire de Matazo, c'est aussi celle de Hull City qui rêve d'élite mais voit ses plans s'écrouler sur le terrain. C'est celle d'un joueur qui ne peut plus faire confiance à son propre corps. C'est celle du football anglais impitoyable, où vous avez une chance, puis deux, rarement trois. Pour Hull, la vraie question n'est plus « quand Matazo reviendra-t-il ? » mais « aura-t-il jamais vraiment l'occasion de revenir ? »