Aller au contenu principal
Football

Domenech veut abolir les transferts, quitte ou double

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Raymond Domenech enfonce le clou sur l'Equipe du soir en réclamant l'abolition pure et simple des transferts. Une sortie radicale qui ravive le débat sur l'équilibre compétitif du football.

Domenech veut abolir les transferts, quitte ou double

Raymond Domenech n'y va pas par quatre chemins. Vendredi soir sur le plateau de l'Equipe du soir, l'ancien sélectionneur national a lâché une bombe dans le débat tranquille sur les mercatos estivaux : supprimer les transferts. Pas réformer. Pas réguler. Éliminer. C'est simple, c'est violent, c'est Domenech.

La question de Michael Olise et d'un éventuel départ de Crystal Palace servait de prétexte. Mais peu importe le prétexte avec lui. Le fond remonte vite à la surface, toujours cru, souvent dérangeant. Et cette fois, c'est un cri d'alerte qu'il pousse : le football moderne s'est perdu en route, noyé dans les flux de joueurs qui font tourner les clubs comme des portes tournantes.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

Pourquoi un ancien entraîneur de haut niveau réclame-t-il l'impossible?

Domenech ne se positionne pas comme un utopiste. Il parle d'expérience. Celui qui a dirigé la France pendant sept ans, jusqu'à l'humiliation de 2010 en Afrique du Sud, a vu de l'intérieur comment les mercatos toxiques paralysent les projets. Les entraîneurs construisent pendant dix mois, puis perdent trois joueurs clés en quinze jours. Recommencer. Encore. Et encore.

Son argument porte une logique implacable : si les transferts disparaissaient, les clubs seraient forcés de développer leur propre vivier. Les académies retrouveraient du sens. Les jeunes auraient des vraies perspectives. Les entraîneurs pourraient enfin penser à moyen terme sans regarder par-dessus l'épaule. Les présidents aussi seraient obligés d'investir intelligemment dans la formation plutôt que dans les embrouilles du marché.

C'est radical, oui. Mais regarde le modèle NFL américain : aucune libre circulation, draft annuel, équilibre compétitif plus équitable. Les franchises y gagnent. Les différents les font plutôt que les contrats. Domenech pense loin, même si son idée n'a zéro chance d'aboutir.

Comment expliquer que ce discours émerge maintenant?

Le calendrier du football professionnel s'est emballé. Entre les coupes continentales qui se multiplient, les éliminatoires, les barrages, les play-offs inventés à la dernière minute, les clubs n'ont plus le temps de laisser respirer leurs effectifs. Résultat : ils achètent, vendent, échangent en permanence. Les 30 plus grands clubs mondiaux injectent plus de 6 milliards d'euros annuels dans les transferts. C'est un flux permanent qui fatigue le système.

Et puis il y a la question morale. Quand un gamin formé à Crystal Palace depuis huit ans s'en va parce qu'une écurie londonienne mieux dotée vient frapper à la porte, le projet du club qui l'a élevé s'effondre. Michael Olise incarne parfaitement ce profil : produit maison, explosif, convoité par le top européen. Palace le perd, et tout son système s'écroule.

Domenech observe aussi que les présidents se sont transformés en parieurs. Ils achètent des joueurs comme on joue au casino. Pas de vision, pas de plan, juste de l'argent qui circule. Les entraîneurs? Réduits à des exécutants. Voilà ce qui l'exaspère vraiment.

L'idée de Domenech peut-elle influencer les décideurs?

Zéro chance. Mais c'est justement là le pouvoir de cette sortie. Elle ne vise pas à convaincre l'UEFA ou la FIFA. Elle vise à réveiller les consciences sur le chaos du modèle actuel. Et ça marche: on en parle. Les réseaux s'enflamment. Les fans se divisent.

La FIFA et l'UEFA travaillent effectivement sur des mesures plus ou moins contraignantes : règles de préachat, FFP renforcé, limitations sur les dépenses. Mais ces bricolages ne règlent rien. Ils contentent juste les mastodontes du système. C'est pourquoi Domenech secoue la table : il faut cesser de faire semblant. Soit on accepte le chaos, soit on le supprime radicalement.

Évidemment, aucun géant du foot n'abandonnera volontairement cette arme. Pas Manchester City, pas le Real Madrid, pas Paris. Ils dominent précisément parce qu'ils peuvent acheter qui ils veulent. Abolir les transferts, c'est leur enlever l'avantage concurrentiel qu'ils se sont construits à coups de milliards.

Mais voilà ce qui rend la réflexion de Domenech importante : elle force le débat. Elle sort les gens du consensus mou. On ne peut pas à la fois critiquer les excès du marché et continuer à le nourrir comme si de rien n'était. Il faut choisir. Et en l'énonçant aussi brutalement, l'ancien entraîneur français nous oblige à nous positionner.

Michael Olise quittera probablement Crystal Palace cet été. Un nouveau joueur prometteur disparaîtra chez un concurrent mieux armé financièrement. Et le cycle recommencera. Mais au moins, cette fois, quelqu'un aura eu le courage de crier que le roi est nu. Domenech, comme toujours, restera celui qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas.

Pour aller plus loin

Équipement football 🛒

Tous les guides →

Comparatifs détaillés et meilleurs prix sur les équipements football.

Outils & paris sportifs

Hub complet →

Articles similaires