Jérémy Doku retrouvera les Diables Rouges face à la Nouvelle-Zélande après son absence pour accueillir son fils Praise. Un retour symbolique en Coupe du monde.
Quitter le rassemblement de la sélection belge pour assister à la naissance de son fils, c'est le choix que Jérémy Doku a fait il y a quelques jours. Un geste qui a alimenté les débats dans les bureaux des fédérations et sur les réseaux sociaux, car accoucher n'attend pas les calendriers internationaux. Aujourd'hui, l'ailier de Manchester City va revenir enfiler le maillot des Diables Rouges face à la Nouvelle-Zélande, et cette histoire résume à elle seule les tensions modernes du football de haut niveau.
L'absence qui fait du bruit
À 24 ans, Jérémy Doku traverse une période charnière de sa carrière. Depuis son arrivée à Manchester City en 2022, l'international belge s'est construit une vraie stature de joueur d'élite. Cette saison, il accumule les apparitions décisives, ces moments où il fait basculer un match par son dribble ou sa percussion. Mais voilà, quand Praise est venu au monde, rien n'a compté. Pas même la Coupe du monde, cette compétition rêvée par tous les gamins qui tapent dans un ballon.
Le sujet a divisé. D'un côté, les puristes du football qui invoqueront toujours l'intérêt collectif, l'engagement envers les couleurs nationales, la responsabilité d'un sélectionné. De l'autre, ceux qui trouvent naturel qu'un homme soit présent lors de l'arrivée de son enfant, même si cet homme joue au football. Doku n'a pas attendu le débat pour trancher. Il a choisi la vie. Et maintenant, il revient au foot.
Un retour qui sent bon la normalité
Ce qui frappe dans cette affaire, c'est précisément son absence de drame. Pas de rupture définitive. Pas de feuilleton à rebondissements. Jérémy Doku a pris quelques jours, a vécu son moment personnel, et il se prépare à revenir comme si de rien n'était. La Belgique, contrairement à d'autres fédérations qui auraient pu faire une montagne de cette situation, a accepté la réalité avec une certaine sagesse. Domenico Tedesco, l'entraîneur des Diables, a validé cette absence. Point final.
C'est justement cette normalité qui devrait inspirer. Trop souvent, le football professionnel tente de faire croire que les joueurs sont des machines. Qu'une naissance, une maladie familiale, un moment personnel, c'est du temps volé à la cause collective. Doku a rappelé à tout le monde qu'avant d'être un ailier capricieux qui déboule par la gauche avec ses accélérations dingues, il est un homme qui devient père. Et que c'est compatible.
Sur le terrain, le business ne s'arrête pas
Reste que Manchester City doit être ravi de cette histoire. Doku sera frais, mentalement apaisé, sûrement avec les idées claires. La présence de Praise à la maternité, c'est le genre de chose qui remet les choses en perspective. Il ne faut jamais sous-estimer l'impact psychologique de ces moments-là sur la performance sportive. On pourrait même imaginer que ce retour aux sources — celui d'être père — le rend plus léger, plus joyeux sur le terrain.
La Belgique affrontera une Nouvelle-Zélande qui, elle, n'a pas cette dimension épique habituelle de la Coupe du monde. Le match aura son importance bien sûr, mais il s'agit surtout d'une étape parmi d'autres. Avec Doku, les Diables retrouvent une arme offensive capable de déstabiliser n'importe quel arrière-garde. Ses dribbles, ses centres rasants, cette façon qu'il a de créer de l'espace là où il n'y en a pas — c'est du luxe en phase de poules.
On aurait pu imaginer une épée de Damoclès suspendue au-dessus de cette histoire. Une tension avec le club anglais, une punition fédérale, des tensions d'ego. Mais non. Le football a laissé une place à l'humain. Jérémy Doku va enfiler son maillot belge en sachant que son fils est né, qu'il a pu être là, et que la compétition n'a pas effacé le réel. Quelque part, c'est une petite victoire pour le bon sens dans un univers souvent malade d'excès.
Demain, on parlera du match, des occasions manquées ou saisies, de la tactique de Tedesco. Mais pour un jour encore, on peut se féliciter que le football se soit montré assez intelligent pour accepter que Praise soit plus important que la Coupe du monde.