L'ailier algérien de Feyenoord, révélation de la saison aux Pays-Bas, fait l'objet d'une bataille acharnée entre Marseille et Lille. Deux clubs de Ligue 1 prêts à tout pour l'accueillir.
Anis Hadj-Moussa n'a pas fini sa saison à Feyenoord que déjà deux mastodontes français se l'arrachent. L'ailier algérien de 24 ans, auteur d'une campagne remarquée en Eredivisie, est devenu en quelques mois l'une des pièces maîtresses du marché européen. L'OM et le LOSC se battent férocement pour ses services, conscients que le timing est crucial : celui qui bougera en premier pourrait bien sécuriser le dossier.
À Rotterdam, Hadj-Moussa a grandi différemment des autres. Pas de prodige précoce vantardisant sur les réseaux, pas de formation dans les académies de prestige. Juste un mec qui s'est construit à la dure, match après match, en Ligue 2 d'abord avec Grenoble, puis en Eredivisie. Il aura fallu trois saisons à Feyenoord pour que son profil attire vraiment les regards. Cette année, c'est différent. Les chiffres sont là : progression visible en termes de débits, capacités défensives honorables, une présence constante sur le flanc gauche qui ravit les observateurs.
Une saison qui change tout
Feyenoord n'a pas remporté le titre cette saison, mais Hadj-Moussa s'est imposé comme l'un de ses hommes de confiance. Les statistiques offensives ne crèvent pas l'écran, ce n'est pas le point fort, mais sa constance en position défensive et son apport dans la circulation du jeu ont marqué les recruteurs marseillais et lillois qui ont suivi le dossier de près cette année. À 24 ans, il possède cette qualité rare : la maturité d'un joueur établi avec le potentiel d'progression d'un talent encore en cours de formation.
L'OM voit en lui une solution pour renforcer son flanc gauche, poste où les problématiques défensives se posent régulièrement. De Zerbi, malgré les débuts encourageants, n'a pas trouvé sa stabilité tactique. Hadj-Moussa représente une opportunité pour apporter du sang neuf, une alternative à la grosse armada offensive marseillaise. Lille, de son côté, cherche à construire un projet à moyen terme sans dépenser des fortunes. L'Algérien incarne parfaitement ce profil : un joueur capable de s'améliorer encore, pas ruiné financièrement, et susceptible de peser immédiatement en Ligue 1.
Ses agents ont déjà engagé les discussions dans les deux clubs. Selon l'entourage du joueur, les négociations progressent à vitesse de croisière, mais aucun accord n'a encore été bouclé. Feyenoord fixe des demandes relativement raisonnables autour de 15 à 20 millions d'euros, un prix qui reste accessible pour les deux prétendants français.
L'histoire d'un parcours sans détour
Hadj-Moussa n'a pas suivi le chemin classique des pépites algériennes qui éclosent en Europe. Longtemps resté dans l'ombre aux yeux des grands recruteurs, il a dû attendre ses 21 ans pour vraiment trouver une structure stable capable de l'exploiter. Feyenoord a vu quelque chose, a pris son temps, a permis au joueur de progresser tranquillement. Ce n'est pas négligeable : trop de talents algériens arrivent en Europe sans vraie préparation mentale, sans expérience véritable du jeu européen.
La nationalité algérienne n'est pas un obstacle pour l'OM, au contraire. Le club phocéen a toujours entretenu des liens forts avec l'Afrique du Nord, et ses supporters apprécient ce type de profil. Du côté de Lille, c'est moins prégnant mais le LOSC ne rechigne jamais à enrôler des profils originaux si la qualité est au rendez-vous. Ce qui compte vraiment, c'est que le joueur ait montré les preuves de sa valeur sur le terrain.
Hadj-Moussa les a fournies. En Eredivisie, face à des équipes souvent physiques et exigeantes tactiquement, il a tenu bon. Ce n'est pas le même niveau que la Premier League ou la Bundesliga, certes, mais c'est un creuset respectable pour évaluer un arrière latéral à la recherche d'amélioration continue.
Le dénouement approche, l'été sera décisif
L'OM aimerait accélérer les choses. Le club marseillais sait qu'il doit combler plusieurs lacunes cet été et Hadj-Moussa figure parmi les solutions envisagées. Pas une priorité absolue, mais une opportunité que les dirigeants phocéens ne veulent pas rater. Lille, plus patient, joue aussi sa partition mais avec moins d'urgence apparente.
Ce qui pourrait trancher : le statut de l'Algérien dans le projet à long terme. Celui qui lui promettra le plus de temps de jeu et un vrai rôle définira probablement l'issue de ce bras de fer. L'été 2024 ne sera pas celui de la fortune gagnée en une balle de match, mais celui de la construction d'une carrière solide. Hadj-Moussa sait que. Ses agents aussi. Et c'est précisément pour cela que cette négociation sera intéressante à suivre : elle ne sera pas guidée par l'appât du gain maximal, mais par la recherche du bon projet.
Reste que le mercato français réserve des surprises. Un autre club pourrait émerger d'ici fin juin. Rennes a des moyens, Nice cherche toujours à étoffer son effectif. Mais pour l'instant, l'axe Marseille-Lille domine le dossier. L'affaire devrait se dénouer d'ici la fin du mois de juin, au moment où les championnats s'achèvent et où les clubs commencent à y voir clair sur leurs budgets définitifs. Hadj-Moussa a le temps de choisir le bon vestaire. C'est un privilège que peu possèdent à 24 ans.