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Football

Nantes lessivé par le PSG, Halilhodzic au bord du gouffre

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Écrasé 0-3 par le PSG, le FC Nantes s'enfonce dangereusement vers la Ligue 2. Halilhodzic n'a plus les mots.

Nantes lessivé par le PSG, Halilhodzic au bord du gouffre

Il y a des défaites qui ressemblent à des aveux. Le 0-3 concédé par le FC Nantes face au Paris Saint-Germain ce mercredi soir n'est pas seulement un mauvais résultat de plus sur une feuille de match : c'est la radiographie d'un club qui n'existe plus, qui se regarde tomber sans pouvoir tendre la main. Vahid Halilhodzic, le technicien bosnien qui avait accepté cette mission impossible au Pays de la Loire, avait le visage de ceux qui viennent de traverser quelque chose d'irréversible. Pas de colère. Juste cette sidération tranquille des hommes qui comprennent que les mots ne servent plus à grand-chose.

Comment une équipe censée se battre pour sa survie peut-elle à ce point ne pas se battre ?

La question mérite d'être posée frontalement. Nantes n'a pas perdu ce match : il l'a subi. Trois buts encaissés, zéro cadré, et surtout cette impression persistante d'une équipe qui ne croit plus en ce qu'elle fait. On a connu des équipes condamnées qui mouraient debout — le Valenciennes de 2014, le Toulouse de certaines nuits noires — mais là, c'est différent. Il y a une forme de résignation collective qui s'est installée à la Beaujoire bien avant le coup de sifflet final.

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Halilhodzic, pourtant, n'est pas un homme sans histoire. Celui qui a emmené l'Algérie en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2014, celui qui a failli qualifier le Maroc pour ce même Mondial 2022 avant d'être limogé à quelques mois de l'échéance, sait ce que c'est de travailler dans l'adversité. Mais diriger des sélections nationales avec du temps, des convocations et la distance, ce n'est pas la même chose que de replâtrer un club de Ligue 1 en chute libre, avec un vestiaire fracturé et un calendrier qui n'attend personne. À 72 ans, Halilhodzic se retrouve face à un défi que même sa biographie n'avait pas anticipé.

Le PSG, lui, a joué en dilettante. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : quand l'adversaire ne propose rien, les Parisiens se contentent de gérer. Trois buts d'écart, match plié à la pause, et les rotations habituelles. Une démonstration sans effort qui dit beaucoup sur l'état du football français à deux vitesses.

Mathématiquement encore sauvable, sportivement déjà perdu — où en est vraiment le club ?

Les mathématiques, en football, ont cette cruauté d'entretenir un espoir que le terrain a depuis longtemps éteint. Nantes reste techniquement en vie. Mais à combien de points du premier non-relégable, avec quel capital confiance, avec quelle dynamique ? Voilà les vraies questions. Un club qui prend une gifle pareille contre le PSG ne puise pas dans la défaite de quoi se reconstruire pour le week-end suivant. Le vestiaire, lui, encaisse. Et les vestiaires qui encaissent trop finissent par rendre les armes sans même s'en apercevoir.

L'histoire des relégations françaises est jonchée de clubs qui ont cru jusqu'au bout à leur propre survie. Girondins de Bordeaux, 2021 : malgré le chaos administratif, les joueurs juraient que non, pas eux. Nantes en 1992 s'en était sorti in extremis. Mais cette saison-là, les Canaris avaient des joueurs qui couraient. Qui voulaient. Ce mercredi, face au PSG, cette volonté était difficile à percevoir dans les courses, dans les duels, dans la simple manière de défendre.

Trois défaites lors des cinq derniers matchs, une attaque qui peine à peser, une défense qui concède avec une régularité inquiétante — les chiffres racontent une histoire linéaire, sans retournement. Nantes est peut-être encore à quelques points du maintien sur le papier, mais le football ne se joue pas sur le papier.

Peut-on encore croire en un sursaut, ou le scénario est-il écrit ?

Répondre trop vite à cette question serait intellectuellement malhonnête. Le sport a ses lois propres, et elles n'obéissent pas toujours à la logique des tableaux Excel. Maintou, Mostafa Mohamed, les cadres du vestiaire — quelqu'un, quelque part, doit encore avoir cette flamme qui permet de renverser des situations désespérées. Mais pour que la flamme prenne, il faut un vent favorable. Or Nantes semble jouer sans vent depuis trop longtemps.

Halilhodzic, dans ses conférences de presse, continue de parler. De chercher les bons mots. De faire le coach. C'est son métier, et il le fait avec la dignité de quelqu'un qui a traversé bien d'autres tempêtes. Mais il y a quelque chose de profondément triste dans la posture d'un homme de son parcours réduit à gérer l'agonie d'un club historique, sans les moyens ni le temps de faire autrement. La saison dernière encore, Nantes disputait des demi-finales de Coupe de France, animait la fin du championnat. La chute a été vertigineuse.

Ce qui se joue désormais dépasse le simple maintien sportif. La Ligue 2, pour le FC Nantes, c'est une question d'identité. De financement. De recrutement pour les années suivantes. Les clubs qui descendent pensent souvent remonter vite — certains le font, d'autres mettent une décennie à retrouver leur niveau. Lens a attendu. Bordeaux, lui, n'est toujours pas revenu. Nantes ne peut pas se permettre de devenir un symbole de plus de la fragilité du football provincial français.

Les prochaines journées diront si le sursaut est possible. Mais après une gifle pareille, après ce 0-3 qui ressemblait moins à un match qu'à une exécution, il faudra quelque chose que le football réserve rarement : un miracle de groupe. Ou alors, simplement, que d'autres équipes en bas de tableau tombent encore plus vite que Nantes. Ce n'est pas la plus glorieuse des stratégies de maintien. C'est pourtant, ce soir, peut-être la seule qui reste.

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