Un 0-0 sans saveur et une expulsion précoce ont compliqué la route des Diables Rouges vers la première place. Mais Thibaut Courtois y croit toujours.
Thibaut Courtois a beau être gardien de but, il voit clair : la Belgique joue avec le feu dans cette Coupe du Monde 2026. Un match nul blanc face à l'Iran, dimanche, et l'expulsion stupide de Nathan à la demi-heure ont transformé ce qui devait être une démonstration en combat d'usure. Pourtant, assis devant les micros, l'expérimenté portier du Real Madrid refuse de craquer. "On est toujours en position de gagner le groupe", lance-t-il, les yeux fixés sur la suite.
Une Belgique étouffée par ses propres erreurs
La scène s'est jouée en quelques minutes fatales. Nathan, jeune défenseur prometteur, a commis l'irréparable : un geste qui a coûté cher, très cher. Dix contre onze pendant soixante minutes, c'est l'équation cauchemardesque pour toute équipe ambitieuse. L'Iran, loin d'être une armada offensive, a su exploiter cette faille avec une discipline qui a frustré les Diables Rouges de part en part.
Le football, c'est souvent affaire de détails. La Belgique en connaît le prix depuis des années. Cette génération dorée, celle de Kevin De Bruyne et Eden Hazard à leurs heures de gloire, a constamment buté sur ces murs invisibles. Dimanche, contre une équipe qui n'avait rien d'insurmontable, la même histoire s'est écrite : domination stérile, absence de clarté offensive, et surtout une autodestruction interne. Après quarante-cinq minutes en infériorité, les jambes s'alourdissent. La fatigue gagne. Et le 0-0 devienait inévitable.
Ce qui rend ce résultat particulièrement amer, c'est le contexte. Dans une phase de poules où chaque point compte, laisser filer une victoire contre un adversaire directement inférieur, c'est se crier dessus à domicile. La Belgique compte désormais combien de points au classement ? Les calculs mentaux deviennent compliqués quand on devrait être tranquille depuis longtemps.
Un groupe qui se resserre dangereusement
Courtois connaît les mathématiques du football mieux que quiconque. Pendant dix-huit ans de carrière de haut niveau, il a vu des centaines de matches bascules sur des détails. Le résultat d'Iran-Belgique (0-0) n'est qu'un point de suture temporaire sur une plaie qui s'agrandit.
Le groupe se resserre. Les équipes qu'on croyait faire la différence traînent les pieds. Pendant ce temps, les cadors mondiaux, eux, enchaînent les victoires. Six points en quatre matches pour les Diables, c'est le genre de fiche de paie qui interroge les staffs techniques tard le soir. Combien d'équipes avant eux ont parlé de premières places magiques avant de finir troisièmes ?
Pourtant, Courtois a raison sur un point : mathematiquement, tout reste possible. Deux victoires consécutives, et la dynamique peut basculer. Mais il ne dit pas qu'il faudrait compter sur les défaillances des autres. Or, les groupes de Coupe du Monde 2026, ce ne sont pas des jardins où fleurissent les erreurs gratuites.
Le calendrier qui reste à jouer va départager les mentaux des fantômes. La Belgique devra retrouver cette rage sourde qu'on ne lui connaît plus vraiment depuis 2018. Courtois l'a vécue, cette période où les Diables Rouges faisaient peur aux grands d'Europe. Aujourd'hui, il tente de maintenir la braise vivante.
Courtois porte le moral, il le doit
Un gardien qui parle après un 0-0 sans saveur, ce n'est pas anodin. C'est qu'il y a du doute dans le vestiaire. Et Courtois, en campagne présidentielle mentale, doit colmater les brèches. Les jeunes joueurs regardent vers lui. Les vétérans se demandent s'il ne faudrait pas chambouler le système. Les sélectionneurs gèrent la pression silencieuse qui monte avec chaque résultat décevant.
Ce que personne ne dit à voix haute, mais qu'on murmure dans les couloirs : l'expulsion de Nathan, c'est peut-être un symptôme. Un jeune qui perd ses nerfs, qui comprend qu'on n'a pas le droit de perdre, qui sent la pression collective. C'est le signe que la Belgique joue à la corde raide.
Courtois a vu pire. À Madrid, il a connu des remontées incroyables, des éliminations contre toute attente, des victoires arrachées sur le fil. Il sait que le football ne décide rien avant le coup de sifflet final. Mais il sait aussi qu'il y a un moment où les équipes basculent mentalement et ne reviennent jamais.
Les Diables Rouges ont encore du temps. Deux ou trois matches, c'est une éternité en Coupe du Monde. Mais ce 0-0 sera retenu. Pas comme une étape, mais comme un moment où la Belgique s'est auto-sabordée. Courtois le sait, même s'il refuse de l'avouer.