Dimanche, l'AS Monaco s'est inclinée à domicile contre Lille (0-1). Une débâcle qui relègue les Monégasques à la septième place et compromet sérieusement leur accès aux compétitions européennes.
Le Stade Louis-II a connu des soirs meilleurs. Dimanche, sous les yeux d'un public frustré, Monaco s'est effondré face à Lille dans un match où chaque détail devait compter. Et c'est précisément là que ça s'est cassé la figure. Une défaite (0-1) qui n'est pas juste un revers de plus, mais un tournant potentiel dans la saison monégasque. Avant cette dernière journée de Ligue 1, les coéquipiers de Paul Pogba occupent désormais la septième place, à trois points du podium européen. Trois points. C'est l'abîme.
Comment le match a-t-il glissé des mains de Monaco?
On ne peut pas dire que Lille soit venu chercher la bagarre offensively. Les Nordistes, eux, savaient ce qu'ils venaient faire. Défendre, compter sur les accélérations, punir les approximations. Et Monaco? Monaco a joué comme une équipe qui attendait que ça se fasse, sans jamais vraiment imposer son jeu pendant les quatre-vingt-dix minutes. C'est insidieux, ce genre de prestation. Pas de gros coup d'épée, pas de dramaturgie, juste une lente agonie.
Pogba, attendu au tournant depuis son retour à Monaco cet été, n'a pas fourni la réponse qu'on espérait. Le milieu français, censé être l'élément clé de la remontée, s'est éteint progressivement. Quelques ballons perdus au mauvais endroit, des coups d'éclat rares, et surtout cette incapacité à créer le décalage ou à structurer le jeu monégasque quand cela devenait urgent. Ce n'est pas une critique gratuitement méchante. C'est juste que lorsque tu reviens d'une suspension, que ton équipe est au pied du mur, ton impact doit être différent. Plus tranchant. Plus autoritaire.
Lille, lui, a marqué sur une occasion qui ressemble à ces buts qui tuent. Une contre-attaque bien ficelée, un geste technique décisif, et voilà. Une confiance qui grandit à chaque minute qui passe après le 0-1. Pendant ce temps, l'ASM s'usait à chercher sans trouver.
Pourquoi cette saison monégasque devient-elle un feuilleton sans fin?
Avant ce coup de théâtre côté Lille, Monaco naviguait en eaux relativement calmes. On parlait même de stabilité, de progression tranquille vers l'Europe. Las. Les deux tiers de la saison ont révélé des failles que les matchs contre le PSG ou l'Olympique Lyonnais n'avaient qu'effleurées. L'équipe manque cruellement de constance. Elle gagne 4-0 contre Montpellier, puis se fait éjecter par une formation moins talentueuse. C'est le pattern depuis octobre.
Le problème, c'est qu'avec sept matchs disputés, on pensait vraiment avoir tourné la page des incohérences. Or voilà que l'instabilité resurgit au pire moment possible. En mai, quand chaque point vaut de l'or. La direction sportive avait fait le pari Pogba à l'intersaison : un pari sur le charisme, la technique, l'expérience d'un joueur qui a connu les sommets. Mais parier sur un seul homme, c'est dangereux. Surtout quand il faut d'abord que ce joueur se réadapte, trouve ses repères, retrouve la confiance.
Monaco accumule 42 points avant cette dernière journée. C'est 8 points de moins que l'exercice précédent à la même date. Voilà qui dit tout sur le chemin parcouru. Les supporters qui avaient senti une vraie dynamique au mois de janvier doivent se demander ce qui s'est passé entre février et mai. Eux qui ont connu les années glorieuses savent que l'Europe n'est pas un dû, c'est une conquête. Et ce dimanche contre Lille, on a vu une équipe qui avait oublié comment conquérir.
Qu'est-ce que reste à jouer pour dimanche prochain?
Techniquement, tout. Officiellement, rien n'est perdu. Mais regardons les chiffres en face : Monaco doit gagner sa dernière rencontre ET espérer que des résultats ailleurs tombent à point nommé. C'est l'équation qui tue les rêves. Pas impossible, mais tellement bancal. Six points séparent troisième et septième. Six points sur une ultime journée, c'est du ressort du miracle qu'on attend des autres, pas du travail que tu peux contrôler toi-même.
Adi Hütter, l'entraîneur monégasque, doit trouver des mots, une stratégie, une étincelle pour galvaniser un effectif qui ne brille pas par sa sérénité mentale. C'est dur à faire. C'est encore plus dur à faire quand ton meilleur atout offensif—Pogba en l'occurrence—semble englué dans le béton conceptuel du match nul ou quasi.
La saison de l'AS Monaco n'est pas finie, bien sûr. Mais elle a basculé dimanche. Pas vers le gouffre, non. Vers une forme de réalité qui fait mal : celle d'une équipe qui n'a pas les épaules pour tenir bon quand ça compte vraiment. Dimanche prochain, ils auront une chance d'écrire autre chose. Mais après ce qui vient de se passer, on ne peut pas dire que les dés sont en leur faveur.