Incapables de battre Lorient au Parc (2-2), les Parisiens se présentent à Munich fragilisés. Un résultat qui ravive les doutes avant la plus grande épreuve de la saison.
Quand on joue pour l'Europe et qu'on ne peut pas vaincre une équipe de Bretagne, il est temps de se poser les bonnes questions. Le PSG a gâché une occasion en or de se mettre en confiance avant d'affronter le Bayern Munich en Ligue des champions, s'inclinant face à Lorient sur le score de 2-2 au Parc des Princes. Ce n'est pas un résultat, c'est un diagnostic. Et il n'est pas réjouissant.
Quand l'efficacité joue des tours au Paris Saint-Germain
Le match aura la forme d'une parabole désenchantée. Dominateurs en première période, les Parisiens ont largement eu les occasions pour faire le break. Kylian Mbappé, de son côté, n'a pas trouvé le cadre quand il le fallait. C'est d'ailleurs l'une des grandes frustrations de cette rencontre: le PSG a déroulé un football maîtrisé, avec 65% de possession et 18 tirs au total, mais n'a jamais vraiment tué le match.
Lorient, équipe inégale capable aussi bien de boxer que de se faire écraser, s'est accroché comme une équipe qui n'avait rien à perdre. C'est presque un reproche qu'on peut adresser aux Parisiens: jouer comme si la victoire était acquise d'avance. L'inattention collective s'est payée au prix fort quand les Bretons ont égalisé puis pris l'avantage en deuxième période. Revenir deux fois au score n'est jamais glorieux.
Ce qui pose question, c'est la régularité défensive. Depuis le début de saison, le PSG laisse trop d'espaces. Les transitions offensives de Lorient ont trouvé des autoroutes qu'aucune équipe de haut niveau ne devrait offrir. Et puis il y a cette capacité à ne pas concrétiser qui hante les Parisiens depuis des mois. Vingt-cinq occasions échouées en Ligue 1 ces dernières semaines. À un certain niveau, on ne peut pas se permettre ce luxe.
Munich, le vrai moment de vérité
Ce match contre Lorient aura au moins le mérite de montrer que le Bayern Munich ne pardonnera pas les mêmes erreurs. L'Allianz Arena n'est pas le Parc des Princes. À Munich, les équipes allemandes jouent avec une discipline, une rigueur tactique et une conversion offensive que le PSG vient de démontrer ne pas maîtriser en ce moment. Revenir deux fois au score là-bas, ce ne sera jamais possible.
Luis Enrique se retrouve face à un dilemme classique: comment remotiver une équipe après un résultat décevant sans la paralyser avec des critiques trop dures? Le technicien espagnol aura 48 heures pour trouver les mots. Et surtout, pour trouver des solutions tactiques. Car c'est bien là que le bât blesse. Aucune ajustement décisif n'a été tenté lors de la deuxième période quand Lorient a commencé à revenir.
Les chiffres disent tout: 52% de conversion des occasions pour le PSG contre 40% pour Lorient. C'est déjà mauvais. Mais face au Bayern, qui affiche des statistiques inverses depuis plusieurs années, c'est du suicide. Les Bavarois, eux, ne laissent rien au hasard. Une possession similaire se convertit en quatre ou cinq buts. Le PSG devra donc bénéficier d'un miracle collectif ou d'une performance transcendante pour espérer quelque chose à l'extérieur.
Ce 2-2 de Lorient aura au moins une vertu: rappeler que le football parisien, même avec ses stars, reste fragile. Fragile dans sa mentalité de compétiteur, fragile dans sa solidité défensive, fragile dans sa capacité à encaisser une adversité mineure. C'est ce type de fragilité qui, face au Bayern, se transforme en débâcle.
- 18 tirs pour le PSG, mais seulement 2 buts marqués
- 65% de possession parisienne, insuffisant pour écraser Lorient
- 5 buts encaissés en 3 matchs de Ligue 1, une moyenne défensive inquiétante
- 3 matchs sans victoire avant d'affronter le Bayern en Ligue des champions
Il reste encore quarante-huit heures avant Munich. Deux jours pour reconstituer une confiance passablement écornée et pour retrouver cette dimension de favori qui définit le PSG en Europe. Mais à la vitesse où vont les choses, on se demande si ce délai suffira à réparer ce qui vient de se casser au Parc des Princes. Le Bayern, lui, ne se posera pas la question.