Face à l'Algérie en éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, l'Argentine champion en titre devrait composer sans plusieurs cadres. Une situation qui interroge la profondeur de son projet continental.
L'Argentine n'a pas le luxe de la sérénité. Alors que les éliminatoires sud-américaines de la Coupe du Monde 2026 entrent dans une phase décisive, avec des enjeux de classement qui se resserrent mois après mois, voilà que les forfaits s'accumulent sur le bureau de Lionel Scaloni. Face à l'Algérie, mercredi en début de soirée, le sélectionneur argentin devra naviguer sans plusieurs éléments clés, transformant ce match apparemment accessible en véritable test de résilience.
Les absences qui affaiblissent le tenant du titre
Nicolás Tagliafico, Alejandro Garnacho et Gonzalo Montiel ne feront pas le déplacement en Afrique du Nord. Trois joueurs que l'on ne peut qualifier de simples figurants dans l'architecture défensive et offensive de cette sélection qui rayonne depuis l'arrivée de Scaloni. Tagliafico notamment, avec ses 34 ans et son expérience de latéral gauche international, incarnait une certaine stabilité dans un secteur où les alternatives peinent à convaincre. Garnacho, lui, représente cette jeunesse dynamique que le sélectionneur cultive depuis plusieurs saisons, capable de créer du danger sur les côtés. Montiel, enfin, offrait des solutions défensives variées.
Ces trois noms résument à eux seuls une fragilité rarement évoquée : malgré le titre mondial conquis à Doha en décembre 2022, l'Argentine construit son effectif sur un socle fragile, où les blessures ou les indisponibilités logistiques créent rapidement des vides. Le sélectionneur n'a jamais vraiment pu compter sur une profondeur suffisante pour affronter sereinement les passages tendus des éliminatoires. La statistique parle d'elle-même : l'Argentine n'a remporté que trois de ses cinq derniers matches, un bilan qui hante les pensées des dirigeants de l'AFA.
L'Algérie, l'adversaire qui dérange les calculs
Derrière ce scénario d'absences massives se dessine la géographie complexe des éliminatoires sud-américaines. L'Algérie, revenue aux affaires internationales après douze années d'absence du Mondial, incarne un danger bien réel. Non pas pour sa domination technique, mais pour sa trajectoire : une équipe qui revient, qui a faim, et qui jouera à domicile. Les Fennecs n'ont aucune pression à gérer, seulement l'envie viscérale de prouver que leur accession aux phases finales 2026 n'est pas un coup du hasard.
Cette asymétrie psychologique pèse lourd. L'Argentine, championne du monde, porte le poids des attentes. Scaloni le sait mieux que quiconque : chaque rencontre face à des adversaires de second plan se transforme en examen de conscience, où la domination fait office d'obligation morale. Perdre ou concéder un match nul serait perçu comme un désastre, alors que pour l'Algérie, un simple résultat serait célébré comme un acquis.
Quand la Coupe du Monde 2026 force à voir les vraies faiblesses
Au-delà des noms manquants, cette rencontre révèle quelque chose de plus fondamental : l'Argentine traverse une phase où son expérience passée ne garantit plus l'automatisme. Les générations Messi sont entrées dans une phase de transition, et les jeunes talents n'ont pas encore atteint la maturité du collectif qui triomphait à Doha. Entre les deux, c'est le vide que doit combler Scaloni.
Les 12 ans d'absence de l'Algérie du Mondial ne doivent pas induire en erreur. C'est une sélection qui a progressé, qui dispose de joueurs évoluant dans les grands championnats européens, et qui a su se maintenir au sommet du football africain par ses résultats. Karim Benzema avait un jour déclaré que jouer sans pression était un privilège. Les Algériens en disposent, mercredi. Pour l'Argentine, l'absence de trois cadres se mue en occasion de rappeler que même champions, on ne traverse pas les éliminatoires comme un long fleuve tranquille.
Scaloni aura l'occasion de montrer si ses plans B et C sont vraiment au point. C'est aussi cela, les grands tournois : identifier qui peut franchir les passages sans eau. En novembre 2026, à la Coupe du Monde, on ne joue pas sans ses stars en raison de forfaits. On l'a appris à nos dépens, en compétition. L'Argentine le reconfirmera mercredi, ou elle découvrira qu'elle n'était peut-être pas aussi blindée qu'elle le pensait.