L'Algérie sort de la Coupe du Monde 2026 après sa défaite face à la Suisse. Les explications de l'adjoint du sélectionneur flirtent avec le surréalisme.
Vladimir Petkovic n'était pas sur le banc vendredi matin. Son adjoint a dû gérer la débâcle face à la Suisse. Et ses explications d'après-match ont surtout montré l'abîme dans lequel s'enfonce la sélection algérienne.
La Suisse a écrasé l'Algérie 2-0. Deux buts qui sonnent comme un couperet. Les hommes de Petkovic n'ont rien eu à montrer, rien eu à proposer. Une équipe fantôme face à des Helvètes qui auraient pu en marquer quatre ou cinq. Mais c'est la réaction de l'adjoint du sélectionneur qui restera gravée dans les mémoires. Pas pour les bonnes raisons.
Pourquoi les explications deviennent-elles délirantes quand le football tourne mal?
L'adjoint de Petkovic a livré une analyse tellement déconnectée de la réalité qu'on se demande s'il commentait la même rencontre. Ses propos ont viré au lunaire. Au lieu de reconnaître l'infériorité flagrante de son équipe, il a enfourché le cheval des circonstances atténuantes, des détails, des petits riens qui n'expliquent rien.
C'est l'une des grandes traditions du football : quand ça ne va pas, on invente des histoires. On regarde ailleurs. On accuse le gazon, le climat, l'arbitrage, la malchance cosmique. L'adjoint algérien a manifestement suivi ce manuel à la lettre. Sauf que face à la Suisse, il n'y avait rien à invoquer. Juste une domination suisse tranquille, régulière, sans appel.
Qu'est-ce qui distingue vraiment cette élimination des autres débâcles algériennes?
L'Algérie n'était pas revenue à une Coupe du Monde depuis 2014. Dix ans d'absence. Dans l'intervalle, la Suisse s'est construit une vraie solidité en tant que nation de football, tandis que l'Algérie a traversé des crises internes, des changements de direction constants, des projets inachevés.
Petkovic avait été nommé pour redresser la barre. Il y a eu quelques succès, quelques qualifications en éliminatoires. Mais face à du vrai football européen, structuré, discipliné, la machine algérienne s'est arrêtée net. 2-0. Sec. Sans ambiguïté possible.
Le vrai problème, c'est que l'Algérie n'a pas les joueurs pour rivaliser à ce niveau. Pas en 2026, en tout cas. Les individualités qui ont porté l'équipe dans le passé vieillissent. Les jeunes ne sont pas au rendez-vous. Et l'infrastructureMais plutôt que de dire cela, plutôt que de bâtir un projet sur des bases solides, on préfère blâmer le cosmos.
Faut-il déjà penser à la suite après cette sortie?
Pour Petkovic, la question se pose maintenant. Restera-t-il aux commandes? L'Algérie, humiliée à domicile face à la Suisse, ne peut pas continuer dans le mensonge. Les décisions doivent être prises rapidement.
La fédération algérienne se trouve à un carrefour. Soit elle accepte la médiocrité temporaire et lance un vrai projet de reconstruction. Soit elle continue à empiler les sélectionneurs jusqu'au prochain fiasco. Le discours de l'adjoint vendredi, avec ses non-explications teintées de déni, penche clairement vers la seconde option.
Ce qui inquiète, c'est que personne ne semble disposé à dire les vérités dures. On préfère les histoires. On préfère les alibis. Et pendant ce temps, la Suisse construit quelque chose de tangible, de vérifiable, de gagnant.
L'élimination algérienne n'est donc pas qu'un simple fait sportif. C'est le symptôme d'une institution qui refuse de se regarder en face. Et quand on n'accepte pas ses problèmes, on les multiplie par deux. Pour 2030, si rien ne change, ce sera pire.