Libre depuis son départ de Lille, Bruno Genesio est à quelques détails d'un accord avec Marseille. Monaco s'est manifesté, mais l'OM tient bon.
Bruno Genesio va enfiler le costume de l'OM. Pas encore officiellement, mais selon nos informations, les négociations avancent à grande vitesse entre le technicien français et la direction phocéenne. L'entraîneur de 57 ans, officiellement libre depuis lundi et son départ du LOSC, n'a jamais été aussi proche de poser ses bagages à la Commanderie. À Marseille, on respire l'optimisme. Les discussions s'éternisent rarement dans cette stature de projet.
Genesio abandonne les rumeurs de Ligue 1
Pendant des mois, les noms ont circulé. Didier Drogba. Sergio Conceiçao. Même Luis Enrique a trainé dans les coulisses des rumeurs marseillaises. Mais Genesio, lui, s'est imposé progressivement comme le profil qui fait consensus. Pas de coup de théâtre, pas de coup médiatique. Une logique sportive, simplement. Le bonhomme vient de passer deux saisons et demie au LOSC, où il a redressé une équipe en crise. Lille finit régulièrement dans le haut du classement sous sa direction, et surtout, il a construit une mentalité. C'est exactement ce que réclame Marseille après les turbulences de la fin de saison dernière.
À 57 ans, Genesio ne représente pas un projet de reconstruction sur cinq ans. Il incarne plutôt l'homme de la stabilité, celui qui arrive avec un programme clair et des convictions ancrées. Son passage à Lyon, ses années à Rennes, ses succès en Chine avec les Beijing Guoan ont façonné un coach expérimenté, capable de gérer les egos et les attentes. L'OM en a besoin. La Ligue 1 en a besoin de le voir au banc d'un géant domestique qui traîne depuis trop longtemps.
Monaco joue les trouble-fête, sans convaincre
L'AS Monaco s'est pointée. Normal, c'est la procédure. Mais à en croire l'entourage du technicien, la proposition monégasque ne fait pas le poids. Plusieurs facteurs expliquent ce refroidissement. D'abord, le projet. Monaco traverse une période d'incertitude sportive. Les ambitions affichées contraste avec la stabilité réelle du club. Ensuite, il y a Marseille. Pas n'importe quel banc en France. C'est le banc où les ultras crient fort, où le projet résonne au-delà des frontières hexagonales, où chaque match sent la guerre. Genesio a toujours aimé les défis à haute tension. C'est un homme qui se nourrit de cette pression.
Les chiffres parlent aussi pour Marseille. Le club phocéen jouit d'un budget de fonctionnement supérieur à celui de Monaco sur la plupart des postes clés. L'effectif dispose de plus de ressources pour une reconstruction accélérée. Et surtout, le timing colle parfaitement. Genesio arrive libre, sans indemnités de départ. Marseille peut donc investir cet argent dans le recrutement d'été plutôt que dans un dédommagement au LOSC.
Les détails qui restent à peaufiner
Reste à finaliser le contrat. Durée, salaire, dotations pour le staff. Des négociations classiques, mais qui ne doivent pas trainer. Selon nos sources, la direction olympienne souhaite finaliser le dossier avant la fin du mois. Une annonce pourrait intervenir très vite. Pas dans les trois jours, mais pas non plus à la traîne sur trois semaines. Genesio sera attendu à la Commanderie pour mettre en place son dispositif avant juillet, histoire de bien cadrer les arrivées estivales.
Ce qui accélère les choses : l'entraîneur n'a pas d'équipe de suite. Il peut arriver sans attendre que ses assistants terminent leurs engagements respectifs. Avantage OM. Côté staff technique, Genesio privilégie la continuité mais accepte les changements si le projet l'exige. À Marseille, on parle déjà de quelques départs annoncés dans l'encadrement. Rien de dramatique, des recompositions normales après une saison agitée.
L'arrivée de Bruno Genesio marquera un tournant pour l'Olympique de Marseille. Pas une révolution, mais une respiration. Un homme qui sait où il va, qui refuse de jouer les apprentis sous les projecteurs, qui apporte une expérience cristallisée dans les années difficiles de Ligue 1. Pendant ce temps, la Ligue 1 se demande qui va prendre les postes libérés ailleurs. Mais ça, c'est une autre histoire. Pour Marseille, le principal est tracé. Genesio arrive. C'est juste une question de jours.