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Football

Rabiot sort Milan de l'ornière à Vérone

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Adrien Rabiot a guidé l'AC Milan vers une victoire précieuse à Vérone en Serie A, offrant aux Rossoneri trois points vitaux dans la course au top 4.

Rabiot sort Milan de l'ornière à Vérone

Adrien Rabiot n'avait pas été recruté pour faire de la figuration. En ce samedi de 33e journée de Serie A, au Stadio Marcantonio Bentegodi de Vérone, le milieu de terrain français a rappelé pourquoi l'AC Milan avait misé sur lui en l'arrachant à la Juventus : dans les matches fermés, ceux où le talent seul ne suffit pas, il faut des hommes capables de peser sur le cours des événements. Rabiot fut cet homme-là.

Un Bentegodi verrouillé, un Français pour forcer la serrure

L'Hellas Vérone n'est pas une équipe qui s'offre. Physique, organisée, prompte à défendre bas son rectangle, la formation véronnaise a longtemps résisté aux assauts milanais dans une rencontre qui prenait les contours d'un nœud tactique. Les deux équipes s'observaient, se testaient, sans que les espaces ne s'ouvrent vraiment. Ce type de match, la Serie A en produit à la pelle en fin de saison, quand les enjeux compriment les ambitions et que la prudence l'emporte sur l'audace.

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C'est dans ce contexte contraint qu'Adrien Rabiot a tranché. À la 41e minute, le milieu international français a ouvert le score, offrant aux Rossoneri un avantage précieux à la pause. Un but dont la valeur dépasse le simple geste technique : dans un match aussi fermé, marquer avant la mi-temps, c'est imposer sa loi psychologique à l'adversaire et se ménager la latitude de gérer plutôt que de courir.

Depuis son arrivée à Milan, Rabiot cherchait précisément ce type de contribution décisive. À 29 ans, après des saisons parfois en demi-teinte à Turin malgré son indéniable qualité technique, il semble avoir trouvé dans le maillot rouge et noir un cadre propice à l'expression de son meilleur niveau. Sa capacité à abattre un volume de jeu important tout en apportant une menace offensive constante fait de lui un profil rare en Serie A.

Milan joue sa saison match après match, et le sait

Derrière l'anecdote du résultat se cache une réalité plus lourde pour l'AC Milan. Chaque point compte désormais dans la course aux places qualificatives pour la Ligue des champions. Le club lombard navigue dans un championnat où l'écart entre le top 4 et la zone de turbulences reste ténu, où une série de deux ou trois faux pas peut remettre en cause plusieurs mois d'efforts. Dans ce contexte, un déplacement à Vérone, théoriquement abordable sur le papier, prenait une dimension particulière.

La Serie A 2024-2025 aura été à bien des égards un championnat de vérité pour Milan. La saison dernière encore, les Rossoneri avaient terminé à une décevante cinquième place, manquant de peu la qualification directe pour la phase de groupes de la Ligue des champions. La direction sportive a investi, restructuré, confié les rênes à un staff technique censé corriger ces errements. Les résultats sont là, mais ils demeurent fragiles, dépendants de performances individuelles plutôt que d'une mécanique collective pleinement huilée.

Vérone, justement, illustrait cette dépendance. Sans Rabiot dans ce rôle de détonateur, sans cette inspiration à la 41e minute, le match aurait très bien pu basculer vers un 0-0 frustrant ou pire. 33 journées de Serie A auront eu raison de certaines certitudes milanaises, mais elles auront aussi révélé quelques certitudes nouvelles — et le Français en fait partie.

Quand la Serie A redevient une école de rigueur

Il y a dans cette victoire à Vérone quelque chose qui raconte l'évolution du football italien contemporain. La Serie A que beaucoup ont longtemps enterrée, trop physique, trop défensive, trop peu spectaculaire, résiste et retrouve même une certaine attractivité économique et sportive. Les téléspectateurs français découvrent ou redécouvrent le championnat à travers le prisme de joueurs nationaux : Theo Hernandez, Marcus Thuram à l'Inter, et désormais Adrien Rabiot à Milan. Trois profils, trois manières différentes d'influencer un match de football.

Mais au-delà du marketing de la diaspora française en Italie, ce que Vérone raconte, c'est la valeur de la solidité dans un sport de plus en plus dominé par les narratifs de l'entertainment. Un match fermé, gagné 1-0 sur un but avant la mi-temps, géré avec application — voilà une équation que beaucoup de clubs européens ont oubliée dans leur course au spectacle. L'AC Milan, lui, ne pouvait pas se payer le luxe de l'imprudence.

La direction du club, emmenée par Giorgio Furlani et soutenue par le fonds américain RedBird Capital qui a acquis le club en 2022 pour 1,2 milliard d'euros, observe ces performances avec le soin que l'on réserve aux investissements sous tension. La qualification en Ligue des champions n'est pas qu'une question de prestige sportif — elle représente plusieurs dizaines de millions d'euros de revenus supplémentaires, une capacité de recrutement renforcée, et surtout la possibilité de conserver les meilleurs éléments d'un effectif qui commence seulement à trouver ses repères collectifs.

Adrien Rabiot, lui, n'a probablement pas réfléchi à tout cela au moment de planter son but au Bentegodi. Mais le football de haut niveau a ceci de particulier que les gestes individuels s'inscrivent toujours dans des logiques bien plus vastes. Sa saison milanaise sera jugée à l'aune de ce que Milan parviendra à arracher dans ces dernières journées. Et si les Rossoneri terminent dans le top 4, il y aura dans ce bilan quelques buts, quelques passes, quelques matches comme celui de Vérone où un Français aura fait la différence. Ni plus, ni moins — mais c'est précisément tout ce qu'on lui demandait.

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