Alors que le Real Madrid le garde sous contrat, l'attaquant brésilien attire les convoitises des plus grands clubs. Lyon s'ajoute à la liste des prétendants.
Filipe Luis aurait adoré cette situation. Un jeune attaquant brésilien, à peine installé dans un grand club européen, déjà courtisé par une demi-douzaine de cadors avant même d'avoir vraiment explosé. C'est un peu le rêve des agents : créer une surenchère avant que le marché ne se rende compte que le produit n'a pas encore livré ses promesses. Sauf que dans l'histoire d'Endrick, quelque chose cloche. Le Real Madrid ne le vend pas. Et ce n'est jamais bon signe quand le club le plus puissant d'Europe garde jalousement son joueur.
La presse espagnole parle d'un intérêt renforcé de l'Olympique Lyonnais pour l'attaquant de 18 ans. Après des mois où les rumeurs restaient molles, voilà que le club rhodanien s'activerait vraiment pour le recruter. C'est évidemment un clignotant : ni Endrick ni le Real Madrid ne sont en position de négocier un départ serein. Le joueur a signé au Real en 2023 pour près de 60 millions d'euros en provenance de Palmeiras, avec des bonus qui pouvaient atteindre 20 millions supplémentaires. Six mois plus tard, il était déjà question d'un prêt. Les performances en Bundesliga, lors de son passage au Borussia Dortmund en première moitié de saison, n'ont pas vraiment convaincu les observateurs les plus exigeants. Ses 3 buts en 7 matchs de Ligue des champions n'ont pas sauvé sa cote.
Un talent puzzle qui refuse de s'assembler
Dire qu'Endrick manque de maturité tactique serait doux. Dire qu'il joue trop individuellement serait précis. Le jeune homme possède cette rare combinaison : la vitesse de Vinícius Júnior dans ses meilleures années, l'audace d'un gamin qui pense pouvoir éliminer trois défenseurs d'un geste. Sauf que contrairement à Vinícius, il n'a pas encore compris quand appliquer quelle qualité. À Dortmund, Nuri Sahin lui aurait reproché une certaine indiscipline positionnelle, cet égoïsme du jeune talent qui croit que le génie suffit.
Lyon, avec Peter Bosz aux commandes, pourrait théoriquement être un terrain de jeu idéal pour un profil offensif en pleine maturation. Le club français a toujours eu cette réputation, depuis l'époque où il bulldozait la Ligue 1 avec Benzema et Ribéry. Mais voilà : Lyon ne joue plus en Ligue des champions. C'est un détail qu'on tend à oublier quand on évoque un club ancien. L'Olympique Lyonnais est le sixième de Ligue 1. Endrick qui avait quitté le Brésil avec l'ambition de devenir la prochaine superstar continentale ne rêve probablement pas de descendre à ce niveau, même si sportivement ce pourrait être le meilleur choix pédagogique.
Le Real Madrid, pour sa part, garde Endrick parce qu'il n'a aucune raison de s'en séparer. Carlo Ancelotti a une grosse attaque, avec Mbappé enfin stabilisé, Vinicius Júnior qui monte en puissance et Jude Bellingham qui a trouvé ses marques. Un prêt de six mois à Dortmund était déjà un signal : l'attaquant n'était pas dans les plans immédiats. Un départ définitif à Dortmund l'année prochaine paraît presque inévitable, à moins qu'Endrick n'opère un comeback spectaculaire lors de la seconde moitié de saison.
Quand les grands clubs spéculent sur leurs erreurs
Il y a quelque chose de fascinant chez ces jeunes joueurs auxquels les clubs prêtent des millions avant d'avoir testé leur vrai poids en Ligue 1. Le Real l'a fait avec Mbappé en attendant longtemps. L'Atlético Madrid l'a fait avec Félix. Manchester City en a fait une spécialité avec son système de prêts. Endrick rentre dans cette catégorie : recruté au prix fort, confiance immédiate, puis la réalité du football européen qui frappe à la porte.
Lyon s'intéresse à lui, c'est un fait. Mais Lyon s'intéresse aussi à une bonne dizaine de joueurs à chaque mercato. Le club rhodanien ne s'endort jamais sur ses lauriers quand il s'agit de repérer de jeunes talents qui pourraient revigorer un projet. Reste à savoir si Endrick, avec sa mentalité et ses enjeux personnels, peut se contenter d'une Ligue 1 réduite à la Provence, l'Alsace et quelques soirées en Ligue Europa. Son profil suggère plutôt une trajectoire de joueur en quête de statut, pas de joueur disposé à patienter dans une équipe rebuild.
Dortmund demeure logiquement le meilleur dénouement pour cette saison-là. Jouer la Ligue des champions, épaissir son expérience continentale, marquer les esprits en Bundesliga, c'est le script qu'il lui manque. Un prêt avec option d'achat aurait une belle logique de tous les côtés. Le Real rapatrie son investissement sans le bloquer, Dortmund rajeunit son attaque, Endrick prend trois mois pour devenir un vrai joueur.
Le marché de janvier qui n'existe presque plus
Les intérêts de Lyon, Manchester United, Arsenal et les autres restent des positionnements de principe. Ils disent surtout une vérité : les clubs savent qu'Endrick ne restera pas indéfiniment au Real. Mais l'acheter maintenant, à 18 ans et après un revers à Dortmund, ce serait prendre le risque qu'ont pris vingt fois les meilleurs clubs, c'est accepter que le marché soit une vraie loterie où les jeunes talents valent ce qu'on imagine d'eux plus que ce qu'ils montrent sur le terrain.
L'histoire du football moderne est remplie de ces images de promesses qui pèsent lourd dans les portefeuilles de leurs clubs mais léger dans les statistiques. Endrick ne mérite pas encore ce jugement. Il mérite plutôt une continuité, une confiance progressive, un environnement où échouer n'est pas catastrophique. Cela ressemble bizarrement à ce que pourrait lui offrir Dortmund en janvier. Pas à ce que promettent les appels affamés d'une demi-Ligue 1 qui cherche son sauveur.