Formé à la Canebière, le jeune international algérien U23 et vainqueur de la Gambardella poursuit sa belle ascension à l'OM. Un profil qui intéresse déjà bien au-delà de Provence.
À vingt-deux ans, Hilan Hamzaoui Slimani incarne l'une de ces trajectoires qui rappellent pourquoi les centres de formation français conservent une certaine magie. Né sur les terres marseillaises, formé à l'OM depuis les catégories de jeunes, ce milieu de terrain n'a pas suivi le sentier battu des exilés précoces. Il a patienté, travaillé, et aujourd'hui sa progression ressemble à celle d'un alpiniste qui trouve enfin l'air plus respirable.
Comment un produit du centre de formation marseillais devient-il soudainement visible ?
La Gambardella de 2021 ou 2022 — cet hymne du football français où les jeunes jouent comme si leur vie en dépendait — Hamzaoui Slimani l'a soulevée avec l'OM. Ce genre de victoire ne figure jamais dans les statistiques des grands journaux, mais elle configure quelque chose dans la tête d'un joueur. Elle dit : tu appartiens à cette maison, tu peux porter ses couleurs, tu peux gagner pour elle. Depuis, il a grandi dans le projet phocéen avec une régularité tranquille, sans les feux de la rampe prématurés qui grillent tant de talents.
Sa progression récente n'est pas une soudaine illumination. Elle est le résultat d'une accumulation de matches disputés en réserve, de séances d'entraînement avec le groupe professionnel, de cette lente maturation que les académies de foot redoutent parce qu'elle ne produit pas de stories Instagram. Le profil de Hamzaoui Slimani — un créateur de jeu capable de structurer le milieu — correspond exactement à ce que cherchent les clubs français en cette période où l'équilibre entre possession et transition devient presque obsessionnel. Il ne s'agit pas d'un athlète qui court vite ou qui tape fort dans le ballon. Il s'agit d'un intellectuel du ballon, quelqu'un qui regarde avant de recevoir.
Pourquoi la sélection algérienne U23 valide-t-elle déjà ce potentiel ?
La convocation en équipe nationale algérienne des moins de vingt-trois ans n'est jamais anodine. Elle signifie que le joueur a franchi un seuil de maturité et de jeu que les sélectionneurs reconnaissent. Pour Hamzaoui Slimani, cela représente une sorte de parrainage international, une validation qui compte bien au-delà des frontières provençales. L'Algérie, malgré les turbulences de ces années, continue de produire des joueurs d'une grande technique méditerranéenne — ce style où le ballon circule par des échanges brefs et intelligents.
Être international U23, c'est aussi intéresser les observateurs. Les clubs européens ne regardent pas seulement les championnats — ils regardent les sélections. Un jeune milieu de terrain français qui joue pour l'Algérie U23 devient soudain un profil convoité par les structures en quête de bilinguisme culturel, de joueurs qui comprennent plusieurs univers de jeu. C'est une fenêtre qui s'ouvre, pas celle de Noël où tout se vend, mais celle plus discrète des recruteurs qui notent les noms pour janvier ou l'été suivant.
Qu'attend réellement l'OM de ces jeunes talents formés maison ?
Marseille vit une période où les attentes riment avec reconstruction. L'OM ne peut plus se permettre les dépenses de sueur que les années 2010 autorisaient. Donc la formation devient non seulement une nécessité économique mais presque une stratégie philosophique. Hamzaoui Slimani représente exactement ce modèle : un joueur élevé au lait marseillais, comprenant l'ADN du club, capable de prolonger une certaine tradition.
La question n'est pas si l'OM va le conserver — elle est plutôt : combien de temps ? Un joueur qui monte comme Hamzaoui Slimani atteint un moment de bascule. Soit il franchit le cap et devient un élément central du projet du club (ce qui suppose des débuts de saison déterminants), soit il se retrouve convoité par quatre ou cinq formations qui voient en lui l'articulation milieu-offensive manquante. Dans le football français actuel, où les petites villes de province régalent rarement les grands clubs parisiens d'occasions de recrutement, un milieu formé comme celui-ci devient une monnaie d'échange complexe. Pas assez établi pour être indispensable, trop prometteur pour ne pas tenter le coup ailleurs.
La vraie progression de Hamzaoui Slimani ne se mesurera que dans les dix-huit prochains mois. Soit il devient un incontournable du onze marseillais — auquel cas on en parle dans trois ans comme d'un jeune phénix du football français —, soit il emprunte cette route classique des talents formés qui flottent entre plusieurs clubs avant de trouver leur port d'attache définitif. Pour l'instant, la Canebière regarde avec intérêt ce qu'elle a produit. C'est déjà un bon début.