À quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, Didier Deschamps trace déjà les contours de ses ambitions finales. Le sélectionneur français dessine le profil de ses prétendants au sacre.
Didier Deschamps ne cache rien. Alors que le monde du football retient son souffle avant le premier coup de sifflet de la Coupe du Monde 2026, le sélectionneur français a livré ses analyses sur les vrais candidats au trophée. Quatorze années à la tête de l'Équipe de France, c'est l'occasion rêvée pour celui qui a déjà soulevé le globe en 2018 de poser un dernier regard stratégique sur la hiérarchie mondiale.
Les favoris que désigne Deschamps ne surprennent qu'à moitié. L'homme aux cheveux gris a bâti son empire bleu sur la lucidité tactique et l'analyse froide. Pas de sentimentalisme, pas de rêves creux. Juste une lecture du jeu, des effectifs disponibles, de la cohésion des groupes. C'est précisément ce qui a fait sa force pendant ses années fastes.
L'Argentine en épouvantail, mais peut-être pas pour longtemps
Les Argentins restent les champions en titre, et c'est un fait qui pèse lourd dans la balance du calcul deschampien. Avec Lionel Messi définitivement retiré et Ángel di María suivant la même route, la Seleción se reconstruit autour de Lautaro Martínez et d'une génération nouvelle. Deschamps connaît ce virage : il l'a lui-même traversé en 2014 après son sacre de 2012. La question qui tourmente les analystes français n'est pas de savoir si l'Argentine restera forte, mais plutôt combien de temps cette transition prendra.
Selon les indiscrétions de l'entourage du sélectionneur, le bloc tactique argentin sous Carlos Scaloni fascine plus qu'il n'effraye maintenant. L'équipe présente des failles en défense centrale, et les latéraux argentins vieillissent. Agüero, Martín Demichelis, tout ce qui a fonctionné s'étiole. Scaloni tente de rajeunir, mais avec quel succès ? 2026 sera un tournant pour Buenos Aires.
England, Espagne, Allemagne : le vrai combat pour le podium
Deschamps place plutôt ses jetons sur l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne. Trois nations qui possèdent à la fois les ressources individuelles et la profondeur de banc pour tenir un mois complet. Gareth Southgate a construit quelque chose de solide chez les Anglais. Jude Bellingham, Phil Foden, Declan Rice. La jeunesse est d'or. Luis de la Fuente en Espagne a redonné de la verticalité aux héritiers de Xavi et Busquets. Et l'Allemagne ? Julian Nagelsmann prend une équipe en reconstruction et la force à repenser son style.
Ce qui intrigue le sélectionneur français, c'est la France elle-même. Avec Kylian Mbappé entré dans sa maturité et Eduardo Camavinga dominant les midfields européens, les Bleus gardent des armes redoutables. Aurélio Buta, Aurélien Tchouaméni, William Saliba : une génération dorée peut-elle rester au niveau pendant deux années supplémentaires ?
À 58 ans, Deschamps sait qu'il joue son dernier acte. Quatre-vingt-quatre sélections internationales dirigées en tant que joueur, 126 matchs en tant qu'entraîneur de la France. Ce qui attend le sélectionneur à l'été 2026, c'est soit la consécration d'une seconde couronne, soit une sortie sans les honneurs. Les favoris qu'il cite publiquement, il les affronte mentalement depuis des mois.
- Quatre titres majeurs remportés par Deschamps avec la France (Euro 2000, Coupe du Monde 2018, Ligue des Nations 2020-2021, Euro 2020)
- 28 pays seront présents pour la première Coupe du Monde à 48 équipes de l'histoire
- 11 matchs de poule à disputer pour chaque nation, contre six auparavant
- Treize mois restants avant le coup d'envoi de cette compétition
Restent quarante-deux jours avant le début de cette épopée. Deschamps aura le temps d'affiner ses tactiques, de tester ses combinaisons, de jauger la résilience de ses hommes face aux pressions médiatiques hexagonales. Son analyse des favoris ? Elle ne changera probablement pas. Mais la réalité du terrain aura toujours le dernier mot.