Libre depuis son départ de Lille, Thomas Meunier fait la course aux prétendants. Anderlecht a déjà bougé pour rapatrier le latéral belge, mais la concurrence s'annonce féroce.
Quand un latéral de 32 ans quitte la Ligue 1 libre de tout contrat, on pourrait imaginer que les regards se détournent. Thomas Meunier, lui, provoque l'inverse : une ruée. L'arrière droit belge a bouclé son aventure nordiste avec le LOSC sans que le club ne parvienne à le prolonger, et voilà qu'avant même que le mercato n'officialise ses envies d'ailleurs, les prétendants font déjà la queue devant sa porte. Anderlecht a frappé le premier, selon La Dernière Heure, en transmettant une offre concrète au joueur formé à Genk.
Pourquoi Meunier reste-t-il une proie si convoitée à cet âge?
Il faut d'abord comprendre ce que représente Thomas Meunier dans le marché actuel. Ce n'est pas un jeune prospect qu'on fait patienter sur le banc en espérant qu'il explose. C'est un professionnel d'expérience qui a goûté à la Premier League avec Tottenham, au PSG en Ligue 1, et qui revient de trois saisons au LOSC où il a joué 95 matchs toutes compétitions confondues. Un latéral qui connaît les enjeux européens, capable de tenir une ligne défensive, assez rapide encore pour suivre les ailiers modernes, et surtout sans rente de situation puisqu'il débarque libre.
Pour un club comme Anderlecht, en reconstruction identitaire depuis quelques années, c'est du manna tombé du ciel. Le club bruxellois joue sa survie sportive en championnat belge mais aussi en coupe d'Europe. Avoir un Meunier dans son effectif, c'est gagner immédiatement en maturité défensive, en crédibilité auprès des arbitres internationaux, en expérience tactique. À 32 ans, un joueur ne coûte rien en transfert mais rapporte énormément en termes d'encadrement et de stabilité. C'est le modèle que suivent aujourd'hui les petits clubs européens qui veulent progresser : chercher les libres de la classe moyenne plutôt que les jeunes talents survendus.
L'autre raison de cet engouement? Les latéraux de niveau decent sont rares. Vraiment rares. Meunier a disputé plus de 250 matchs en top divisions européennes. Il sait défendre en un contre un, il peut gêner un ailier, il gère les transitions rapides. Ces compétences-là ne s'achètent plus aux prix d'avant. C'est devenu du luxe.
Anderlecht peut-il vraiment remporter ce bras de fer?
Sur le papier, non. Le Sporting d'Anderlecht offre stabilité financière relative et un projet intéressant, certes, mais le club n'a pas les moyens de séduire un joueur par le seul salaire. La Belgique paye moins bien que la Ligue 1, beaucoup moins bien. Meunier gagnerait probablement moins, ce qui complique instantanément les négociations avec un homme qui a grandi dans l'exigence du PSG et qui a prouvé à Lille qu'il pouvait fonctionner au plus haut niveau français.
Cependant, Anderlecht possède un atout que les autres clubs moins avancés n'ont pas : la proximité géographique et identitaire. Meunier est belge, formé en Belgique, et Anderlecht, c'est l'une des plus grandes institutions du pays. Revenir au royaume pour terminer sa carrière en tant que figure de proue d'une équipe qui joue l'Europe, c'est un scénario qu'un joueur de son profil peut trouver séduisant. Ce ne sont pas les millions qui font la différence ici, c'est l'histoire, le prestige intact du club, la possibilité de devenir une légende.
Encore faut-il que d'autres clubs n'interviennent pas. Et c'est là que le calcul change. Des formations de Ligue 1 en recherche de stabilité défensive, ou même certains clubs de Bundesliga ou d'Eredivisie, pourraient proposer des packages plus attrayants sur le plan sportif ou financier.
Où pourrait vraiment terminer sa carrière ce latéral emblématique?
Anderlecht demeure le scénario le plus logique, mais pas le seul. Meunier incarne exactement le profil que recherchent les clubs en transition : un homme d'expérience, capable de jouer au plus haut niveau, qui peut apporter de la structure sans exiger des moyens démesurés. Les clubs français midtable pourraient le cibler. Même certaines formations de Ligue 2 ambitieuses pourraient se dire qu'investir 15 000 euros par mois sur un tel joueur, c'est se donner les outils pour progresser durablement.
L'autre hypothèse, moins probable mais envisageable : un départ vers la Suisse ou l'Italie. Anderlecht a eu raison de frapper vite. Dans ce marché du libre, celui qui bouge en premier capture souvent le meilleur coup.
Ce qui se noue autour de Meunier dépasse donc le simple jeu de chaises musicales. C'est un test de force entre plusieurs visions du football moderne : celle d'Anderlecht qui parie sur le retour aux sources et la stature, celle d'autres clubs qui tablent sur le professionnel chevronné comme levier de croissance. Meunier, lui, attendra les meilleures conditions pour poser ses valises. À cet âge-là, on ne se décide plus par passion. On se décide par certitude.