L'ancien capitaine français, retiré depuis janvier 2023, serait disposé à revenir en équipe de France pour la Coupe du Monde. Un scénario que peu imaginaient possible.
Hugo Lloris fait trembler les plans de Didier Deschamps. Trois ans après avoir tiré un trait sur sa carrière internationale, l'ancien gardien de l'Olympique de Marseille et de Tottenham Hotspur envisage sérieusement un retour aux Bleus pour la Coupe du Monde 2026. Ce que personne n'attendait vraiment—lui le premier probablement—pourrait redistribuer les cartes à une année décisive pour la relève française.
Le scénario du comeback inimaginable
Quand Lloris a annoncé son retrait de la sélection en janvier 2023, le ton était définitif. À 36 ans, après quinze ans d'abnégation sous le maillot bleu, il fermait une porte qu'on pensait verrouillée pour de bon. Il avait porté le brassard pendant huit ans, soulevé la Coupe du Monde en 2018 en Russie, encaissé des buts contre les meilleures équipes du monde. Son palmarès suffirait à justifier n'importe quel départ.
Sauf que le foot ne fonctionne jamais comme prévu. Selon nos informations, Lloris n'exclut plus un retour si les circonstances le permettent. Pas demain, pas pour les éliminatoires européennes qui s'accélèrent. Mais pour l'événement reine de 2026, au Mexique, aux États-Unis et au Canada. À 39 ans, il aurait simplement envie de disputer une dernière grande compétition.
L'entourage du gardien reste prudent sur cette possibilité, mais elle circule sérieusement dans les coulisses de la Fédération française. Deschamps lui-même n'a jamais fermé complètement cette porte, même s'il travaille sur la construction d'une équipe rajeunie depuis 2023. Mike Maignan et Alphonse Areola contrôlent actuellement la hiérarchie, mais la perspective d'avoir Lloris disponible pour une ultime danse changerait la dynamique mentale du groupe.
Trois années loin de la sélection, une forme à redécouvrir
Le défi n'est pas mince. Lloris a disputé son dernier match avec les Bleus en novembre 2022 contre l'Australie à la Coupe du Monde au Qatar. Depuis, il a continué à jouer en club—notamment à Al-Fursan en Arabie Saoudite où il a signé après Tottenham—mais l'absence prolongée de la sélection représente une montagne à gravir.
À 39 ans en 2026, il serait le gardien le plus âgé d'une Coupe du Monde depuis Faryd Mondragón (41 ans) avec la Colombie en 2014. Pas un précédent encourageant pour un poste où la reflexe et la mobilité dominent. Encore faut-il qu'à ce moment-là, Lloris soit toujours en condition de haut niveau. Les blessures, l'usure physique, la rupture du rythme international : autant de variables qui pourraient contrecarrer ce projet.
Deschamps a montré par le passé qu'il n'était jamais definitif dans ses choix. Il avait rappelé Karim Benzema en 2021 après trois années d'absence, transformant les données de l'Euro 2020. Le précédent existe, même si les contextes diffèrent. Lloris, lui, cherche davantage un défi personnel qu'une rédemption collective. Cette nuance compte.
Maignan à la croisée des chemins
Le vrai problème, c'est Mike Maignan. Le gardien de l'AC Milan n'a que 29 ans et représente incontestablement l'avenir. Depuis trois ans, il a cimenté sa position de numéro un, accumulant 18 sélections et gagnant les confiances de Deschamps match après match. Un retour de Lloris pour 2026 serait un message politique fort envoyé au portier milanais, un doute sur sa légitimité.
Ce scénario diviserait probablement le vestiaire. Les anciens veraient dans ce come-back l'affirmation de l'expérience. Les plus jeunes pourraient y lire une remise en question de leur hiérarchie établie depuis maintenant trois ans. L'équipe de France a justement appris à gérer les générarations successives après l'Euro 2020. Y revenir brutalement pour Lloris, même un Lloris légendaire, ferait basculer les équilibres.
Areola, dans son rôle de doublure, sentait déjà le vent tourner. Accepter un retour de Lloris supposerait que Maignan absorbe ce message sans ciller. Pas sûr que ce soit le meilleur climat pour préparer une Coupe du Monde.
Le sélectionneur français doit trancher avant 2025. Soit il scelle définitivement la relève avec Maignan et construit un projet tour autour. Soit il garde cette option Lloris en poche, conscient que les grands tournois apaisent parfois les doutes et que l'expérience vaut de l'or quand les dés roulent.
Historiquement, Deschamps a toujours privilégié la continuité. Il a gardé Lloris jusqu'à 36 ans, ce qui prouve qu'il accepte les gardiens aguerris. Mais il sait aussi que 2026 sera décisif pour valider ou invalider son projet post-2022. Réintégrer Lloris serait un pari audacieux, peut-être même trop tardif pour engendrer une vraie dynamique de groupe.
Les prochains mois diront si c'est sérieux ou juste de la fumée médiatique. Lloris lui-même ne s'est pas prononcé publiquement. Son entourage avance l'hypothèse avec prudence. C'est peut-être la seule certitude : à Paris, à Clairefontaine, chez les Bleus, on en parle. Et quand on en parle, c'est déjà que quelque chose bouge. Le foot français aime les histoires qui n'auraient pas dû finir. Celle de Lloris en serait une belle.