Recruté pour 60 millions d'euros, le défenseur ukrainien du PSG traverse une première saison décevante. Un ancien Marseillais monte à sa défense alors que les questions se multiplient sur ce transfert.
Soixante millions d'euros pour un défenseur central de 22 ans en provenance du Dynamo Kiev. Le Paris Saint-Germain a cru tenir un investissement pour l'avenir en accueillant Illia Zabarnyi lors du dernier mercato estival. Six mois plus tard, le bilan ressemble davantage à une interrogation qu'à un triomphe, tant le jeune Ukrainien peine à trouver ses marques au sein du championnat français et de l'effectif parisien.
Les débuts en Ligue 1 d'un néophyte coûtent toujours cher, mais à ce prix-là, les attentes dépassent largement la courbe d'adaptation. Zabarnyi accumule les sorties et les performances inégales, quand il ne cède pas simplement sa place dans l'hiérarchie défensive. Dans un Paris en quête perpétuelle de stabilité à l'arrière et saturé de chantiers tactiques, voilà que le club parisien se retrouve confronté à ce que nul ne souhaitait : un flop précoce.
Quand la défense parisienne devient un labyrinthe
Intégrer la défense du PSG relève de l'équation complexe. Il n'y a pas là un simple problème d'adaptation à la Ligue 1, mais plutôt une situation où le collectif défensif français traverse une phase de reconstruction permanente. Entre les blessures qui s'enchaînent, les choix tactico-techniques oscillants et un contexte où aucune hiérarchie n'apparaît vraiment établie, le défenseur ukrainien s'est retrouvé dans un environnement aussi fluide que difficile à décoder.
Pourtant, ses credentials internationales ne manquaient pas. International ukrainien aguerri, Zabarnyi avait grandi dans un club traditionnellement solide sur le plan défensif. Le passage à un championnat plus intense, avec ses attaquants prolifiques et son rythme soutenu, aurait dû marquer une transition naturelle. Il n'en a rien été. Les critiques ont fusé rapidement, autant sur sa lecture du jeu que sur sa capacité à suivre le tempo parisien.
Ce qui rend la situation encore plus délicate, c'est que le PSG ne disposait guère de marge de manœuvre financière pour absorber un tel investissement approximatif. Avec un secteur défensif où figurent déjà Marquinhos, Achraf Hakimi et autres joueurs à forte valeur marchande, l'arrivée de Zabarnyi aurait dû s'inscrire dans une logique de complément structuré et de progression programmée.
Depuis septembre, ce qui devait être un renfort devient plutôt un casse-tête. Les statistiques restent parlantes : moins de 15 apparitions en Ligue 1, une place de moins en moins garantie lors des matchs décisifs. Entre 2500 et 3000 minutes de jeu au maximum, loin des 2800-3000 minutes annuelles que tout défenseur de son calibre devrait faire à ce niveau de compétition.
Quand les anciens Marseillais prennent la parole
C'est là qu'intervient une voix inattendue. Un ancien pensionnaire de l'Olympique de Marseille, fort de son expérience de la Ligue 1 et du contexte français, s'est porté à la défense du jeune Ukrainien. Non pour minimiser les difficultés, mais pour les contextualiser. Car il existe une différence fondamentale entre un joueur inapte et un joueur en pleine phase d'apprentissage dans un écosystème exigeant et instable.
Ce soutien rappelle une vérité souvent oubliée dans le football moderne : l'adaptation prend du temps. Elle ne suit pas la courbe impatiente des investissements massifs. Zabarnyi n'est pas le premier défenseur à connaître une entrée chaotique en Ligue 1. D'autres avant lui ont mis douze ou dix-huit mois avant de trouver leur véritable niveau. Mais dans un Paris saturé de résultats immédiats et de projections médiatiques, cette latitude n'existe guère.
L'ancien Marseillais qui le défend comprend les mécanismes invisibles : la différence entre la défense physique de l'Europe de l'Est et les transitions rapides françaises, l'importance de la communication défensive en français, la gestion psychologique d'être un investissement ultra-coûteux sous les projecteurs parisiens. Tous ces paramètres qui échappent au supporter regardant les matchs le dimanche soir.
Cependant, cette défense ne change rien à la réalité sportive. Zabarnyi doit produire. Le PSG n'a pas le luxe d'attendre. Avec un effectif en constante réorganisation et des enjeux européens majeurs, chaque position compte. Et pour 60 millions d'euros, les exigences deviennent simplement non-négociables.
- 60 millions d'euros : le montant du transfert de Zabarnyi depuis le Dynamo Kiev
- Moins de 15 apparitions en Ligue 1 depuis son arrivée à l'été 2024
- 22 ans : l'âge du défenseur central ukrainien, parmi les plus jeunes de l'effectif parisien
- 3e saison depuis 2022 : le nombre de changements d'entraîneur au PSG ayant impacté sa trajectoire
Reste à savoir si le PSG accordera suffisamment de temps et de confiance à son jeune défenseur pour que cette prise de parole influente serve véritablement à quelque chose. La Ligue 1 est implacable pour les investissements ratés, d'autant plus quand ils portent le maillot bleu et rouge. Zabarnyi dispose probablement de quelques mois supplémentaires pour justifier son prix. Mais ce sursis n'est jamais infini.