Après deux victoires écrasantes en qualification pour 2026, la Mannschaft sent la victoire finale. L'un de ses internationaux envisage même de reproduire le geste iconique de Cristiano Ronaldo.
Quand tu remportes 7-1 à domicile, tu commences à croire au miracle. L'Allemagne l'a senti dès le coup de sifflet final face à Curaçao, puis confirmé en s'imposant avec plus de difficulté contre la Côte d'Ivoire (2-1). Deux matchs, deux victoires, un groupe déjà verrouillé avant même d'être complètement disputé. Voilà comment les rêves de Coupe du Monde naissent dans les vestiaires.
Mais au-delà des chiffres, il y a cette sensation palpable que la Mannschaft a retrouvé quelque chose de perdu depuis 2014. Ce sentiment que oui, peut-être, le Qatar 2026 pourrait être différent. Et pour illustrer cette confiance nouvelle, l'un des cadres du groupe allemand a osé sortir une déclaration qui en dit long sur l'appétit collectif : en cas de sacre final, il veut imiter le geste de victoire de Cristiano Ronaldo, ce moment suspendu où le Portugais soulève le trophée au-dessus de sa tête comme s'il touchait le ciel.
Quand l'Allemagne joue soudain comme avant ?
Difficile de ne pas être frappé par la domination affichée contre Curaçao. Sept buts, zéro réplique. Ce n'est pas juste une victoire, c'est un statement. La Mannschaft envoie un message au monde : nous sommes revenus, et nous ne venons pas en touristes. Les défenses tremblent quand on évoque ce genre de performance à ce stade des éliminatoires. Les petites nations le savent : l'Allemagne, ce n'est jamais bon pour ton compteur de buts encaissés.
Contre la Côte d'Ivoire, le ton a changé, évidemment. Là, on a eu un vrai match, une équipe mieux armée qui a testé la solidité allemande et l'a trouvée bonne. Deux buts, aucun abandon. C'est le genre de victoire discrète mais précieuse en qualification, celle qui te met en route sans brutalité excessive. Et surtout, celle qui conforte Hansi Flick dans l'idée que son projet prend flesh. Les nouvelles têtes fonctionnent, les anciens repères reviennent, l'équilibre se construit.
Statistiquement, avoir déjà l'assurance de terminer en tête du groupe à ce stade est un luxe. Ça laisse des options pour le prochain match : tu peux tester des formules, ménager des éléments clés, donner du temps de jeu aux jeunes talents qui poussent derrière. C'est le confort du favori. Et l'Allemagne a depuis longtemps oublié ce confort.
Pourquoi ce joueur rêve du geste de Ronaldo ?
Il y a quelque chose de presque poétique dans cette envie de reproduire la célébration de Cristiano Ronaldo au moment de soulever la Coupe du Monde. Ce geste parfait, ce moment de gloire pure suspendu dans le temps, ces images qui deviennent légendaires. L'international allemand qui a exprimé cette ambition sait pertinemment ce qu'il dit : il ne s'agit plus seulement de gagner, mais de vivre ce instant mythique que seules deux poignées de joueurs ont connu.
Car c'est ça, le football moderne. Ce n'est plus uniquement affaire de résultats, c'est une quête d'immortalité. Tu veux devenir celui dont on parle dans cinquante ans. Et pour devenir ça, tu dois d'abord gagner le plus grand trophée qui existe. Le Qatar 2026 sera le moment ou jamais pour cette génération allemande de transformer cette confiance naissante en or massif.
Ce qui fascine, c'est le timing de cette déclaration. Faire ce genre d'annonce avant même d'être assuré de la victoire finale, c'est soit de la naïveté, soit de la conviction absolue. Avec l'Allemagne, on penche plutôt pour la seconde option. Les Allemands ne parlent que lorsqu'ils sont certains de tenir parole. Cette franchise affichée, c'est la marque d'une équipe qui sent le moment venir.
La Mannschaft peut-elle vraiment aller jusqu'au bout ?
Honnêtement ? Les pièces du puzzle commencent à s'assembler de manière convaincante. Flick a hérité d'une équipe en reconstruction après l'humiliation du Qatar et s'applique à la rebâtir sans martyriser l'héritage. Les joueurs émergents prennent confiance. Les vétérans trouvent de nouveau sens à leur engagement. Et quand tu encaisses zéro but sur deux matchs tout en plantant neuf buts, tu touches à quelque chose d'important.
Reste que le chemin jusqu'à Doha est encore long. L'Afrique du Sud, le Maroc, les équipes sud-américaines aux dents longues, la France bien vivante, les surprises toujours possibles... La route vers le Qatar sera semée d'embûches. Mais pour la première fois depuis l'élimination contre la Corée du Sud en 2018, l'Allemagne n'aborde pas une grande compétition en mode rattrapage.
Ces deux victoires n'annoncent rien de définitif, c'est vrai. Mais elles promettent quelque chose. Une Allemagne qui retrouve ses murs et redresse la tête. Et si ce joueur qui rêve du geste de Ronaldo finit par le vivre dans six mois, alors oui, le circuit complet aura été bouclé avec style. En football, il n'y a pas de certitudes. Juste des trajectoires qui s'accélèrent au bon moment. La Mannschaft en est peut-être à ce point exact du basculement.