Après la déroute contre Lens en Coupe de France (1-4), Toulouse cherche un successeur à Carles Martinez Novell. Un grand favori a émergé.
Une gifle. 1-4 face au Racing Club de Lens en demi-finale de la Coupe de France — le score est sans appel, et il résonne encore dans les couloirs du Stadium de Toulouse. L'élimination brutale du Téfécé laisse une question suspendue dans l'air : Carles Martinez Novell peut-il encore tenir le vestiaire et la direction? Les premiers signaux venus de l'intérieur du club répondent de plus en plus clairement : non.
Carles Martinez Novell, une fin de règne qui s'écrit dans les faits
Le technicien espagnol n'a pas été limogé dans la nuit qui a suivi la débâcle contre Lens. Toulouse n'est pas un club qui agit à chaud, et la direction — Damien Comolli en tête — a pris le soin de ne pas allumer d'incendie médiatique supplémentaire. Mais entre ne pas agir dans la précipitation et maintenir une confiance totale, il y a un monde. Et ce monde, les observateurs proches du club le mesurent chaque jour davantage.
Martinez Novell avait pourtant hérité d'un mandat ambitieux. Arrivé pour incarner une certaine continuité dans le projet de jeu prôné par le groupe américain RedBird Capital Partners depuis le rachat du club, il devait allier identité collective et résultats. Sur le papier, l'équilibre a tenu un temps. Mais les signaux d'essoufflement se sont accumulés. En Ligue 1, Toulouse pointe à une position qui ne reflète pas les ambitions affichées par ses propriétaires, qui ont investi massivement dans la structure sportive depuis leur arrivée aux commandes en 2020.
La Coupe de France était devenue le dernier oxygène d'une saison décevante. Lens l'a refermée d'un coup, proprement, sans que le TFC ne trouve les ressources pour répondre. Quatre buts encaissés, une équipe qui s'est délitée en seconde période — difficile de plaider non coupable dans ces circonstances.
Un favori de poids dans la course au banc toulousain
Qui pour prendre les rênes? C'est là que l'information fait du bruit. Selon plusieurs sources concordantes, un profil de premier plan a été identifié comme le grand favori pour succéder à Carles Martinez Novell. Sans surprise, le nom qui circule correspond aux nouvelles ambitions du Téfécé : un entraîneur expérimenté, aguerri aux joutes de la Ligue 1, capable d'imprimer rapidement sa patte sur un groupe et de redonner du sens à un projet qui cherche à retrouver le fil conducteur de la belle époque.
Toulouse n'en est pas à son premier choix fort sur le banc. Le club avait frappé fort en s'attachant les services de Philippe Montanier, qui avait conduit le club jusqu'à la victoire en Coupe de France en 2023 — premier trophée majeur depuis 1957, une date gravée dans le marbre de l'histoire du football français. Cet exploit avait propulsé le TFC sur la scène européenne, avec une campagne en Ligue Europa Conference League qui avait confirmé les progrès du groupe. La barre est donc haute, et la direction le sait : le prochain entraîneur devra porter cette histoire tout en la dépassant.
Damien Comolli, directeur du football et véritable architecte du projet sportif, a l'habitude de mener des recrutements discrets mais ciblés. Son réseau en Europe, forgé lors de passages à Liverpool, Tottenham ou encore Saint-Étienne, lui permet d'accéder à des profils rares. Les discussions seraient avancées, et une officialisation pourrait intervenir rapidement une fois la saison de Ligue 1 bouclée.
Un chantier immense qui dépasse le simple choix d'un coach
Changer d'entraîneur ne résoudra pas tout. Toulouse doit repenser sa trajectoire sportive dans son ensemble, et le mercato estival qui s'annonce sera décisif. Le club a la particularité d'être l'un des rares en France à disposer d'un projet de formation sérieux — le centre d'entraînement de Métairie-Blanche est devenu une référence — mais la capacité à retenir les talents et à les entourer de joueurs confirmés reste un défi permanent.
Le budget de masse salariale du TFC, sans atteindre les sommets des Olympique de Marseille ou Paris Saint-Germain, a progressé de manière significative sous l'ère RedBird. On parle d'une enveloppe mercato qui devrait avoisiner les 20 à 25 millions d'euros cet été, une fourchette qui positionne Toulouse dans le ventre mou du marché français — suffisant pour bien travailler, insuffisant pour s'offrir des stars établies. Le prochain entraîneur devra donc composer avec cette réalité, et surtout la transcender.
Il devra également reconstruire une cohérence défensive mise à mal ces dernières semaines. Sur les sept derniers matchs du Téfécé toutes compétitions confondues, les Violets ont encaissé plus de deux buts par rencontre en moyenne — une statistique qui illustre mieux que tout discours les fissures actuelles dans l'organisation de l'équipe. À l'heure où la Ligue 1 se resserre et où chaque point compte pour le maintien dans la première moitié de tableau, ces chiffres sont une alarme.
La question de la continuité des cadres se pose aussi. Des joueurs comme Niklas Schmidt, Zakaria Aboukhlal ou encore Thijs Dallinga ont porté le jeu toulousain sur leurs épaules ces dernières saisons. Leur avenir au club n'est pas garanti, et plusieurs clubs étrangers surveilleraient de près la situation. Le prochain homme fort du banc devra peser dans les décisions sportives, pas simplement les subir.
Toulouse se retrouve à un carrefour. Le club a prouvé en 2023 qu'il pouvait écrire de grandes pages. La question n'est plus de savoir s'il en est capable — c'est de savoir si ce club a les moyens de sa constance. Le prochain entraîneur n'aura pas droit à une longue période de grâce. À Toulouse, le rêve est intact. L'impatience, aussi.