L'Allemagne s'effondre dès les seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 face au Paraguay. Une débâcle qui ravive les démons allemands aux tirs au but.
Mardi soir à Houston, l'Allemagne a touché le fond. Pas de victoire flamboyante, pas de résurrection miraculeuse, juste une élimination brutale aux tirs au but contre le Paraguay dès les seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026. C'est le scénario cauchemardesque que redoutait la fédération allemande, et il s'est matérialisé sous les yeux impuissants de Hansi Flick et de ses joueurs.
Une équipe allemande toujours aussi stérile
Quatre-vingt-dix minutes sans trembler les filets. Prolongation identique. C'est dire l'ampleur du malaise offensif qui paralyse cette génération de joueurs allemands. L'équipe censée revenir sur le devant de la scène internationale après l'humiliation qatari de 2022 s'est révélée incapable de faire la différence face à une sélection paraguayenne sans histoire.
Les statistiques racontent une histoire glaçante : 22 tentatives sans faire mouche, une possession de balle largement dominante (62% selon les compteurs officiels), mais aucune efficacité. C'est le symptôme chronique qui gangrène le football allemand depuis trois ans. Jamal Musiala et Florian Wirtz, les deux étoiles du projet de Flick, n'ont pas su peser. Serge Gnabry a buté sur une défense compacte. Même Kai Havertz, pourtant crucial dans le secteur offensif, n'a trouvé que du vide.
La frustration allemande a grandi proportionnellement à chaque occasion ratée. À la 65e minute, une franche opportunité n'a pas trouveur. Puis une autre. Et une autre encore. Le Paraguay, lui, défendait, compact, sans prise de risque. Une tactique élémentaire mais efficace qui a suffisamment gêné une machine allemande rouillée pour la forcer aux prolongations.
Ce qui frappe surtout, c'est l'absence de plan B. Flick a tenté plusieurs ajustements : relances offensives en fin de match, modifications tactiques. Rien n'y a fait. L'équipe allemande a souffert du même problème qui l'a frappée au Qatar : l'incapacité structurelle à dérouiller les verrous défensifs. Quatre ans après la catastrophe qatari, les Allemands reproduisent exactement les mêmes travers.
Les tirs au but, la plaie allemande qui s'aggrave
Et puis il y a eu la séance des pénaltys. L'exercice qui fait trembler l'Allemagne depuis des décennies. Depuis longtemps, la nation qui a remporté quatre Coupes du Monde se demande pourquoi elle échoue si régulièrement face au destin des onze mètres. Mercredi, la réponse a fusé, cinglante : le Paraguay a tenu bon, l'Allemagne a craqué.
Trois ratés allemands face à zéro pour les Sud-Américains. C'est brutal, c'est désincarné, c'est humiliant. Thomas Müller, l'un des capitaines, a trouvé la barre transversale. Un autre joueur a envoyé sa tentative au-dessus du but. Le troisième s'est fait arrêter par le gardien. Trois occasions d'enfoncer le clou, trois fois l'Allemagne s'est sabordée elle-même.
À en croire l'entourage de Flick, aucun travail spécifique n'avait été mené sur les pénaltys avant la compétition. Une décision qui semble aujourd'hui suicidaire. En 2006, en 2012, et maintenant en 2026, l'Allemagne paye cher son indécision et son imprécision à cet exercice. C'est devenu une maladie chronique. Les Allemands ont remporté quatre Coupes du Monde sur le terrain, mais ils n'ont jamais dominé la roulette russe des tirs au but.
Le Paraguay, surprenant jusqu'au bout, ne semblait pas impressionné. En 1996, cette même nation avait éliminé l'Allemagne en quarts de finale de la Copa América. L'histoire bégayait, mais cette fois avec une tournure encore plus cruelle pour les Européens.
- 22 tirs allemands, zéro but en 120 minutes de jeu
- 62% de possession pour une équipe incapable de marquer
- Trois ratés allemands aux pénaltys, aucun pour le Paraguay
- Quatre éliminations alemandes aux tirs au but depuis 2006
Hansi Flick devra rendre des comptes. Nommé pour redorer l'image allemande après le fiasco du Qatar, il a hérité d'une équipe jeune, talentueuse, mais profondément manquante de mentalité offensive. En six mois, il n'a pas réussi à insuffler à ses joueurs la ténacité nécessaire pour frapper quand l'occasion se présente. Le Paraguay a punitioned cette passivité avec la froideur du pragmatique.
Pour l'Allemagne, c'est maintenant un calcul brutal. Cette génération de Musiala, Wirtz et Havertz n'aura pas sa chance coupe du monde avant 2030. La refonte totale du projet s'impose. Mais avant cela, il faudra d'abord soigner la plaie du 26 février 2026, le jour où le rêve allemand s'est effondré sous la pluie de Houston face à une équipe qui n'avait rien de prédestiné à les écarter. C'est peut-être là que réside l'amertume la plus dure à avaler.