Après le revers 2-4 à Lyon, le capitaine rennais a reconnu sans détour la supériorité des Gones. Un aveu qui en dit long sur l'écart de niveau entre les deux équipes.
Valentin Rongier n'a pas cherché à se voiler la face. Au micro de Ligue 1+ dimanche soir, le capitaine du Stade Rennais a préféré regarder la réalité en face plutôt que de sortir les excuses habituelles après un revers à domicile. Lyon l'a simplement surclassé, lui et toute son équipe. Ce genre d'aveu, spontané et presque douloureux, est rare chez les perdants.
La défaite 2-4 au Groupama Stadium n'était pas un accident de parcours. Elle ressemblait plutôt à une démonstration de force de la part d'une équipe lyonnaise en pleine confiance. Rongier, qui a porté le brassard rennais, savait exactement ce qu'il avait vu. Pas besoin de tourner autour du pot ou de se réfugier derrière des détails tactiques. L'OL était simplement meilleur, plus fluide, plus dangereux, plus méthodique.
Pour un ancien du Vélodrome comme Rongier, habitué aux standards de l'Olympique de Marseille, cette reconnaissance de supériorité a du poids. À 29 ans, il a assez d'expérience pour discerner un mauvais jour d'une véritable différence de niveau. Lyon, ce dimanche, c'était le second cas.
Quand la défense rennaise craque en deuxième période
Ce qui rend le match encore plus frustrant pour les Bretons, c'est que la première mi-temps aurait pu s'écrire différemment. Rennes n'a pas été ridiculisé pendant 45 minutes. L'équipe de Bruno Génésio n'a pas déroulé non plus. C'était un match, avec ses rebondissements, ses occasions, ses moments où Rennes aurait pu croire à quelque chose. Mais l'entrée en deuxième période a tout changé.
Lyon a accéléré le tempo. Les Gones ont inscrit trois buts en deuxième acte, exposant les faiblesses défensives d'une charnière rennaise qui s'est progressivement désorganisée. Les latéraux ont commencé à se faire déborder. Le milieu de terrain, avec Rongier au cœur, n'a plus eu assez de ressources pour étouffer les transitions rapides de l'OL. La fatigue musculaire s'est accumulée.
Il y a quelque chose de presque mécanique dans la façon dont certaines rencontres s'échappent. Rennes a senti le match lui filer entre les doigts vers la 60e minute. À ce moment, tout changement de rythme ou ajustement tactique devient insuffisant. L'OL, lui, avait trouvé sa zone de confort, ce moment où tout fonctionne.
Rongier reconnaît aussi avoir manqué des choses à son poste. Ce genre d'humilité est rafraîchissant. Beaucoup auraient crié aux circonstances atténuantes, aux blessures, aux calendriers chargés. Le capitaine rennais, non. Il a vu un adversaire plus fort et il l'a dit.
Lyon sort le Rennes du combat sans état d'âme
Depuis le début de la saison, l'Olympique Lyonnais aspire à se rappeler à l'ordre. Les Gones, c'est une institution du foot français, mais ces dernières années, ils ont souvent joué les seconds rôles derrière le PSG ou derrière certaines équipes portées par un élan nouveau. Une victoire 4-2 en déplacement, face à un concurrent direct du podium, c'est justement le message dont avait besoin le Groupama Stadium.
Pour Rennes, la pilule passe d'autant plus difficilement que les Bretons se croyaient en pleine course pour les places de Coupe d'Europe. Cette défaite, accentuée par le manque de réaction cohérente, les éloigne sensiblement des objectifs du début de saison. À la mi-parcours, les écarts se creusent. Ceux qui trouvent leur rythme prennent de l'avance. Les autres décochent.
Il faut dire que Lyon a profité d'une attaque capable de faire des dégâts. Alexandre Lacazette, Romain Faivre, les jeunes pousses offensives du club rhodanien ont trouvé des espaces. Rennes, même avec Rongier en sentinelle, n'a jamais vraiment trouvé de solution pour combiner la fermeture des flux et la conservation du ballon.
La supériorité reconnaissable sur un terrain, c'est celle qui s'installe progressivement et qui devient irréversible. Dimanche, cela s'est produit à Lyon. Génésio aura eu à cœur de montrer à ses dirigeants et à ses supporters que son équipe pouvait tenir un vrai match contre les cadors de la Ligue 1.
Rongier et Rennes face aux vraies questions
Pour le Stade Rennais, cette soirée lyonnaise doit servir de piqûre de rappel. Les plans de jeu sophistiqués ne suffisent pas à ce niveau. Il faut du caractère, de la solidité défensive, des joueurs capables de repérer les dangers avant qu'ils ne deviennent catastrophiques. Rongier l'a compris. Son équipe, aussi.
La suite des événements au Roazhon Park dépendra de la façon dont Rennes digère ce revers. Certaines équipes regroupent les rangs et repartent de l'avant. D'autres accumulent les blessures morales et sombrent. Avec un capitaine comme Rongier, qui refuse de se réfugier dans les excuses, il y a au moins une chance que le message passe au vestiaire.
Reste que des performances comme celle de dimanche poussent les clubs à s'interroger sur leurs ambitions réelles. Rennes peut-il vraiment se battre pour une place à quatre chiffres en Ligue 1? Ou doit-il apprendre à accepter une place plus modeste? Ces questions affleurent après les gros revers. Et celle-ci, à Lyon, était massive.