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Cherki en sursis, la confiance s'effiloche chez les Bleus

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Titularisé contre l'Irak, Rayan Cherki n'a pas convaincu. Le milieu offensif lyonnais perd du crédit auprès de Didier Deschamps à quelques semaines d'enjeux majeurs.

Cherki en sursis, la confiance s'effiloche chez les Bleus

Rayan Cherki aurait pu saisir sa chance. Au lieu de cela, il l'a laissée tomber. Titularisé mercredi contre l'Irak après une première apparition mineure contre le Sénégal, le milieu offensif lyonnais a livré une prestation sans relief, bien loin de justifier les espoirs que certains nourrissaient pour lui en sélection. Pas de débordement décisif, pas de percussion, pas de ce petit plus qui distingue un joueur de classe mondiale. Juste une présence effacée, un match oublié presque avant son terme.

À l'Équipe de France, on ne se laisse pas distraire longtemps par les promesses non tenues. Didier Deschamps observe, enregistre, note. Et Cherki, dont on parlait il y a peu comme l'une des pièces maîtresses du projet français en attaque, vient de perdre des points sur le tableau d'affichage du sélectionneur. C'est brutal, mais c'est ainsi que fonctionne la logique de la sélection nationale.

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Quand la titularisation devient un test qui vire au cauchemar

Il y a quelques mois encore, Rayan Cherki incarnait les espoirs français. Passé par la Masia de Barcelone avant de revenir en Ligue 1, le joueur de l'Olympique Lyonnais dispose de tous les attributs du footballeur moderne : une technique raffinée, une capacité à créer du jeu, une dextérité qui faisait défaut à d'autres milieux de terrain français. À 21 ans, il avait de quoi justifier sa présence à la table des grands.

Sauf que le décalage entre le potentiel et la réalité s'est creusé en quelques semaines. Contre le Sénégal, il ne fallait pas trop lui en vouloir : quelques minutes en fin de rencontre, un contexte peu favorable pour montrer son étendue. Mais mercredi, face à l'Irak, voilà l'occasion qui se présente. Plus de temps, une vraie responsabilité, un rôle majeur dans le dispositif français. Un vrai examen.

Cherki a échoué. Pas dramatiquement, pas en commettant d'erreurs évidentes, mais en étant simplement absent de la rencontre. Aucun débat d'envergure, pas de dribble percutant, pas ce rayonnement qu'on attend d'un joueur censé peser dans les grands matchs. Autour de lui, d'autres se sont montrés bien plus influents. Et Deschamps ne note pas cela par hasard.

Une fenêtre qu'il ne voulait pas ouvrir, mais qui s'est refermée vite

Le contexte explique en partie cette débâcle diplomatique. La sélection française traverse une période de remaniement constant, avec des questions sur la hiérarchie en attaque qui ne sont pas réglées. Les cadres habituels sont revenus, les jeunes loups attendent leur tour, et les matchs de qualification ou d'amical servent à trier, à identifier qui peut vraiment faire la différence quand l'enjeu grimpe.

Cherki y croyait. Son entourage aussi. On lui parlait de minutes accumulées, de continuité, de la possibilité de s'imposer comme une option incontournable dans les tuyaux de Deschamps. Deux apparitions en sélection, c'est peu pour évaluer un joueur, d'accord. Mais c'est amplement suffisant pour que le sélectionneur se forge une opinion.

Or, après la prestation contre l'Irak, cette opinion semble s'être cristallisée dans le mauvais sens. Les observateurs du staff français n'ont pas vu le joueur de classe mondiale qu'on promettait. Ils ont vu un milieu de terrain correct, sans plus, incapable d'élever son jeu quand on lui demande d'être décisif. À cet étage-là du football, c'est une condamnation.

Statistiquement, Cherki sortira de ce match avec des chiffres convenables : passes, ballons touchés, peu de pertes. Mais le football ne se résume pas aux données brutes. Il y a le ressenti, l'impact, la capacité à peser sur une rencontre. Et là, c'est sec.

Les futures échéances du bleu, Cherki à titre probatoire

Voici le moment où la route devient étroite pour l'ancien joueur de la Masia. L'Équipe de France n'attend pas longtemps avant de trancher. Les mois à venir seront décisifs : d'ici les matchs qualificatifs importants ou les grandes compétitions, il faudra qu'il redémontre qu'il mérite le costume de talent prometteur plutôt que celui de déception française.

À Lyon, Cherki doit aussi convaincre sur le terrain domestique. La Ligue 1 observe les jeunes talents du championnat français comme des produits à exporter. Un joueur qui n'assure pas au niveau national ne peut pas prétendre à un rôle majeur en sélection. C'est une règle tacite que tout le monde comprend.

Deschamps dispose de nombreuses autres solutions en attaque et au milieu offensif. Les cadres reviennent, les expériences s'accumulent, et chaque joueur doit justifier sa place par des performances. Cherki en a eu deux occasions, et il en a gaspillé une. C'est en sélection qu'on tire les conclusions les plus rapides, surtout quand on est jeune et qu'on n'a pas encore de crédibilité accumulée.

Le travail, c'est à Lyon que Cherki doit le faire désormais. Prouver qu'il est celui qu'on attendait, celui dont on parlait avec des étoiles dans les yeux. Parce qu'en bleu, sa marge d'erreur vient de se réduire considérablement. Deschamps en a vu trop pour lui accorder encore plusieurs matchs d'adaptation. Le train avait du retard ; là, il roule vers d'autres gares.

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