Libre depuis son départ du LOSC, Thomas Meunier ne brûle pas les étapes pour rebondir. À 34 ans, le latéral donne la priorité à la Coupe du Monde belge.
Thomas Meunier respire. Après neuf saisons au LOSC, le latéral belge a fermé la porte du stade Pierre-Mauroy en juin, libre comme l'air, sans engagement. Pendant que le mercato s'agite, que les clubs jettent des millions sur la table, que les agents font tourner leurs carnets d'adresses, lui opte pour la sérénité. À 34 ans, à l'heure où tant de joueurs de son âge courent après les contrats comme des affamés, Meunier choisit la patience. Et ce choix a une explication : la Coupe du Monde au Qatar. La Belgique l'attend, et lui aussi attend la Belgique.
Voilà ce qui change la donne. Alors que d'autres défenseurs de sa génération signent dans l'urgence, acceptent des salaires rabotés ou des projets sans saveur, Meunier joue une partition différente. Il ne se précipite pas. Le calendrier lui donne raison. Entre juin et novembre 2022, il y a un espace de respiration que peu exploitent vraiment. Un été pour récupérer, s'entraîner en indépendant, garder la forme, puis partir en Coupe du Monde avec la sélection belge en pleine possession de ses moyens.
Près de 400 matches en Ligue 1, une expérience européenne dense, une Ligue des champions, une carrière marquée par la solidité et la constance—tel est le bilan de celui qui a défendu le flanc droit de Lille pendant une décennie. Meunier n'est pas un joker qu'on relègue au banc. C'est un joueur qui a traîné sa carcasse dans les champs de bataille du football français, belge et français à nouveau. Partir maintenant sans contrat signé, c'est aussi faire confiance à son palmarès et à sa réputation. Les clubs le connaissent. Il n'y a pas d'urgence à prouver sa valeur.
Un été suspendu entre Doha et l'inconnu
Le timing est étrange pour un joueur de cet âge. Généralement, à 34 ans passés, on ne traîne pas en tant que free agent. Soit on prolonge avant l'expiration du contrat, soit on signe rapidement après. Meunier, lui, demeure dans une sorte de vacuum contractuel jusqu'à la fin de l'automne. C'est stratégique. Le Qatar ne durera que quatre semaines. Après, une fois la Belgique éliminée ou couronnée, il y aura encore du temps pour négocier. Les clubs, à ce moment-là, auront un meilleur aperçu de leurs besoins réels. Certains auront des regrets suite aux prestations de leurs latéraux, d'autres chercheront du renfort en janvier.
Reste que cette liberté temporelle cache aussi une réalité moins romantique : trouver un point de chute à 34 ans n'est jamais une sinécure. Même pour un joueur respecté. Même pour un garçon qui a tenu la route en Ligue 1 pendant des années. Le marché n'aime pas attendre. Les clubs ont des budgets définis, des calendriers, des priorités établies bien avant le mois de juin. Quand Meunier deviendra disponible pour signer, beaucoup d'équipes auront déjà structuré leurs effectifs.
Mais Meunier a choisi. La Coupe du Monde prime sur la stabilité contractuelle. C'est un luxe qu'on ne s'offre que quand on en a les reins assez solides—quand on a la sécurité financière, l'expérience, et surtout la conviction que ce maillot bleu belge, c'est encore du sacré. À cet âge, avec cette carrière derrière lui, il peut se permettre d'être patient.
Pas de précipitation, une philosophie de champion
Depuis sa première grosse révélation à Courtrai, en passant par Anderlecht et ses virées en Ligue des champions avec Monaco, Meunier a appris une chose : la précipitation tue les grands projets. Ses meilleurs moments ont souvent suivi des périodes de stabilité, de consolidation. Au LOSC, il n'a jamais été le mec qui change tous les six mois. Il a construit quelque chose. Il a usé ses crampons sur le même terrain, avec les mêmes coéquipiers, la même philosophie.
Libéré de Lille, il traîne légalement d'une semaine à l'autre sans pression. Les appels téléphoniques viendront, bien sûr. Des clubs de Ligue 1, peut-être aussi de l'étranger, verront en lui un élément utile pour combler un vide défensif. Mais tant que la Coupe du Monde n'aura pas livré son verdict, tant que Meunier n'aura pas donné tout ce qu'il avait à donner en sélection, il gardera les yeux fixés sur Doha. Le reste attendra.
Ceux qui connaissent le personnage savent que Meunier n'est pas du genre flamboyant ou impatient. C'est un travailleur. Un gars qui rentre le ballon au lieu de faire la roue. Une mentalité qui explique qu'après neuf ans à Lille, il s'en aille sans drame. Il n'a jamais cherché à forcer son départ ni à créer de tensions. Son contrat a expiré, point. Maintenant, il respire un peu avant de repartir ailleurs.
Le football français perdra un de ses latéraux les plus fiables. L'équipe de Roberto Martínez, en revanche, aura le plaisir de compter sur un défenseur expérimenté et frais pour cette Coupe du Monde cruciale pour la Belgique. Après cela, Meunier écrira un nouveau chapitre. Pas précipité, pas forcé. Comme il a toujours fait.