Ferland Mendy a dû abandonner ses coéquipiers face à l'Espanyol dès la 14e minute. Une nouvelle tuile pour le latéral français, qui accumule les pépins physiques cette saison.
Quatorze minutes. C'est tout ce qu'a pu tenir Ferland Mendy dimanche soir sur la pelouse de Cornellà. Le latéral français du Real Madrid a jeté l'éponge face à l'Espanyol Barcelone, contraint à l'abandon précoce après un nouveau problème musculaire. Une scène devenue malheureusement familière pour celui qui aurait dû être un rouage essentiel de la défense merengue cette saison.
Au moment où Carlo Ancelotti a besoin de stabilité sur son flanc gauche, voilà que Mendy replonge dans l'infirmerie. Le timing ne pouvait être pire. Le Real Madrid bâtit sa saison en espérant compter sur des cadres en bonne santé, et puis arrive cette cascade de malheurs. Depuis le début de la campagne, l'ancien défenseur de l'Olympique Lyonnais enchaîne les déboires physiques comme d'autres enchaînent les matchs.
Ses stats cette année parlent d'elles-mêmes : à peine plus de 15 apparitions en toutes compétitions, des absences récurrentes, une frustration palpable chaque fois qu'il fait son retour. Le joueur donne tout quand il est disponible, mais sa présence trop intermittente commence à devenir un véritable problème structurel pour les ambitions du club blanc.
Une maladie récurrente qui inquiète la Maison Blanche
Mendy n'est pas un pseudo-blessé qui traîne des jambes. C'est un compétiteur, un guerrier du ballon rond qui déteste manquer du temps de jeu. Sauf que quelque chose cloche dans sa construction physique depuis maintenant deux saisons. Les blessures s'accumulent, se répètent, prennent du temps à cicatriser. À 29 ans, il devrait être à son apogée, au sommet de sa puissance athlétique. Au lieu de cela, il devient un fantôme du vestiaire merengue.
Cette sortie dimanche soir, c'est plus qu'une simple alerte. C'est un signal d'alarme pour l'ensemble du projet madrilène. Les entraîneurs préparent leur stratégie en se demandant systématiquement : pourrai-je compter sur Mendy pour les trois prochains matchs ? Le doute s'installe. Et le doute, au Real Madrid, c'est déjà beaucoup trop.
L'effectif n'a pas une profondeur infinie sur ce côté du terrain. Ancelotti peut faire confiance à ses remplaçants, certes, mais la continuité manque. Un latéral gauche de classe internationale qui disparaît chaque mois, ce n'est pas un luxe que Madrid peut vraiment se permettre quand on joue la Ligue des Champions, la Coupe du Roi et une Liga ultratendus.
Le spectre d'une carrière qui s'essouffle
On se posait des questions sur Mendy dès son arrivée en 2017 depuis Lyon. Était-il assez consistant ? Assez fiable ? Les années qui ont suivi ont montré que oui, il y avait un grand défenseur chez ce gamin rapide et intelligent. Mais voilà qu'à l'approche des trente ans, au moment où un joueur à son poste devrait enfin atteindre sa pleine maturité, c'est l'inverse qui se produit.
Les absences répétées tuent une carrière plus sûrement que n'importe quelle baisse de niveau footballistique. Elles tuent la confiance, l'automatisme, la compréhension avec les partenaires. Elles tuent l'aura aussi. Mendy risque de passer à la postérité non comme un champion majeur du Real Madrid, mais comme un « si ». Un si seulement il n'avait pas eu tous ces pépin physiques. Un si seulement il n'avait pas manqué une campagne européenne sur deux.
Son contrat court jusqu'en 2025. Entre ici et là, plusieurs mois devront suffire pour transformer cette spirale négative. Sinon, l'été prochain, Madrid commencera très sérieusement à regarder ailleurs. Pas par malveillance. Par réalisme. Une équipe qui joue les plus hauts niveaux en Europe ne peut pas se payer le luxe d'aligner une arrière-garde avec un point d'interrogation permanent sur le flanc gauche.
Une équipe qui doit se réinventer sans attendre
Voilà où cela ramène Carlo Ancelotti. Son staff technique doit envisager des solutions alternatives, que ce soit en coulisse ou en première équipe. Soit en rangeant définitivement Mendy au placard et en parirant sur la génération suivante. Soit en mettant en place un système défensif qui ne soit pas aussi dépendant de la disponibilité d'un joueur en verre.
Le Real Madrid des trois dernières décennies s'est toujours construit sur une excellence défensive quasi implacable. Zidane, Ancelotti lui-même lors de ses passages précédents, Rafa Benítez : tous savaient que sans une arrière-garde de granit, pas de grandes aventures continentales. Aujourd'hui, avec Mendy qui disparaît par à-coups, c'est cette stabilité défensive qui commence à s'effilocher.
Face à l'Espanyol, on aurait pu penser à un simple test pour Ancelotti avant une période chargée. Mais quand un joueur n'arrive pas à tenir quatorze minutes, ce n'est plus un test. C'est un cri d'alarme ignoré. Et les cris d'alarme ignorés se transforment rapidement en débâcles.
Les jours qui viennent diront si Mendy revient rapidement ou s'il entre dans une nouvelle phase de convalescence. Mais au-delà des délais, c'est une question existentielle qui se pose : le Real Madrid peut-il vraiment continuer de miser sur ce joueur pour ses projets majeurs ? Le suspense n'a duré que quatorze minutes dimanche. Pour la suite de sa carrière à Madrid, il ne devrait pas durer beaucoup plus longtemps.