Un an après son arrivée en provenance de Lyon, Thiago Almada devrait déjà quitter Madrid. L'Atlético s'apprête à le laisser partir cet été.
Thiago Almada range ses affaires. À peine un an après avoir débarqué à l'Atlético Madrid en provenance de l'Olympique Lyonnais, l'international argentin figurera parmi les indésirables que Diego Simeone entend dégager durant le mercato estival. Une tournure brutale pour celui qui devait incarner l'avenir offensif des Colchoneros.
Le contexte madrilène n'a rien d'un hasard. L'Atlético traverse une période de turbulences — après une saison décevante qui a vu le club terminer loin du compte en Liga, la direction a décidé de nettoyer les écuries. Almada ne sera pas épargné par cette cure d'austérité. Selon nos informations, l'ancien lyonnais, 23 ans, ne rentre pas dans les plans de Simeone pour la saison à venir, et plusieurs clubs européens ont déjà sondé le terrain pour connaître les modalités d'un possible départ.
Pourquoi un tel échec en si peu de temps ?
L'histoire d'amour entre Almada et Madrid s'est consumée dans l'indifférence. Arrivé avec le statut de promesse offensif, le joueur n'a jamais réellement trouvé sa place dans le système rigide de Simeone. Les chiffres racontent une débâcle : à peine une trentaine d'apparitions, dont beaucoup en tant que remplaçant, et une productivité offensive largement en dessous des attentes. L'Atlético attendait un apport créatif immédiat, Almada n'a livré que des bribes.
Le football espagnol, avec ses exigences tactiques implacables, n'a pas vraiment convenu à un profil à la fois technique mais aussi fragile mentalement. À Lyon, il avait pu s'épanouir dans un environnement plus offensif, avec une liberté créative que Simeone ne garantit jamais à ses ailiers. Les Colchoneros demandent d'abord la sueur et la discipline défensive. Almada a trop souvent regardé ses coéquipiers besogner en première ligne, sans vraiment marquer de son empreinte.
Autre facteur : la concurrence interne. Madrid disposait déjà d'une belle armada offensive avec des profils bien rodés aux méthodes de Simeone. Almada s'est retrouvé en bout de chaîne, privé de la continuité nécessaire pour progresser et trouver ses marques. Un jeune joueur a besoin de jouer, pas de languir sur le banc. C'est une règle qu'aucun staff n'ignore.
Quels clubs pourraient le récupérer cet été ?
L'Atlético piste une sortie par la porte latérale, discrète et rapide. Plusieurs pistes circulent déjà dans les bureaux madrilènes. Premier scénario : un retour en Ligue 1. L'Olympique Lyonnais pourrait être tenté de rapatrier son ancien joueur à moindre coût, histoire de sauver la mise financière et tactique. Almada connaît le championnat français, les supporters de Groupama Stadium n'ont pas oublié ses belles performances d'avant départ.
Ailleurs en Europe, la Série A italienne surgit comme option crédible. Des clubs en quête de jeunes talents polyvalents, capables d'évoluer sur le flanc ou à la récupération, pourraient faire le coup. L'Inter ou la Juventus, si leurs finances le permettent, ne diraient pas non à un profil high-potential cédé à prix cassé.
En Espagne même, on murmure que Villarreal ou la Real Sociedad pourraient jeter un œil. Ces clubs misent souvent sur des révisions trajectoire, des joueurs qu'on croyait perdus. Almada n'a que 23 ans. À cet âge, un an de flop ne gomme pas le talent brut.
Reste la Premier League, toujours friande de jeunes latins au potentiel offensif. Manchester United, Newcastle, ou même des écuries de milieu de tableau pourraient flirter avec l'idée. Les Anglais adorent les joueurs en détresse sportive, surtout s'ils sont argentins. Mais la vraie destination reste ouverte.
Quel sera le prix de sa libération ?
Ici se joue l'enjeu financier majeur. L'Atlético avait investi quelque chose comme 17 à 18 millions d'euros pour arracher Almada à Lyon il y a douze mois. La direction colchonera espère en récupérer au minimum 12 à 13 millions, histoire de limiter la casse. C'est un calcul de businessman frustré, pas de visionnaire sportif.
Mais la réalité du marché joue contre Madrid. Un joueur qui ne s'adapte pas, qui a peu joué, qui souffre d'un déficit de confiance accumulé sur une saison : les acheteurs potentiels le savent. Ils utiliseront ce constat pour négocier dur. Almada pourrait donc finir à 10 millions, voire moins, selon la détermination du courtier et les velléités du club vendeur. À Simeone, l'important n'est pas tant de renflouer les caisses que de se débarrasser d'un poids mort.
Lyon, justement, pourrait réfléchir à un système de plus-value future ou d'échange. Les Gones gardent d'excellentes relations avec les services administratifs de Colchoneros. Un deal gagnant-gagnant, où chacun sortie son drap sans perdre trop d'argent, demeure possible.
Almada cartonnera ailleurs, c'est quasi certain. Les talents bruts ne disparaissent pas en une saison, même chez un coach aussi exigeant que Simeone. Cet été, l'Atlético ouvre donc une deuxième chance à celui qui croyait l'avoir déjà trouvée à Madrid. Pour sa carrière, c'est cette nouvelle fenêtre qui compte vraiment.