Nul 2-2 contre Auxerre, une première période catastrophique et des joueurs qui ne mâchent pas leurs mots. Monaco s'enfonce dans le doute.
«On débute très mal, la première période est vraiment très faible.» Wout Faes n'a pas cherché à enrober la pilule. Au micro de Ligue 1+, le défenseur central de l'AS Monaco a lâché ce qui brûlait les lèvres de tout le Rocher après le piteux match nul concédé à domicile face à l'AJ Auxerre (2-2). Une soirée gâchée, un point de trop peu, et une frustration qui déborde désormais des vestiaires.
Une première période à oublier d'urgence, Monaco s'offre à Auxerre
On attendait le leader monégasque. On a trouvé une équipe fébrile, hésitante, incapable de tenir son rang face à une formation auxerroise venue sans complexe au Stade Louis-II. Auxerre a su en profiter dès les premières minutes, prenant à revers une défense monégasque qui semblait encore dans les vestiaires. La prestation des hommes d'Adi Hütter en première période a été unanimement jugée inacceptable par les joueurs eux-mêmes — ce qui en dit long sur l'ampleur du raté.
Theophilus Faes n'a pas été le seul à hausser le ton. Thilo Kehrer, lui aussi, affichait une tête des mauvais jours au moment de passer devant les micros. L'Allemand, qui avait retrouvé de la consistance ces dernières semaines, sait pertinemment que cette sorte de prestation ne colle pas avec les ambitions affichées par le club en début de saison. Monaco s'est finalement accroché pour revenir à 2-2, mais sauver un point quand on est censé jouer le titre, c'est souvent une façon de perdre deux.
Les chiffres viennent enfoncer le clou. Monaco avait pourtant concédé moins de 20 buts en championnat avant cette soirée, l'une des meilleures défenses de Ligue 1. Mais face à Auxerre, la solidité défensive si vantée s'est évaporée le temps d'une mi-temps cauchemardesque. Deux buts encaissés en 45 minutes, une organisation collective absente, des duels perdus. Difficile de trouver des circonstances atténuantes.
Monaco sous pression, le scénario d'une saison qui peut basculer
Pour comprendre pourquoi ce nul fait si mal, il faut remettre les choses en perspective. L'AS Monaco avait abordé cette partie avec l'ambition claire de distancer ses concurrents au classement. Le PSG, Paris intraitable depuis des semaines, ne lâche rien. Et derrière, Marseille et d'autres prétendants n'attendent qu'un faux pas des Monégasques pour revenir dans la course.
Adi Hütter a construit depuis plusieurs mois une équipe capable de jouer un football ambitieux, vertical, à haute intensité. Le technicien autrichien a transformé Monaco en véritable machine de guerre offensivement, avec plus de 50 buts marqués toutes compétitions confondues cette saison. Mais les soirs comme celui contre Auxerre rappellent que l'équilibre reste fragile. Quand le pressing ne s'enclenche pas, quand les automatismes se grippent, Monaco devient une équipe ordinaire.
Wout Faes connaît bien ce syndrome. Prêté par Leicester City, le Belge s'est imposé comme un patron défensif fiable depuis son arrivée sur le Rocher. Sa sortie médiatique cash après le match contre Auxerre témoigne d'un vestiaire qui refuse de se cacher derrière des excuses — c'est plutôt bon signe sur le fond. Mais les mots ne suffisent pas. Il faut maintenant que la réaction soit immédiate et cinglante sur le terrain.
La suite s'annonce sans droit à l'erreur pour le Rocher
Ce nul contre Auxerre n'est pas qu'un simple accroc de parcours. Il intervient à un moment où chaque point compte, où le calendrier de Monaco va s'emballer. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si ce groupe a les ressources mentales pour aller chercher un titre qui échappe au Rocher depuis 2017 — l'année dorée de Leonardo Jardim, de Kylian Mbappé adolescent et de Bernardo Silva avant son envol vers Manchester City.
Adi Hütter devra trouver les bons mots pour secouer un groupe qui a montré qu'il peut revenir dans les matchs — Monaco a arraché ce 2-2 in extremis, ce qui prouve un caractère. Mais la question est de savoir si cette capacité de résilience suffit quand on vise le sommet. Un champion ne se contente pas de revenir dans un match qu'il n'aurait jamais dû perdre. Il impose d'emblée son emprise.
Thilo Kehrer et Wout Faes l'ont dit avec leurs mots, sans détour. Le message a le mérite d'être clair. Reste à savoir si Monaco répondra sur le rectangle vert. La prochaine sortie en Ligue 1 prendra des allures de test de vérité pour une équipe qui joue gros dans la course au titre. Un vestiaire qui se regarde dans la glace, c'est un bon début. Mais dans ce championnat serré comme jamais, les remises en question doivent se transformer en points — et vite.