Ayyoub Bouaddi a finalement rejoint le groupe marocain en préparation pour 2026. Mohamed Ouahbi affine ses choix avant le Mondial.
Il aura fallu attendre quelques jours, mais c'est confirmé : Ayyoub Bouaddi est bel et bien intégré au groupe marocain actuellement en stage sous la direction de Mohamed Ouahbi. Le défenseur manquait à l'appel lors des premiers clichés diffusés par la Fédération royale marocaine (FRMF), suscitant quelques interrogations chez les observateurs. Ce vendredi, tout rentre dans l'ordre. Le sélectionneur des Lions de l'Atlas a commencé son travail de mailleur en vue de la Coupe du monde 2026, et chaque élément compte.
Un groupe qui prend forme malgré les incertitudes
Vous connaissez la chanson avec les rassemblements : les retardataires, les absences justifiées, les arrivées décalées. Bouaddi n'échappe pas à cette règle, sauf que pour un défenseur central de son profil, chaque jour sans lui sur le terrain représente un décalage tactique. Mohamed Ouahbi doit évaluer les automatismes, les associations défensives, les relances du jeu. Difficile de le faire sans l'un de vos éléments clés. C'est pourquoi son arrivée tardive crée toujours un peu de friction dans le timing d'un stage.
Le Maroc n'a pas le luxe de traîner. La qualification pour le Mondial 2026 s'est jouée au millimètre, et maintenant que les Lions sont assurés de leur place, la vraie bataille commence : celle de la construction d'une équipe capable de rivaliser dès le premier match. Avec trois ans avant le coup d'envoi aux États-Unis, au Mexique et au Canada, chaque séance d'entraînement compte comme jamais. Bouaddi incarne cette quête de solidité au cœur de la défense, lui qui évolue à haut niveau en Europe depuis des années.
Ouahbi affine son projet, étape par étape
Le nouvel entraîneur marocain n'a pas une tâche facile. Reprendre un groupe après la Coupe d'Afrique des nations, imposer une philosophie nouvelle, naviguer entre les ambitions individuelles et l'intérêt collectif. Et tout cela en sachant que la presse va éplucher chaque décision, que les supporters scrutent le moindre changement de ligne-up. Ouahbi le sait : il faudra convaincre par les résultats et, surtout, par la clarté du projet.
L'arrivée de Bouaddi, retardataire ou non, symbolise cette quête méthodique. On ne parle pas ici d'un pari ou d'une révolution. C'est du pragmatisme mur à mur. Le Maroc a besoin d'une arrière-garde stable, capable de sortir le ballon proprement et d'imposer du respect physiquement en phase défensive. Bouaddi coche ces cases. Son intégration au groupe permet à l'entraîneur d'expérimenter des schémas précis, de voir comment son équipe réagit à la pression, à la possession adverse, à la transition.
Et puis il y a cette réalité bien connue : les entraîneurs adorent marteler que la victoire, c'est du travail collectif. Sauf que sans les bons éléments, sans une défense qui verrouille, sans cette capacité à inventer des solutions quand tout s'écracle, on ne gagne rien. Le Maroc a trop souffert défensivement par le passé. Avec des joueurs comme Bouaddi, on a au moins l'esquisse d'une solution crédible.
La course contre la montre vers 2026
Trois ans, ce n'est rien à l'échelle d'une carrière, mais c'est l'éternité en football. Beaucoup d'eau coulera sous les ponts d'ici là : des blessures, des révélations, des déceptions, des surprises. Ouahbi doit construire maintenant sans certitude que ses pièces maîtresses seront toujours disponibles et au meilleur de leur forme en 2026.
C'est pourquoi chaque stage, chaque convocation, chaque minute jouée compte. Bouaddi qui arrive avec quelques jours de retard, ce n'est pas anecdotique. C'est une petite perte de temps dans une course où chaque seconde compte. Mais maintenant qu'il est là, il faut en extraire le maximum. Ses deux, trois semaines en sélection durant ce stage doivent lui permettre de peaufiner sa compréhension des consignes, de créer des automatismes avec ses coéquipiers, de montrer qu'il est toujours l'homme des moments importants.
Le groupe marocain prend forme. Lentement, c'est vrai. Imparfaitement, bien sûr. Mais irrévocablement. Et quand Bouaddi est dans le groupe, même s'il arrive en retard, cela change quelque chose. Parce qu'on sait qu'on tient au moins une vraie réponse à une question qui parasitait les esprits : celle de la stabilité défensive. À quatre ans du coup d'envoi marocain, c'est déjà pas mal.