Julian Alvarez a fermement éconduit les avances blaugranas. Le Barça refuse de baisser les bras et accélère ses plans pour séduire l'attaquant argentin.
Julian Alvarez a dit non. Pas un non poli, pas un non qui laisse la porte entrouverte. Un non massif, asséné en zone mixte après la victoire de l'Argentine contre l'Autriche (2-0), qui s'entend comme un coup de frein administré directement au projet barcelonais. Le problème, pour le Barça, c'est que ce rejet public ne change rien à la détermination du club catalan. Au contraire, il la renforce.
Selon nos informations, les décideurs de la cité comtale considèrent cette prise de parole d'Alvarez comme un simple acte de communication du joueur. Une manière de désamorcer les critiques ou de montrer de la loyauté envers Manchester City. Mais en interne, à Barcelone, on ne renonce pas. On s'organise. On prépare le coup suivant. Car dans cette histoire, les Catalans ne voient pas un mur : ils voient une négociation en cours, avec ses inévitables phases de recul et ses rebondissements.
Voilà le nœud du problème. Alvarez, 24 ans, en est à un carrefour où chaque décision revêt une charge émotionnelle considérable. À Manchester City depuis le début 2022, l'international argentin dispose d'un contrat s'étendant jusqu'en 2026. Il s'agit là d'une réelle garantie de stabilité, celle que Pep Guardiola offre à ses éléments offensifs. Sauf que sur le terrain, les minutes se font rares. L'arrivée d'Erling Haaland a repositionné les hiérarchies. Alvarez le sait, l'accepte, mais commence à le vivre comme une frustration croissante.
Cette frustration, justement, est exactement ce sur lequel compte Barcelone. En prenant la parole mercredi soir après le match face à l'Autriche, Alvarez a tenté de couper court aux rumeurs. « Je suis heureux à Manchester City », a-t-il déclaré. Les mots justes, le ton assuré, le message qu'on attend d'un joueur sous contrat qui ne veut pas créer de problème. Mais voilà : les actes suivront-ils les paroles ? C'est toute la question. Et c'est aussi ce qui rend Barcelone confiant. Le club catalan dispose de trois atouts majeurs : l'appel de la Liga, la possibilité de jouer régulièrement, et surtout l'amitié entre Alvarez et Lionel Messi, qui demeure un pont invisible mais puissant vers la Catalogne.
À Manchester City, on frotte les sourcils. Les dirigeants skyblues ne sont pas du genre à laisser partir leurs pièces maîtresses. Alvarez en est une, même s'il ne joue pas tous les trois jours. Le joueur réalise 4,2 tirs par match en moyenne cette saison, une métrique qui montre une vraie agressivité offensive. Et à 24 ans, il est en pleine maturité physique et tactique. Le lâcher pour quelques dizaines de millions de plus que ce qu'on peut en tirer demain, c'est un calcul que Manchester City refusera longtemps.
Barcelone double la mise en coulisse
Ce qui change, en cette fin d'année, c'est la capacité financière du Barça. Grâce aux ventes de joueurs et aux économies drastiques sur les salaires, le club de Hansi Flick dispose d'une enveloppe plus confortable qu'on ne l'aurait imaginé il y a six mois. L'offre de Barcelone pour Alvarez n'est donc pas qu'une velléité. C'est un projet sérieux, étayé par des chiffres et une architecture contractuelle pensée pour séduire.
La stratégie blaugrana repose sur trois piliers. Premièrement, proposer un salaire compétitif qui rapproche Alvarez de ce qu'il touchait au River Plate en termes de liberté financière. Deuxièmement, garantir un rôle de titulaire permanent dans un système de jeu où la position de faux neuf ou d'ailier peut être occupée à temps plein. Troisièmement, activer les réseaux informels : l'entourage du joueur est sondé, les intermédiaires consultés, les possibilités matérialisées concrètement.
Cela dit, Barcelone ne fait pas l'impasse sur d'autres profils. Mikel Oyarzabal, ailier polyvalent de la Real Sociedad, figure aussi sur les radars catalan. Oyarzabal possède les qualités requises pour jouer immédiatement : technique, vitesse, complémentarité avec les autres éléments offensifs. Mais Alvarez reste la priorité. Et le rejet public du joueur argentin ne fait que renforcer cette obsession.
- 4,2 tirs par match : La moyenne offensive d'Alvarez à Manchester cette saison, preuve de son apport balistique
- 2026 : Année d'expiration du contrat d'Alvarez aux Citizens, éléphant dans la pièce des négociations
- Trois saisons : Le temps que Barcelone juge optimal pour construire un projet gagnant autour d'un avant-centre confirmé
- 18 buts en sélection : Le bilan comptable d'Alvarez en 34 apparitions avec l'Argentine, qui pèse dans la balance blaugrana
Entre les déclarations publiques et les discussions privées, se creuse toujours un écart. Celui-là, Barcelone l'a mesuré avec précision. Et cette mesure, c'est sa vraie arme. Tandis que Alvarez clame son bonheur manchestérien, le Barça pose méthodiquement ses pièces sur l'échiquier. Les semaines qui viennent diront si ce n'était qu'une feinte du joueur argentin ou le début d'une véritable bifurcation.