Après la débâcle à Nantes (0-3), l'OM se réfugie à la Commanderie dès lundi. Septième de Ligue 1, le club phocéen tente de redresser la barre avant qu'il ne soit trop tard.
Quand on dégringole 0-3 chez le concurrent direct, qu'on chute à la septième place et qu'on voit s'envoler les rêves européens, il faut savoir s'arrêter. L'Olympique de Marseille l'a compris: ce lundi, direction la Commanderie pour une mise au vert d'urgence. Pas de panique théâtrale, pas de grand discours. Juste des murs, du silence, et la nécessité de se refaire une raison avant que la saison ne devienne un naufrage complet.
Car c'est bien d'un naufrage qu'on parle. La débâcle nantaise n'est pas un accident de parcours, c'est le symptôme d'une équipe qui s'effondre mentalement et sportivement. Trois buts encaissés chez une formation qui lutte pour son maintien, cela résume tout du malaise marseillais: une défense poreuse, un milieu qui ne structure rien, des attaquants qui ne convertissent rien.
Pourquoi cette débâcle arrive-t-elle maintenant?
L'OM n'était pas vraiment surprenant cette saison. Deuxième en Ligue 1 l'année dernière, le club a raté son marché estival. Plusieurs cadres sont partis, les recrues n'ont pas eu l'impact attendu, et surtout, on a l'impression que personne ne savait vraiment où aller. Septième avec déjà neuf points de retard sur le podium, c'est dire l'ampleur de la chute. Mais ce qui fait mal, ce n'est pas tant la position au classement que la manière.
Contre Nantes, dimanche, l'OM s'est présenté sans âme. Pas de combativité, pas de réaction, pas cette fierté qui devrait habiter les murs du Vélodrome. Il y a pire: on l'a senti vulnérable, hésitant, presque résigné. Quand une équipe de Ligue 1 joue comme ça face à un équipe qui s'accroche pour vivre, c'est qu'il y a un problème de tête, pas seulement de tactique. Le groupe ne croit plus au projet. Ou alors, le projet n'a jamais été assez clair pour que le groupe y croit.
Les blessures ont joué, bien sûr. Mais combien d'équipes gèrent les absences sans s'écrouler? Le PSG perd ses éléphants et trouve des solutions. L'OM perd deux ou trois joueurs et se transforme en équipe de régionale. C'est un problème culturel, une question de résilience qui devrait caractériser un grand club français, et qui fait cruellement défaut à Marseille depuis plusieurs semaines.
La mise au vert changera-t-elle vraiment quelque chose?
En théorie, oui. Un groupe qui se rassemble, qui se parle sans les caméras, qui reprend confiance dans un cadre apaisé, c'est souvent le début de la remontée. La Commanderie n'est pas n'importe quel lieu: c'est un endroit chargé d'histoire, où les grands joueurs de l'OM ont forgé leurs plus belles performances. Revenir aux fondamentaux, aux valeurs, à l'essence du club, ça peut fonctionner.
Mais soyons honnêtes: si c'était suffisant, l'OM ne serait pas en septième place. Les problèmes qui mine le club ne se règlent pas en trois jours de séjour collectif. Il faudrait voir si le collectif a vraiment envie de se battre, si les individualités sont disposées à se soumettre au groupe, si l'entraîneur trouvera les solutions tactiques qui ont manqué contre Nantes.
Statistiquement, une mise au vert couplée à un changement de dynamique peut fonctionner. Les équipes qui réagissent après un coup dur le font souvent en revenant à des bases simples: défendre solidement, être efficace offensivement, montrer de l'intensité. L'OM a les joueurs pour ça. La question, c'est s'ils en ont la volonté. Et franchement, après 0-3 face à Nantes, on a le droit de se poser la question.
Combien de temps avant le point de non-retour?
Voilà la vraie question. Il reste une vingtaine de matchs environ avant la fin de saison. Vingt matchs pour revenir de sept points sur le podium. Théoriquement possible. Pratiquement? Cela dépendra de la réaction immédiate. Si Marseille gagne ses deux ou trois prochains matchs, on peut parler de sursaut. Si le groupe continue de traîner les pieds, de montrer cette mollesse vue à Nantes, alors là, on parlera de déclassement.
La Ligue des Champions, l'OM y a cru jusqu'à dimanche. Maintenant, même une place européenne s'éloigne. L'Infobox est cruel: neuf points de retard sur le troisième, c'est déjà presque la question de vivre l'Europe League ou de batailler pour une place de Coupe de France. Pour un club de la trempe de l'OM, c'est humiliant.
Ce qui rend cette mise au vert passionnante, c'est qu'elle arrive justement au moment critique. Pas trop tard pour réagir, mais déjà trop tard pour les rêves. C'est le moment où les groupes révèlent leur vrai nature. Marseille sortira-t-il des murs de la Commanderie ressoudé et affamé, ou bien brisé et résigné? Les prochains matchs le diront. Mais d'ici quelques semaines, on saura si cette mise au vert aura été un tournant ou juste une parenthèse dans une saison ratée.