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Football

Mort de Maradona, quatre ans après les vérités qui dérangent

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Quatre ans après la mort de Diego Maradona, de nouvelles révélations relancent une affaire judiciaire explosive qui met en cause son entourage médical.

Mort de Maradona, quatre ans après les vérités qui dérangent

Le 25 novembre 2020, à 60 ans, Diego Armando Maradona s'éteignait dans sa maison de Tigre, en banlieue de Buenos Aires. Le monde s'arrêtait. Des millions de personnes pleuraient dans les rues de Naples, de Buenos Aires, de Rosario. Quatre ans plus tard, les larmes ont séché mais le dossier judiciaire ouvert dans la foulée, lui, brûle encore. Les nouvelles révélations qui émergent d'Argentine remettent au centre du débat une question que beaucoup n'osaient pas formuler à voix haute : Diego Maradona a-t-il été abandonné par ceux qui étaient censés le protéger ?

Une nuit du 25 novembre que le procès va démembrer

Les faits sont connus dans leurs grandes lignes, mais c'est dans les détails que tout bascule. Le génie de Buenos Aires est retrouvé mort dans sa chambre après un arrêt cardio-respiratoire. Officiellement, une mort naturelle. Sauf que les expertises médicales commandées par la justice argentine racontent une autre histoire — et elle est accablante.

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Huit membres de son équipe médicale sont aujourd'hui poursuivis pour « homicide simple avec dol éventuel ». Parmi eux, son neurochirurgien Leopoldo Luque et sa psychiatre Agustina Cosachov. Le dossier d'instruction révèle que Maradona n'a pas reçu les soins adaptés à son état critique durant les heures précédant sa mort. Pire : selon les experts mandatés par le tribunal, les soignants auraient eu conscience du danger et n'auraient pas agi. Ce qualificatif juridique — le dol éventuel — signifie qu'ils auraient accepté, en connaissance de cause, le risque de le laisser mourir. Ce n'est pas une erreur médicale. C'est potentiellement bien plus grave.

Les nouvelles pièces versées au dossier — des échanges de messages entre membres de l'équipe soignante — semblent conforter cette thèse. Des conversations dans lesquelles certains se moquaient de leur patient, minimisaient ses symptômes, organisaient leur défense avant même que le décès soit officiellement constaté. Plus de 1 200 pages d'expertises ont été compilées depuis quatre ans. Le procès, sans cesse repoussé pour des raisons procédurales, devrait finalement s'ouvrir en 2025.

L'entourage, ce cercle qui a failli

On ne peut pas raconter les derniers mois de Maradona sans parler de la guerre de succession qui l'entourait. L'homme était diminué, vulnérable, soumis à des pressions financières et familiales que ses proches alimentaient parfois avec une brutalité déconcertante. Ses filles, ses anciens agents, ses avocats — tout ce petit monde gravitait autour d'un homme dont la fortune estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros représentait un enjeu colossal.

Maradona avait subi une opération du cerveau le 3 novembre 2020, trois semaines seulement avant sa mort. Une intervention pour un hématome sous-dural. Il avait été renvoyé chez lui, dans cette maison de Tigre, avec un suivi médical que les experts qualifieront plus tard d'« inadéquat et négligent ». Aucune surveillance continue. Aucun équipement d'urgence. Un homme sorti d'une neurochirurgie lourde, laissé dans une maison sans dispositif médical fiable.

Ce qui ressort des nouvelles révélations, c'est l'image d'un système de prédation organisé autour d'un monument du football devenu incapable de se défendre. Les décisions médicales auraient parfois été influencées par des considérations qui n'avaient rien à voir avec la santé du patient. Qui commandait vraiment dans cette maison de Tigre ? La question reste ouverte et c'est précisément ce que le procès devra établir.

Naples, Buenos Aires, le monde entier attend une vérité

Diego Maradona n'était pas qu'un footballeur. Il était un symbole, une religion laïque pour des millions d'hommes et de femmes qui avaient projeté sur lui leurs espoirs de revanche sociale. À Naples, où il a remporté deux titres de Serie A en 1987 et 1990, transformant à jamais l'identité d'une ville entière, on suit le procès avec une intensité qui dépasse largement les frontières du sport. Le stade San Paolo porte désormais son nom. Les fresques murales à son effigie couvrent des quartiers entiers. Là-bas, on ne parle pas d'une affaire judiciaire — on parle d'une dette morale.

En Argentine, le débat est encore plus viscéral. Maradona est une figure nationale d'une puissance rare, comparable à peu de choses dans l'histoire du sport mondial. Le fait que sa mort puisse résulter d'une négligence criminelle organisée par ceux-là mêmes qui étaient rémunérés pour le soigner provoque une colère sourde, durable. Les Argentins ont un sens aigu de la trahison. Et ce qu'on décrit ici ressemble terriblement à ça.

Les avocats des familles des accusés plaident évidemment la thèse inverse : un homme dont le corps était ravagé par des décennies d'excès, dont le cœur — dilaté, fragilisé — ne pouvait plus résister. Ils n'ont pas tort sur les faits physiologiques. Maradona était malade depuis longtemps. Mais être malade ne retire pas aux soignants leur responsabilité. C'est précisément là que se joue le procès.

Quatre ans de procédure, des centaines d'expertises, des milliers de pages et une vérité qui résiste encore. Si le procès s'ouvre bien en 2025 comme prévu, il deviendra sans doute l'un des événements médiatiques les plus suivis de l'année en Amérique latine — et bien au-delà. Parce que derrière les arguties juridiques et les expertises cardiologiques, c'est une question fondamentale qui sera posée devant ce tribunal argentin : combien valait la vie de l'homme le plus célèbre qu'ait jamais produit le football mondial ? La réponse, quelle qu'elle soit, dira quelque chose de définitif sur ceux qui l'entouraient à la fin.

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