Après une saison de transition, le PSG s'apprête à remodeler sa hiérarchie entre les poteaux. Safonov monte en puissance quand d'autres s'en vont.
Le Paris Saint-Germain ne sera pas épargné par les remous de l'été. Après avoir trimballé ses incertitudes toute la saison, la Maison Pleyel s'apprête à trancher enfin la question du poste de gardien de but, cette position qui tue les projets quand elle traîne.
Matvey Safonov a transformé son passage au club en véritable tremplin. Arrivé du Krasnodar russe il y a quelques mois à peine, le portier de 25 ans a joué les opportunistes avec un sens tactique et une autorité de jeu qu'on n'attendait pas forcément d'un jeune gardien découvrant l'Europe à haut niveau. Le staff de Luis Enrique s'en est aperçu rapidement. Les apparitions se sont multipliées, les confusions se sont dissipées, et peu à peu, le Russe s'est construit un argumentaire solide pour réclamer une vraie place lors de la prochaine saison.
Safonov débouche enfin
La progression de Safonov n'était pas écrite d'avance. Arrivé dans un contexte flou, sans garanties, il aurait pu sombrer comme tant d'autres gardiens parisiens avant lui. Au lieu de cela, il a saisi chaque occasion comme un homme qui sentait qu'on ne lui en donnerait peut-être pas d'autres. Ses arrêts, ses relances, son jeu au pied régulier : rien de flamboyant, mais du solide, du fiable. Le genre de qualités que les entraîneurs prisent en cette époque où le gardien n'est plus un simple stoppeur de ballons.
Son taux de participation aux match est passé de quelques apparitions sporadiques à une présence quasi régulière sur le terrain. Les chiffres ne racontent qu'une partie de l'histoire, mais un gardien qui joue c'est un gardien qu'on envisage sérieusement. L'entourage du joueur n'en cache d'ailleurs pas sa satisfaction. La belle histoire du jeune Russe qui arrive en Ligue 1 et qui se construit patiemment plaît bien aux récits du football moderne.
Reste que cette ascension soudaine de Safonov remet en question l'équilibre fragile que le PSG s'était construit entre ses trois gardiens. Et cet équilibre, il était devenu intenable.
Le départ qui faisait figure d'inévitable
Un autre gardien va quitter le club. Selon nos informations, l'option est sérieusement envisagée, le scénario désormais probable. Lequel ? C'est là que le dossier devient savoureux pour les amateurs de petites intrigues parisiennes. Le PSG avait empilé les expériences à ce poste durant les trois dernières années : des recrues qui se sont soldées par des déboires, des titularités qui ont viré au cauchemar médiatique, des situations où personne ne savait vraiment qui gardait les buts le dimanche suivant.
Cette situation n'était plus viable pour quiconque. Pas pour les entraîneurs qui perdent un temps fou à gérer des conflits d'ego au poste. Pas pour les gardiens eux-mêmes, qui voient leur carrière s'enliser dans une hiérarchie permanente. Et pas pour le collectif non plus, qui sent cette tension chaque fois qu'il y a une crise dans le jeu. Un gardien inexpérimenté qui doute, c'est un groupe qui doute. C'est la règle du football depuis qu'on joue au ballon.
Luis Enrique, depuis son arrivée, a montré son goût pour la clarté tactique et l'ordre établi. Il déteste les zones grises. Or, une hiérarchie à trois gardiens, c'est exactement ça : une zone grise permanente. D'où la nécessité de dégraisser, de trancher. Safonov ayant convaincu, d'autres doivent partir. C'est brutal, c'est brutal, mais c'est aussi ainsi qu'on construit une équipe de compétition.
Un chantier été qui n'attend que le fer de lance
Le PSG a besoin d'une clarification en cascade à son poste de portier. Avoir trois gardiens majeurs dans un effectif de haut niveau, c'est un luxe que peu de clubs peuvent se permettre. Les trois meilleurs clubs du moment, le Real Madrid, Manchester City, Arsenal, travaillent tous sur le même schéma : un gardien numéro un incontestable, un doublure sérieuse, un jeune en développement. Pas plus.
Avec Safonov qui mûrit à vue d'œil, le PSG peut enfin envisager cette architecture. L'autre question, c'est celle de l'ambition affichée. Si le club parisien veut vraiment jouer la Ligue des champions avec des prétentions sérieuses, il faut une certitude en ce poste. Safonov est-il cette certitude ? Les trois premiers mois le laissent croire. Mais un été de réflexion et de test, c'est aussi ce dont il a besoin pour confirmer qu'il n'était pas qu'un feu de paille.
Les mouvements entre les poteaux parisiens cet été ne sont que le début d'une remise en ordre plus profonde. Luis Enrique estime clairement qu'il y a du surpoids à éliminer, des certitudes à construire. Après une saison où le PSG a navigué à vue, où les incertitudes se sont empilées semaine après semaine, voilà enfin un axe clair : faire monter Safonov et laisser partir celui qui n'aura plus sa place. Le reste suivra.
Cet été sera décisif pour la direction sportive parisienne. Les gardiens, c'est juste l'apéritif.